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Je veux qu’on m’enseigne pas qu’on me saigne
N° 308 - avril 2012
La non-indexation appauvrit les 155 000 pensionnés de l’État
Le pouvoir gris s’organise, se mobilise et se structure
Pierre Dubuc
Depuis quelques années déjà, le pouvoir gris s’organise et se mobilise au Québec. Parmi les organisations qui les représentent, se démarque l’Association des retraitées et retraités de l’éducation et des autres services publics du Québec (AREQ) qui, avec ses 55 000 membres, est la plus importante association de personnes retraitées de l’État. Nous avons rencontré son président, Pierre-Paul Côté, nouvellement élu au congrès de mai dernier.

« Notre priorité, c’est la protection du pouvoir d’achat de nos membres », de déclarer Pierre-Paul en faisant référence aux orientations définies lors du dernier congrès. Pour l’AREQ, qui fêtait, en 2011, son 50e anniversaire, il ne s’agit pas d’une nouveauté. Ses membres subissent toujours les conséquences de la suppression en 1982 par le gouvernement du Parti Québécois de la pleine indexation des rentes de retraite.

Il a fallu attendre 17 ans (1999) avant qu’une amélioration soit apportée à la formule d’indexation (Indice du coût de la vie moins 3 % avec un minimum de 50 %). Mais cette nouvelle formule n’est applicable qu’aux années 2000 et suivantes. Le manque à gagner de 1982 à 1999 n’est toujours pas corrigé. En 1996, sur la base d’un sondage mené auprès de ses membres, l’AREQ estimait à 12 000 $ par année en moyenne, la perte subie.

Obligée de passer par l’intermédiaire de la CSQ et des autres centrales syndicales pour la négociation des améliorations au régime de retraite, l’AREQ a développé une alliance stratégique avec la CSQ.

« Cependant, au tournant du siècle, l’AREQ s’est engagée à susciter et à former des alliances avec les autres associations de retraités afin d’amener le gouvernement à reconnaître que la non-indexation constitue un facteur d’appauvrissement pour quelque 155 000 personnes pensionnées de l’État », raconte Pierre-Paul Côté.

Suite à leurs représentations et à d’imposantes mobilisations – 5 000 personnes dans la rue le 30 septembre 2009 – l’AREQ a obtenu de se faire entendre par la Commission des finances publiques de l’Assemblée nationale. En 2010, celle-ci a reconnu « la nécessité de trouver un moyen d’atténuer, sinon d’éliminer, la perte de pouvoir d’achat des retraités imputable à la désindexation des rentes », pour les années 1982 à 1999.

Bien que la sauvegarde du pouvoir d’achat soit sa priorité, l’action de l’AREQ se déploie dans plusieurs autres directions. Sa présence dans dix régions du Québec – avec une division en secteurs modelée sur le territoire des 72 commissions scolaires, et une représentation au Conseil national de l’organisme (115 personnes) – avec ses nombreux comités, ses 16 employés et une direction très active, l’AREQ conserve un contact continu avec ses membres, et connaît leurs préoccupations.

C’est ainsi que l’AREQ a obtenu, par ses représentations auprès des instances gouvernementales, que le délai de résiliation du bail d’une personne aînée soit réduit de trois à deux mois et que les services (repas, bains, etc.) ne soient plus facturés après le départ ou le décès de la personne.

« Il y a plusieurs irritants qui peuvent sembler mineurs, mais qui empoisonnent la vie des retraités », de nous dire le président de l’AREQ en citant l’exemple des « baux de 18 pieds de long » des résidences pour personnes âgées.

De façon générale, l’AREQ s’est également donné pour mandat de combattre les préjugés à l’endroit des personnes âgées. « Pas seulement de nos membres, s’empresse de préciser Pierre-Paul. On se bat pour tous les aînés du Québec, qu’ils soient organisés ou pas. » À cet effet, une vidéo d’une durée d’une heure a été produite avec Jean Carette et François Béland, et est présentée dans toutes les régions du Québec.

De même, une enquête menée avec la FADOQ et Kino Québec sur la santé et les habitudes de vie des personnes âgées a démontré un bien meilleur état de santé qu’on le laisse habituellement croire.

Pour ne citer que quelques-uns des résultats de cette enquête menée auprès d’un échantillon de 1 000 membres de l’AREQ et 2 000 de la FADOQ, cinq personnes sur dix (54 %) considèrent leur santé en général comme étant excellente ou très bonne, et quatre (36 %) la considèrent bonne. Une seule (10 %) la considère comme mauvaise ou passable.

De plus, neuf personnes sur dix (90,7 %) ont répondu être satisfaites ou très satisfaites de leur vie en général et, huit sur dix (83,5 %), que leur santé mentale était excellente ou très bonne.

Avec des troupes dans une telle forme, on peut s’attendre à ce que l’AREQ intervienne régulièrement sur la place publique, d’autant plus que, nous confie Pierre-Paul, « nos membres veulent nous voir intervenir sur tous les sujets ! »

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