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Je veux qu’on m’enseigne pas qu’on me saigne
N° 308 - avril 2012

Le devoir de solidarité
Louis Bernard
Il y a une autre raison de préserver la quasi-gratuité universitaire actuelle : c’est la solidarité sociale qui prévaut au sein de la communauté québécoise. Cette solidarité est fondée sur un certain nombre de droits, dont le droit à l’instruction publique gratuite, inscrit dans notre charte québécoise des droits et libertés de la personne (article 40). Jusqu’à maintenant, ce droit a été reconnu : pleinement à tous les niveaux d’éducation jusqu’au cégep, et quasi-pleinement à l’université.

En échange, les citoyens ont l’obligation morale de contribuer au progrès de la société québécoise. Les diplômés universitaires ont tous un devoir de solidarité envers leurs concitoyens.

C’est cet esprit de solidarité qui sera affaibli si se propage l’idée que le diplômé universitaire, ayant payé pour ses études, est moins redevable à ses concitoyens. L’intérêt personnel portera ombrage à l’intérêt général. Les privilégiés du système le seront encore davantage.

En diminuant la « dette de solidarité » de la classe la plus éduquée (et souvent la plus privilégiée), on favorise une société moins égalitaire. On pénalise ainsi les plus défavorisés qui, non seulement auront plus de difficultés à poursuivre leurs études, mais qui bénéficieront moins de la distribution des services inhérente à une société plus solidaire.

La solidarité sociale force les riches à aider les pauvres : ceux qui ont intérêt à diminuer son importance dans notre société sont naturellement tous en faveur de la hausse des droits de scolarité universitaires.

Le slogan moderne du « qui s’instruit, s’enrichit » est, à cet égard, délétère. Bien qu’il soit vrai que les diplômés universitaires aient en général un revenu moyen plus élevé que ceux qui ne le sont pas, cela est dû, en grande partie, aux revenus très élevés de certains d’entre eux comme les médecins, les avocats, les chefs d’entreprise.

Mais le revenu moyen de la majorité des diplômés universitaires (géographes, bibliothécaires, enseignants, infirmières, philosophes, archéologues, historiens, etc.) ne dépasse guère celui de la classe moyenne. Pourquoi les pénaliser de poursuivre des études dont notre société a absolument besoin ?

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