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Charest dégage !
N° 311 - juillet 2012
La pétrolite s’avère un puissant euphorisant pour les éditorialistes
Vous avez bien dit l’essence de la vie ?
Léo-Paul Lauzon
Rappelons au lecteur que La Presse est une filiale de la firme canadienne Power Corp., propriété de Paul Desmarais, qui a de gros intérêts dans la santé et les pensions privées et qui détient de gros investissements en France, entre autres, dans la multinationale de l’énergie Gaz-de-France-Suez, un important actionnaire de Gaz Métro et dans la transnationale pétrolière Total, dont Power est le plus important actionnaire individuel. Total a, à ce jour, investi environ dix milliards $ dans les sables bitumineux de l’Alberta et est présente dans des pays comme la Birmanie et l’Iran.

Le 24 décembre 2009, le seul et unique André Pratte, rédacteur en chef à La Presse, accouchait d’un éditorial intitulé « La Presse et le pétrole » dans lequel il s’en prenait, encore une fois, furieusement au Journal de Montréal qui avait osé remettre en cause l’objectivité et l’indépendance de l’équipe de La Presse dans le traitement journalistique de tout ce qui touche l’essence en raison du placement majeur que Power détient dans Total.

Sainte-Bine que le monsieur s’est emporté. Oh, oh, monsieur Pratte, calmez-vous le pompon, car il y a aussi l’ambassadeur des Etats-Unis au Canada, David Jacobson qui, en décembre 2009, s’interrogeait, dans un câble rendu public par Wikileaks, afin de savoir : « Jusqu’où va l’influence de Power dans les politiques énergétiques canadiennes ? ».

L’ambassadeur américain affirmait que Power avait effectivement beaucoup d’influence sur les politiciens Jean Charest et Stephen Harper et sur la formulation des politiques énergétiques au Canada. Monsieur Pratte, auriez-vous l’obligeance, afin d’éclairer vos lanternes, de lire l’excellent texte paru à cet effet en première page du Devoir du mercredi 11 mai 2011 sous la plume de Louis-Gilles Francœur.

Tout de même bizarre, monsieur Pratte, mais ni vous et ni aucun de vos vénérables éditorialistes et chroniqueurs à La Presse n’avez pondu un texte virulent accusant cette fois l’ambassadeur américain au Canada, David Jacobson ou le journaliste en environnement Louis-Gilles Francœur du Devoir de salir gratuitement « l’enviable » réputation de La Presse, de ses éditorialistes et de l’accueillante Power, dont le propriétaire Paul Desmarais reçoit régulièrement dans son château des politiciens, des artistes et des dirigeants de nos sociétés d’État uniquement dans le but de faire du « social » que vous avez clamé. Peut-être étiez-vous à ce moment en vacances au château, mais plus spécifiquement dans les maisonnettes adjacentes réservées aux domestiques ?

En tout temps et en tout lieu, La Presse défend, inconditionnellement les pétrolières et justifie et encourage les hausses du prix de l’essence. Leurs arguments sont tellement insignifiants que ça fait pitié. Les justifications sont non seulement insultantes mais relèvent carrément du mépris. Il y a toute de même une limite à rire du monde. Et ce sont ces mêmes chroniqueurs et éditorialistes à La Presse qui nous entretiennent de l’éthique et du professionnalisme journalistiques et qui font la morale à Quebecor. Et comme si ce n’était pas assez, Pratte se fait un devoir de publier dans ses pages tous les textes d’économistes de service qui défendent courageusement le comportement des pétrolières qui ne font, selon eux, qu’obéir et se soumettre impuissants aux lois naturelles du ­marché.

Mes amis, si vous voulez rire un bon coup, tellement que c’est niaiseux, je vous prie de lire les éditoriaux rédigés ces dernières années par des éditorialistes à La Presse comme et principalement André Pratte mais aussi Mario Roy, Michel Boisvert et même Patrick Lagacé. Par exemple, le 4 novembre 2006, André Pratte a intitulé son éditorial : « L’essence de la vie » et le 10 juin 2008 Patrick Lagacé a titré sa chronique : « Le pétrole et la vie ». Les grands esprits se rencontrent toujours.

