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Voter ça compte !
N° 299 - mai 2011
La solidarité passe par une victoire historique du Bloc Québécois
La porte du Canada est fermée à double tour
Pierre Dubuc et Marc Laviolette*
Le 23 mars dernier, le SPQ Libre organisait une tournée de différentes organisations syndicales, et une assemblée publique avec Mme Stephanie Bloomingdale, secrétaire-trésorière de l’AFL-CIO du Wisconsin.

Une des grandes leçons que Mme Bloomingdale a partagées avec les quelque 500 militantes et militants syndicaux – dont des dirigeants de la FTQ, de la CSN, de la CSQ, des TCA , de la FIQ, du SPGQ, du SFPQ, de l’APTS, du SCEP-FTQ, de la FNEEQ-CSQ, de l’AFPC, des cols bleus et des débardeurs – c’est que « les élections, ça compte ! ».

Au Wisconsin, les syndicats de la fonction publique se sont fait imposer une loi qui limite leur droit à la négociation collective aux salaires (de plus, tout dépassement de l’indice du coût de la vie doit même faire l’objet d’un référendum), supprime la perception automatique des cotisations syndicales et oblige la tenue d’un vote syndical tous les ans pour valider la « légitimité » des accréditations.

Cette loi est le résultat de l’élection au mois de novembre dernier du gouverneur républicain Scott Walker, dont la campagne électorale a été largement financée par les frères David et Charles Koch, des multimilliardaires états-uniens qui versent des millions à des think tank de droite comme la Heritage Foundation, le Cato Institute – qu’ils ont fondés –, et qui soutiennent par leurs dollars les activités du mouvement Tea Party.

Les gouverneurs des États de l’Ohio, de l’Indiana, de la Pennsylvanie, de la Floride et du New Jersey s’apprêtent à adopter des législations semblables dans le cadre d’une action bien orchestrée de la droite américaine pour détruire les organisations syndicales et, par le fait même, affaiblir le Parti démocrate.

Au Canada, les frères Koch ont d’importants intérêts dans les sables bitumineux de l’Alberta et des liens avec des organisations de la mouvance conservatrice. Leur campagne aux États-Unis contre la taxe sur le carbone et les législations environnementales, tout en niant l’idée même du réchauffement de la planète, trouve un large écho dans l’entourage de Stephen Harper, dont les liens avec l’industrie pétrolière sont bien connus.

C’est le constat que faisait Gilles Duceppe dans le message qu’il a fait parvenir à Mme Bloomingdale et qui a été lu lors de l’assemblée publique du 23 mars. Le chef du Bloc Québécois a écrit : « La droite en est donc arrivée là : chercher les moyens non plus d’affaiblir le mouvement syndical, mais de l’éliminer. Le Tea Party représente ni plus ni moins la nouvelle locomotive du Parti républicain, il faut s’attendre à ce que cette dangereuse tendance trouve des disciples au Parti conservateur du Canada. »

Gilles Duceppe poursuit : « Votre combat prend donc pour nous une importance fondamentale. Parce que vous êtes sur la ligne de front dans la défense du syndicalisme en Amérique du Nord. »

Nous pouvons affirmer qu’un nouveau front vient de s’ouvrir avec le déclenchement des élections fédérales. Les syndicalistes et les progressistes doivent tirer les leçons des événements au Wisconsin. Une d’entre elles est assez claire : un gouvernement Harper majoritaire signifierait une attaque sans précédent contre le mouvement syndical, similaire à celle à laquelle nous assistons au sud de la frontière.

Nous lançons donc un appel à tous les syndicalistes et aux progressistes pour qu’ils s’engagent activement dans la campagne électorale dans le camp de Gilles Duceppe et du Bloc Québécois. Une victoire éclatante du Bloc est la contribution attendue du Québec à la défaite du Parti conservateur.

Une telle victoire serait également annonciatrice d’un nouvel élan vers l’indépendance du Québec, le chef du Bloc Québécois ayant tenu des propos on ne peut plus clairs au cours de la dernière année.

Lors du 20e anniversaire du Bloc, Gilles Duceppe déclarait, à propos de la possibilité que le Canada réponde positivement aux aspirations du Québec : « La porte est maintenant fermée à double tour. J’invite les Québécois à prendre conscience que l’espoir d’un Canada ouvert aux aspirations du Québec s’est transformé en illusion. Cette grande illusion qui nous fait avancer dans le brouillard doit être crevée ! »

Face à l’importance de l’enjeu pour le mouvement syndical et le mouvement souverainiste, on ne peut se contenter de lancer un appel à dire « Non à Harper », comme viennent de le faire les dirigeants de Québec solidaire, laissant la porte ouverte à une division du vote d’opposition entre le Bloc, les Libéraux et le NPD.

Si un syndicat canadien comme les TCA-CAW, pourtant proche du NPD au Canada anglais, appelle à voter pour le Bloc au Québec, nous comprenons mal pourquoi il ne pourrait en être de même pour Québec solidaire, un parti qui se proclame souverainiste. De plus, nous invitons sa porte-parole, Françoise David, à surseoir à son projet de retrait temporaire de la vie politique active pour l’écriture d’un livre. Cette élection est capitale. Nous avons besoin de tout le monde.

« La solidarité n’a pas de frontière », déclarait Stephanie Bloomingdale dans les quelques mots de français qu’elle avait tenu à apprendre pour son auditoire québécois. L’expression de cette solidarité passe par la défaite du gouvernement Harper et une victoire historique du Bloc Québécois.

*Au nom du conseil d’administration du SPQ Libre

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