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N° 299 - mai 2011
Un tour à droite, un tour à gauche, on se donne la main et on recommence !
La chaîne des transfuges en politique s’allonge
Léo-Paul Lauzon
Ils disent que l’on vit dans un beau pays démocratique, même si les quelques partis politiques officiels se ressemblent beaucoup.

On n’est pas loin du parti unique, mes amis. Tiens, prenons cet article du Devoir du 2 septembre 2010 qui signalait que : « Trois partis fédéraux courtisent Benoît Pelletier (ex-ministre libéral) ». Ce sont les conservateurs, les libéraux et les néo-démocrates. Des partis et des candidats interchangeables, quoi !

Puis, il y a eu, récemment à Montréal, le malheureux candidat Jean-Claude Rocheleau qui est passé du NPD aux libéraux, et à Gatineau, Françoise Boivin, qui a fait la permutation contraire. À Québec, le bloquiste Gaston Gourde a été député libéral fédéral de 1981 à 1984 (Le Devoir, 17 mars 2011).

Il y a la minière Osisko qui recrute une péquiste et un libéral comme lobbyistes (Devoir, 20 juin 2009) et les firmes d’ingénieurs qui financent autant le PQ que les libéraux (Le Devoir, 5 février 2011).

Plusieurs anciens élus de l’ADQ ont joint les rangs des conservateurs et d’autres piaffent d’impatience de se joindre au parti en devenir de François Legault et de l’affairiste Charles Sirois (La Presse, 8 février 2011).

Il y a eu aussi Robert Brien, qui est passé du Bloc à l’ADQ et Richard Bélisle, du Bloc aux conservateurs. Puis, La Presse du 22 septembre 2010 nous apprend que « Bolduc (ministre libéral de la santé) recrute son adversaire adéquiste, Martin Briand » ; et l’ancien directeur général et député de l’ADQ, Simon-Pierre Diamond, qui sera probablement candidat libéral dans Vachon (La Presse, 2 septembre 2010).

Le PQ et Bernard Landry ont eu comme conseillers le conservateur Maxime Bernier, du temps qu’il était à l’Institut économique de Montréal, et Éric Duhaime, anciennement de l’ADQ et des conservateurs. Deux ultraradicaux de droite, ce qui n’empêche pas Bernard Landry de clamer : « La gauche, c’est nous, plaide le premier ministre Landry » (Le Devoir, 29 mai 2001). Tellement à gauche que « Le PQ reluque des adéquistes », mentionnait le Journal de Montréal du 19 juin 2008.

Et puis il y a Lucien Bouchard, qui est passé des conservateurs au Bloc, et au PQ et qui, sentant le besoin de se convertir, a servi de judicieux conseils, comme toujours, à Mario Dumont de l’ADQ (Journal de Montréal, 23 août 2002).

Parlant justement de Lucien Bouchard, il a signé cette touchante et poétique opinion dans La Presse du 25 octobre 2005 intitulée « Non aux insultes ! La solution aux problèmes du Québec ne se trouve pas du côté de la hargne, du cynisme, de l’injure et de la vulgarité, mais dans le respect des interlocuteurs et de la réalité ».

Sa réalité n’est toutefois pas la mienne. Je ne peux qu’être d’accord avec lui, moi qui suis un modèle de retenue et de bienséance. Il y a un petit hic à ses belles valeurs morales.

Au mois de février 2011, à l’émission 24 heures en 60 minutes animée par Anne-Marie Dussault, il a oublié d’appliquer à sa propre personne ses louables conseils et monsieur Bouchard, devenu lobbyiste en chef de l’industrie du gaz de schiste et contractuel pour Talisman Energies de Calgary, a carrément insulté Marc Durand, docteur en géologie et professeur retraité à l’UQAM, qui a osé critiquer la gestion privée de cette ressource au Québec.

Dans son opinion parue dans Le Devoir du 2 mars 2011, l’ingénieur Marc Durand a signalé que « Monsieur Bouchard a inventé des propos ridicules qu’il m’attribue et n’a pas hésité à ridiculiser tout mon travail d’expert d’une pirouette ». C’est pas gentil ça, monsieur Bouchard.

Et, dans Les Affaires du 19 février 2011, il y a cette autre remarque philosophique très drôle émanant du président de Questerre Energy de Calgary qui a mentionné : « Nous pensons qu’il faut 4 ans d’université et 20 ans d’expérience pour bien comprendre la problématique des gaz de schiste. Et voilà que nous traitons avec des gens qui croient pouvoir l’évaluer après seulement 10 minutes de navigation sur le net ».

Le PDG de Questerre, Michael Binnion, faisait-il référence à Lucien Bouchard et à Yvan Loubier, l’ancien du Bloc devenu promptement lobbyiste de l’industrie minière au Québec ?

Enfin, pour revenir à nos moutons, il y a les libéraux qui ont embauché l’ex-ministre péquiste, la « lionne » Diane Lemieux à la Commission de la construction du Québec, et qui ont fait une offre à un autre du PQ, Serge Ménard, pour diriger la nouvelle escouade de lutte contre la corruption, sans compter Harper, qui a déjà retenu les services du bloquiste Daniel Paillé.

Ils se ressemblent tellement que l’on pourrait parler de démocratie imaginaire. Il y a autant de différence entre les vieux partis qu’il y en a entre les Dupond et Dupont de Tintin et Milou. Après, ils se demandent pourquoi, aux élections, un record d’abstention n’attend pas l’autre. La population est complètement désabusée et résignée d’observer ces partis politiques, financés grassement par le patronat, faire le contraire de ce qu’elle veut, préférant plutôt satisfaire les intérêts particuliers et égoïstes des grands de ce monde.

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