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Pour les amis de nos amis
N° 297 - mars 2011
Les transnationales états-uniennes contrôlent des pans entiers de l’économie
Quand les States s’imposent, les Canadiens s’écrasent
Léo-Paul Lauzon
Mes amis, faut voir la vérité en face et arrêter de se conter des peurs. Le Canada est devenu une colonie américaine comme Porto-Rico. Pas un État américain mais bel et bien une colonie.

Au niveau économique, les transnationales américaines contrôlent au pays des pans entiers de plusieurs secteurs comme le pétrole, le gaz naturel, le pharmaceutique, les aliments incluant l’importation de fruits et légumes avec Chiquita, Dole et Del Monte ; l’hôtellerie, la restauration rapide, le détail, l’aéronautique, le manufacturier et j’en passe.

Puis, avec le traité de libre-échange, ce sont eux qui décident, que ce soit le bois d’œuvre, l’acier, les produits laitiers, le pétrole, le gaz naturel.

Mais, la bonne nouvelle, c’est que nous sommes entre bonnes mains, à ce qu’il paraît, des mains bienveillantes qui sont là pour nous protéger de l’envahissement des communistes et des socialistes.

Naturellement, ils contrôlent plusieurs organismes de recherche qui sèment à tout vent leur propagande, comme le Conference Board et le C.D. Howe Institute. Et dire que les conservateurs, les adéquistes et les libéraux font leur choux gras avec la notion angélique de la liberté alors que nous sommes inféodés aux States.

Commençons par le commencement, avec différents pays. Vous savez que les États-Unis maintiennent un odieux embargo économique contre Cuba, depuis plus de 50 ans, condamné chaque année par l’ONU, mais qui hélas englobe aussi les Canadiens comme le laissent voir ces deux articles : « Un Canadien condamné (aux Etats-Unis) pour des échanges avec Cuba » (La Presse, 5 avril 2002) et « L’embargo américain sur Cuba est problématique pour le Canada. La loi canadienne (sic) interdit la vente de produits américains à Cuba, sauf si substantiellement transformés » (Les Affaires, 7 octobre 2006).

Il y avait aussi l’Irak, avant son envahissement par les Yankees : « Entreprise (de Montréal) empêchée par le gouvernement américain d’exporter des ambulances en Irak » (Journal de Montréal, octobre 2002). Tiens, une drôle, il y a, au Mexique, l’hôtel américain Sheraton qui a expulsé des Cubains (La Presse, 25 mars 2006). Le Mexique itou, c’est un peu beaucoup le terrain de jeux de nos amis du Sud.

Il y a aussi la guerre aux pseudos-terroristes arabes, pire que les communistes, menée « courageusement » par l’Oncle Sam, comme ce cas survenu à Montréal : « C’est la guerre au terrorisme : Western Union (succursale de Montréal) gèle ses 200 $ » (Journal de Montréal, 16 septembre 2004)… à une Canadienne d’origine arabe.

Il y a aussi notre belle Banque Royale qui vient d’embaucher l’ex-ministre conservateur Michael Fortier : « La RBC refuse des comptes en dollars américains à certains citoyens canadiens » (Journal de Montréal, 17 janvier 2007), soit ceux qui ont, comme vous avez pu le deviner, le malheur d’avoir la double nationalité avec des pays vraiment méchants comme Cuba, l’Iran, le Soudan, la Corée du Nord, la Birmanie. Les States vous ont à l’œil où que vous soyez et quoi que vous fassiez.

Et le premier ministre conservateur aplatventriste qui a accouché de cette perle : « Les comptes en dollars américains au Canada sont soumis aux règles américaines » (Le Devoir, 18 janvier 2007). Même les banques suisses passent au tordeur américain : « La Réserve fédérale américaine (Fed) condamne UBS » (La Presse, 2004)… à une petite amende de 100 millions $ pour avoir transigé avec les ennemis des Yankees qui peuvent rapidement devenir leurs amis s’ils changent d’attitude, comme la Libye du Colonel Khadafi, devenu, pendant un moment, du ben beau et sublime monde.

