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Intégration ou intégrisme ?
N° 306 - février 2012

Une campagne de soutien sans précédent
Pierre Dubuc
Nous avons joint au téléphone Dominique Lemieux, le permanent des Métallos, responsable du conflit de Rio Tinto Alcan à Alma, pour faire le point sur le lock-out. Quelques jours auparavant, la Commission des Relations de travail accréditait les allégations du syndicat selon lesquelles l’entreprise employait des scabs à son usine, après avoir constaté la présence d’au moins un d’entre eux.

« Il y en a plus que cela, de nous dire Dominique. Et c’est sans compter les 30 à 40 cadres, souvent des retraités que la compagnie a rappelés, avant le délai de 90 jours prescrit par la loi. Clairement, la compagnie ne respecte pas l’esprit de la loi anti-scab. Avec 200 cadres pour 780 travailleurs, on ne peut pas appeler cela de la saine gestion ! On fait plutôt face à la planification d’un lock-out. »

Les appuis à la lutte des travailleurs se multiplient. D’abord, de la part des autres syndicats de la région. « Nous avons reçu des appuis du SCEP, des syndicats d’Hydro-Québec, de la FIIQ et de bien d’autres. » Il nous renvoie sur la page Facebook du syndicat pour la liste complète.

Dominique Lemieux est particulièrement heureux du soutien tangible du syndicat rival de la « vieille usine » d’Arvida, affilié aux TCA-Québec, qui y est allé d’un prêt substantiel. « Nous avons mis de côté nos vieilles guerres de clochers », se réjouit-il.

Des députés de la région ont aussi exprimé leur soutien. « Dany Morin, député de Chicoutimi-Le Fjord, et Claude Patry, député de Jonquière, deux députés NPD, de même que Sylvain Gaudreault et Alexandre Cloutier du PQ sont avec nous. Alexandre va demander, à l’Assemblée nationale, que le gouvernement rende publique l’entente secrète intervenue entre la compagnie et le gouvernement lors de la vente de l’Alcan à Rio Tinto. Amir Khadir était présent sur la ligne de piquetage hier. Même André Harvey, l’ancien député conservateur, nous a donné son appui ! »

De larges secteurs de la population épousent aussi la cause des lockoutés. « Un sondage TVA nous donnait une majorité d’appuis », nous dit Dominique en insistant sur l’appui de M. Pilote, le propriétaire d’un centre d’achats. Il a compris qu’en réduisant le pouvoir d’achat des travailleurs, ça touchait ses intérêts.

Le Syndicat des Métallos veut internationaliser le conflit. Dominique Lemieux explique : « Au début de l’industrialisation, chaque corps de métier avait son syndicat. Puis, avec l’implantation de la chaîne de montage, les travailleurs se sont regroupés en un seul syndicat. Aujourd’hui, avec la globalisation, nous n’avons pas le choix. Il faut s’unir à l’échelle planétaire. »

Des métallos d’Hamilton, qui sortent d’un conflit de 10 semaines, vont leur rendre visite la semaine prochaine. « Nous avons des appuis des travailleurs des autres usines Rio Tinto de France, d’Australie. Nous avons reçu une lettre de soutien de travailleurs de Turquie. Du syndicat United de Grande-Bretagne qui regroupe 2 millions de syndiqués. »

Mais Dominique Lemieux semblait tout particulièrement touché par l’appui des travailleurs non-syndiqués de l’usine Rio Tinto de Grande Baie. « Ils vont venir, samedi, dîner avec nous sur la ligne de piquetage. »

À quand une assemblée de soutien à Montréal ? « Ça va venir. Le conflit risque d’être long. Et on ne veut pas brûler toutes nos cordes de bois, tout de suite. »

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