Patrick, Jojo Savard te prédit une promotion bien méritée pour très bientôt. Pourquoi payer des prix de fou pour aller entendre des humoristes en spectacle ?

Je ne veux pas jouer au gars important, mais il n’y a pas que Pierre-Karl Péladeau de Quebecor qui s’est fait « blaster » par La Presse. Eh ben oui, moi aussi je me suis fait écorcher par l’autodidacte Claude Picher, comme il aimait lui-même se qualifier, pour avoir injustement critiqué les pétrolières. Il a intitulé sa chronique du 25 août 2005 : « Lauzon et les pétrolières ».

J’ai jamais fait lire la chronique de Claude à ma mère. À la lecture de sa chronique, vous constaterez que l’autodidacte Claude Picher a commis l’erreur d’essayer d’apprendre par ses propres « moyens », somme toute très limités. Il aurait dû s’inscrire à temps partiel au cours d’économie 101 de n’importe lequel cegep au Québec. Trop tard, l’autodidacte vient d’annoncer sa retraite à La Presse.

La gang de porte-queue à La Presse se réjouit des hausses continuelles du prix de l’essence qui enrichissent les pétrolières et Power, mais ils deviennent hystériques si les cols bleus, les enseignants, les infirmières et les éducateurs dans les garderies demandent des hausses de salaires supérieurs à l’inflation. Ils deviennent fous furieux contre ceux qui veulent augmenter les impôts des riches et des compagnies ou couper dans leurs abris fiscaux et dans leurs paradis fiscaux. À quand un éditorial à La Presse qui s’intitulerait : « Le bon côté des hausses d’impôts afin d’investir dans les services publics » ou « 10 bonnes raisons de se réjouir de l’augmentation des pensions de vieillesse, du salaire minimum ou du bien-être social ». Les poules vont avoir des dents avant que vous lisiez de tels éditoriaux dans La Presse, qui plaide tout le temps, au contraire, pour la privatisation des services sociaux comme la santé, l’eau et les pensions « because » c’est immensément payant pour Power. Pour avoir une démocratie, digne de ce nom, il est temps d’interdire à une transnationale comme Power, qui a d’immenses intérêts dans les ressources naturelles et dans les services publics, d’être propriétaire de médias d’information écrits et parlés. Me semble que c’est l’évidence même.

Dernière heure – Michel Girard qui vient d’accoucher d’une chronique dans La Presse du 12 mars 2012 intitulée : « Profiter de la hausse de l’essence »…. Pas les automobilistes mais les détenteurs de capitaux qui devraient acheter des actions de la pétrolière Total. Bravo Michel, avec de telles sorties journalistiques, tu nous fais presque regretter la retraite de l’autodidacte Claude Picher, qui se prétendait économiste même s’il ne l’était pas du tout, comme la chroniqueuse du Journal de Montréal, la superbe Nathalie Elgrably-Levy.

Il y a aussi la journaliste Hélène Baril, la championne incontestée toute catégories des « blogues » et des « info-publicités » à La Presse qui, égale à elle-même, a largué une chronique qui exige beaucoup d’ignorance, qu’elle a intitulé, concernant les hausses répétées et substantielles du prix de l’essence : « Tout le monde y passe » (6 mars 2012). Madame, tout le monde y passe dans le sens où tous subissent le « taxage » des pétrolières pendant que certains « encaissent ». Devinez qui encaisse, madame Baril ? Vous avez droit à votre calculatrice et à vos notes de cours pour répondre à la question. Et La Presse qui fait la leçon à tout le monde, entre autres aux étudiants, sur les notions de responsabilité et de transparence alors que rien n’est publié dans son journal à propos de l’importante fuite de gaz sur la plateforme Total survenue au mois de mars 2012 en mer du Nord. Allez savoir pourquoi, alors que le Devoir et le Journal de Montréal ont couvert cette importante nouvelle comme il se doit ? La réponse ? Power Corporation.

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