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Le fils du Che dénonce L’empire
N° 293 - octobre 2010

Depuis Rabaska, le Bape semble très près des promoteurs
Louis Duclos*
Face à une opinion publique fort méfiante quant aux risques potentiels que l’exploration et, éventuellement, l’exploitation des gaz de schiste dans les plaines du Saint-Laurent pourraient représenter pour la qualité de notre environnement, le gouvernement Charest vient de s’en remettre, en catastrophe, au BAPE pour se dédouaner.                                                                              

Pourtant, à la lumière du rapport bâclé soumis par les commissaires du BAPE dans le dossier du port méthanier Rabaska, il ne faudrait pas trop compter sur ce soi-disant chien de garde de l’intérêt public pour ramener à la raison l’ineffable ministre Normandeau et son faire-valoir, le ministre Pierre Arcand.

En effet, il faut se rappeler que le rapport du BAPE sur le projet Rabaska était dans une large mesure une copie conforme de l’étude d’impact du promoteur.

Il faut ajouter que ces commissaires n’ont jamais voulu entendre d’experts indépendants en matière de gaz naturel liquéfié, comme le demandaient avec insistance les citoyens directement concernés, et ce, sous le fallacieux prétexte que le BAPE ne disposait pas des budgets nécessaires pour assumer les frais de voyage et de séjour de ces experts en provenance des États-Unis.

Pour ces commissaires inféodés au pouvoir politique, l’expertise des scientifiques à l’emploi du consortium Rabaska était incontestable et suffisait pour les rassurer en ce qui a trait aux risques associés à ce projet, pour les populations avoisinantes et pour l’environnement.

On peut sans doute compter sur le gouvernement Charest pour affecter à la commission du BAPE sur les gaz de schiste une majorité de fidèles qui auront avantage à trouver grâce à ses yeux en étant tout aussi complaisants envers l’industrie gazière que l’ont été, à l’endroit du promoteur du projet Rabaska, les commissaires chargés de l’étudier.

Dans ces conditions, l’entrée en scène du BAPE n’est rien d’autre que de la poudre aux yeux destinée à amadouer les Québécois.

En effet, compte tenu du mandat limité qui lui a été confié par le gouvernement, il pourra tout au plus proposer une litanie de mesures d’atténuation des effets néfastes sur l’environnement qui auront reçu auparavant la bénédiction de l’industrie gazière.

Il est regrettable qu’une institution autrefois digne de confiance soit devenue au cours des dernières années un instrument qui est au service d’un gouvernement à la solde d’intérêts particuliers.

* L’auteur est l’ex-député fédéral de Montmorency-Orléans

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