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Le diable est dans les détails
N° 298 - avril 2011

Le vaudeville grotesque du CHUM se poursuit
Léo-Paul Lauzon
Jean Charest est le champion incontesté, avec, évidemment Stephen Harper, pour imposer à la population, contre sa volonté, des politiques dont elle ne veut pas, comme les baisses d’impôts, la tarification accrue des services publics (santé et éducation), les subventions éléphantesques aux entreprises et aux écoles privées, le financement à 300 M $ en fonds publics de la cabane de l’Orchestre symphonique (OSM) et j’en passe. Il se moque toujours des gens en feignant hypocritement de les consulter avec des commissions et des comités paquetés par ses porte-queues.

La construction en PPP du nouveau centre hospitalier (CHUM), envers et contre tous, par Charest, démontre clairement le mépris qu’il affiche pour la démocratie. C’est sans aucune consultation que son ex-ministre, la lucide allégée Monique Jérôme-Forget, et lui, ont décidé que ça se ferait en PPP par idéologie et pour les copains.

En 2009, le vérificateur général du Québec a publié un premier rapport dévastateur sur le PPP envisagé : « L’Agence des PPP a faussé les analyses » (Le Devoir, 19 novembre 2009). Puis, dans La Presse du 6 mars 2009, on a appris : « CHUM et PPP. Fini le partage des risques ? Les consortiums exigent du gouvernement une importante garantie financière », ce qui a fait dire à Jean-Paul Gagné : « Pourquoi recourir au PPP dans ces conditions ? » (Les Affaires, 14 mars 2009). C’est tout dire !

Ensuite, il y a eu l’opposition marquée des ingénieurs, des architectes, des fédérations de médecins, des économistes, des syndicats et même : « Au tour des entrepreneurs de contester les PPP » (La Presse, 10 juin 2009). Rien à faire avec le petit dictateur Charest : « Le CHUM se fera en PPP, réitère Québec » (Le Devoir, 25 septembre 2009).

Nouveaux rebondissements tragiques en 2010. D’abord, l’agence de notation DBRS affirme : « Financement sur 30 ans du CHUM. 320 millions$ de plus cher en PPP » (La Presse, 29 mai 2010). Et de nouveau le vérificateur général qui dit : « CHUM et PPP. Des inexactitudes importantes. Le vérificateur remet un rapport cinglant » (La Presse, 10 juin 2010). Mais celui qui se croit propriétaire du Québec persiste : « CHUM et PPP : Québec maintient le cap » (La Presse, 1er décembre 2010).

À la défense du PPP, il y a eu la « courageuse défenderesse des affairistes », Françoise Bertrand, PDG des chambres de commerce, qui a claironné « Des PPP qui fonctionnent bien » (Le Devoir, 28 juillet 2009) en donnant l’exemple de la piaule inutile de l’OSM. Madame, au départ ça devait coûter 105 M $ en fonds publics, puis un an plus tard s’est passé à 266 M $ (« Nouvelle salle de l’OSM : le budget du PPP explose », Le Devoir, 4 juillet 2008).

Comme ça continuait de grimper, l’étincelante Monique Jérôme-Forget, celle qui nous avait promis la fin des nids-de-poule grâce aux PPP, a clamé, rendu à 300 M $ qu’il n’y aurait plus de plafond (Journal de Montréal, 26 octobre 2008). Mesdames Bertrand et Jérôme-Forget vont bien ensemble. Ah qu’il fait bon de vivre en démocratie !

Ça fait qu’à la fin du vaudeville grotesque, il ne restait pour le CHUM qu’un seul soumissionnaire, contrôlé par des étrangers, qui a remporté le « jackpot » (« CHUM : un consortium l’emporte par défaut », Le Devoir, 22 février 2011).

Pourtant, on vantait la vive concurrence des PPP et la prise entière à charge de tous les risques par les entrepreneurs. Voilà que, pour le CHUM et le CRCHUM, il ne restait qu’un soumissionnaire dans chacun des deux cas qui ont exigé en plus que l’État assume dorénavant une partie importante des risques. Charest joue au casino et à la roulette russe avec notre argent.

Enfin, le coût de construction du CHUM, qui était prévu à 1,1 milliard $ en 2006 par Charest et sa gang est maintenant rendu à 2,1 milliards $ en février 2011 et la première pelletée de terre n’a pas encore eu lieu (« L’histoire du CHUM », La Presse, 26 février 2011).

Quant au Centre de recherche du CHUM (CRCHUM), qui était prévu à 320 millions $ en 2006, il était rendu à 470 millions $ en janvier 2010. En vérité, je vous le dis, les faiseux du privé engraissés par leurs élus asservis, c’est bien mieux : ils créent de la richesse !!!

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