Comme l’a dit l’ex-secrétaire d’État américain sous Bush junior, Condoleezza Rice, à propos de la Libye : « Pas d’ennemi permanent, dit Rice » (Journal de Montréal, 6 septembre 2008). Pourtant, Reagan avait qualifié Khadafi de « chien enragé » et avait bombardé le palais du dirigeant libyen. Les temps changent…

Parlant d’ennemi de 26 pays (incluant la Chine, la Syrie, le Viêt Nam et le plus dangereux de tous… Haïti) : « Bell Helicopter (de Mirabel) : Des employés tenus à l’écart. Parce qu’ils sont originaires de pays dits ennemis selon les Etats-Unis » (Journal de Montréal, 12 janvier 2007). Des pays ennemis, c’est-à-dire des pays qui ne se soumettent pas intégralement. Et le courageux premier ministre du Canada : « Bell Helicopter. Harper préoccupé » (La Presse, 12 janvier 2007). Préoccupé mais pas plus : faut pas contrarier le maître.

Il y a eu aussi le cas de l’entreprise canadienne basée à Montréal : « CAE refuse des indésirables » (La Presse, 26 octobre 2006). Des indésirables qui ont la nationalité canadienne mais qui sont nés en Iran, en Chine, au Liban, à Cuba, etc. Pas de risque à prendre avec ce monde-là !

Et « General Dynamics (qui a acheté SNC Technologie, anciennement une société d’État du nom de Les Arsenaux Canadiens) privilégie les camionneurs américains au Canada » (La Presse, 16 janvier 2007) et enfin Boeing, qui a obtenu un contrat militaire de 8,4 milliards $ sans appel d’offres, refusera l’embauche par les entreprises canadiennes d’employés canadiens qui sont nés dans des pays très vilains (Journal de Montréal, 6 octobre 2006).

Et, cette fois-ci, notre premier ministre canadien se fera plus compréhensif et plus ouvert : « Boeing. Harper ne fera pas de pression » (Journal de Montréal, 27 janvier 2007). Faut surtout pas brimer la liberté de nos amis états-uniens, quitte à empiéter sur la nôtre. Et puis d’autres en rafale :

« Patriot Act. Les Américains pourraient fouiller la vie privée de salariés d’ici » (La Presse, 29 mai 2006). Où il y a de la gêne, y’a pas de plaisir, comme dirait l’autre ;

« Des policiers américains autorisés à intervenir dans les eaux canadiennes » (La Presse, 14 septembre 2007). C’est pour mieux veiller sur vous, mon enfant !!! ;

« Le ciel (sol) canadien utilisé incognito par la CIA ? Transit secret de présumés terroristes » (La Presse, 19 novembre 2005). La boucle est bouclée ! Le ciel, la mer, le sol…

« Vancouver 2010. Washington s’impose. Les Etats-Unis assureront une part de la sécurité aux Jeux » (La Presse, 11 janvier 2007). Les States imposent, le Canada dispose ! Bon Dieu qu’ils aiment rendre service ! Je vous le dis, ils sont trop bons ! ;

« Les fuites de Wikileaks. Les premières révélations sur le Canada font état du mépris des services secrets pour les juges canadiens ». Et le ministre conservateur qui signale : « Cannon n’est pas inquiet » (Le Devoir, 30 novembre 2010). Le ministre Lawrence Cannon a raison de ne pas s’inquiéter, après tout, c’est juste du « mépris » affiché par les Américains envers nos diplomates qu’ils espionnent pour notre bien. Gardons notre calme, je vous en prie.

Enfin, cette perle dans Le Devoir du 7 mars 2009 : « Ottawa demande à US Steel (qui a acquis la canadienne Stelco) de respecter ses engagements au Canada ». Réponse de la transnationale américaine : Vous pouvez toujours demander messieurs. Soyez toutefois patients, la réponse n’est pas pour demain.

Ah qu’il fait bon vivre dans un pays libre et démocratique ! C’est rassurant. Les Américains ont essayé de jouer au matamore avec les Russes en leur demandant fortement de ne pas vendre d’avions militaires au Venezuela. Vous le savez, Hugo Chavez est un méchant moineau, ami de Fidel Castro en plus de ça.

Comme il se doit, et comme doit le faire tout pays souverain et non pas franchisé, la Russie a cavalièrement envoyé promener les Etats-Unis, ce qui a beaucoup peiné notre gouvernement conservateur canadien, qui, lui, est obéissant en tout temps et en toutes circonstances au boss américain : « Des avions russes (Sukhoî Su-30) dans le ciel vénézuélien » (Le Devoir, 5 juin 2006).

Pour conclure, disons que je suis un farouche partisan de la souveraineté et de l’indépendance du Canada, et par ricochet du Québec, face à l’empire américain. Il y a urgence en la demeure.

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