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Charest dégage !
N° 311 - juillet 2012
Ira-t-on jusqu’à tuer des civils syriens innocents pour justifier une guerre ?
Houla fait-il partie d’une opération secrète ?
MIchel Chossudovsky
En 1962, le Pentagone élaborait une nouvelle doctrine d’intervention, baptisée Opération Northwoods. Dans cette doctrine militaire, un rôle central était assigné à des « évènements produisant un nombre important de victimes » et dans lesquels des civils innocents étaient tués. Des meurtres perpétrés de manière délibérée faisaient partie intégrante d’opérations secrètes. L’objectif était de justifier une intervention militaire sur la base de motifs humanitaires.

Dans ce plan du Pentagone, des civils cubains de la communauté de Miami en Floride devaient être tués lors d’une opération secrète. Le but était de déclencher une « vague d’indignation utile dans la presse américaine ». Les assassinats auraient été mis sur le compte du gouvernement cubain de Fidel Castro.

L’objectif de ce sinistre plan, que le ministre de la défense Robert McNamara et le président J.F. Kennedy refusèrent de mettre en œuvre, était de gagner le soutien de l’opinion publique afin de déclencher une guerre contre Cuba.

« Au début des années 1960, les chefs militaires des États-Unis dressèrent des plans pour tuer des personnes innocentes et commettre des actes terroristes dans des villes états-uniennes, afin de créer un soutien populaire pour une guerre contre Cuba.

Sous le nom de code d’Opération Northwoods, les plans incluaient les assassinats d’émigrés cubains, le coulage de bateaux de réfugiés cubains en haute mer, le détournement d’avions, l’explosion d’un navire américain et même l’orchestration d’attentats terroristes dans des villes américaines.

Ces plans furent développés afin de tromper le public américain et la communauté internationale afin qu’ils apportent leur soutien à une guerre qui mettrait fin au pouvoir du nouveau leader de Cuba, le communiste Fidel Castro.

Les hauts gradés de l’armée américaine avaient même envisagé de causer des pertes dans les rangs de l’armée américaine. Nous pourrions faire exploser un navire de guerre dans la baie de Guantanamo et blâmer Cuba ; la liste des victimes publiée dans les journaux américains causerait immanquablement une vague d’indignation très utile, écrivaient-ils. »

Les documents de l’Opération Northwoods de 1962 montrent « que le chef d’état-major fît et approuva des plans qui sans aucun doute furent les plus abjects jamais créés par le gouvernement des États-Unis », écrit Bamford dans U.S. Military Wanted to Provoke War With Cuba (ABC News). Ce document secret du Pentagone a été déclassifié et peut être consulté. (Voir Opération Northwoods dans National Security Archive, 30 April 2001)

Il avait pour titre: « Justification pour une intervention militaire à Cuba ». Le mémorandum secret décrit les plans des Etats-Unis pour créer des justifications à une invasion de Cuba.

Ces propositions faisaient partie d’un programme secret anti-Castro appelé Opération Mangouste. Elles incluaient les assassinats de Cubains vivant aux Etats-Unis, permettant de développer ainsi une fausse « campagne de terreur communiste cubaine dans la région de Miami, dans d’autres villes de Floride et à Washington », y inclus la possibilité « de couler des bateaux de réfugiés cubains (réellement ou de manière simulée) », imiter une attaque des forces aériennes cubaines contre un avion de ligne civil et concocter un incident s’inspirant du « Souvenez-vous du Maine » en faisant sauter un vaisseau américain dans les eaux territoriales cubaines pour ensuite en attribuer la responsabilité à un acte de sabotage cubain.

Alors que la réalisation pratique de l’Opération Northwoods fut mise au placard, sa base fondamentale d’utiliser les décès de civils comme prétexte à une intervention (sur des bases humanitaires), a été appliquée à plusieurs reprises.

Se pose alors la question fondamentale suivante : L’assassinat en mai 2012 des civils du village de Houla faisait-il partie intégrante d’une opération secrète, ayant pour objectif de provoquer un soutien populaire à une guerre contre la Syrie ?

Le gouvernement syrien d’Al-Assad est tenu responsable de ces événements et la publication de la liste des victimes dans les journaux américains « provoque une vague d’indignation utile ».

Au même moment, plusieurs pays occidentaux, dont le Canada et l’Australie, coupent leurs relations diplomatiques avec la Syrie.

Le massacre de Houla fait-il partie intégrante d’une sinistre opération secrète modelée sur l’opération Northwoods ?

Il n’y a absolument aucune preuve que le gouvernement syrien soit derrière ces meurtres. Il y a des indices ainsi que des preuves documentées que, depuis le début de l’insurrection en mars 2011, des terroristes soutenus par des puissances étrangères ont été impliqués dans les assassinats de civils innocents.

En août 2011, des sources provenant du renseignement israélien confirment un processus organisé de recrutement de combattants terroristes par l’OTAN.

« Le quartier général de l’OTAN à Bruxelles et le haut commandement turc sont en train de concevoir des plans pour leurs premiers engagements militaires en Syrie, soit de fournir aux rebelles des armes capables de neutraliser des blindés et abattre des hélicoptères.

Nos sources nous rapportent également qu’on discute à Bruxelles et Ankara de la mise sur pied d’une campagne de recrutement de milliers de volontaires musulmans des pays du Moyen-Orient et du monde musulman pour aller se battre aux côtés des rebelles syriens. L’armée turque hébergerait ces volontaires, les entraînerait et assurerait leur passage en Syrie ». (DEBKAfile, NATO to give rebels anti-tank weapons, August 14, 2011)

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