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Le Québec absent de l’Arctique
N° 292 - septembre 2010
Les TCA célèbrent leur 25e anniversaire
La lutte pour la souveraineté faisait partie de la fête
Maude Messier
Il est devenu évident que les Canadiens ont complètement fermé la porte à toute possibilité de réformer le fédéralisme pour répondre aux aspirations du Québec. Le fédéralisme renouvelé est mort », déclarait le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, devant les 1 200 délégués du Syndicat des travailleurs canadiens de l’automobile (TCA) réunis à Montréal les 27, 28 et 29 août derniers pour célébrer le 25e anniversaire de la formation à titre de syndicat canadien indépendant.

Environnement, langue, citoyenneté, économie, relations de travail, le Canada et le Québec vont dans des directions diamétralement opposées. « La fermeture à l’endroit du Québec reflète l’opinion d’une majorité de Canadiens, constate le chef du Bloc. Le Québec n’a plus le choix qu’entre deux options, le fédéralisme tel qu’il est ou la souveraineté. »

« Si Stephen Harper dirige le Canada, ce n’est certainement pas parce que le Québec lui a donné ce pouvoir. Jamais depuis 20 ans le Québec et le gouvernement fédéral n’ont été aussi éloignés l’un de l’autre. » Pour Gilles Duceppe, le Bloc Québécois est le seul parti au Québec capable de barrer la route au gouvernement « dogmatique » de Stephen Harper en l’empêchant d’accéder à la majorité.

Tant sur le positionnement progressiste du Québec que sur la question nationale, les propos de Gilles Duceppe ont été chaudement reçus par les délégués en provenance de partout au Canada.

L’intolérance et l’incompréhension dont fait montre le gouvernement conservateur à l’égard du Québec tranche radicalement avec l’atmosphère fraternelle et l’ouverture d’esprit qui régnait à l’occasion du Conseil conjoint Canada-Québec des TCA.

Rencontré par l’aut’journal en marge du congrès, le directeur québécois du syndicat, Jean-Pierre Fortin, explique que la culture organisationnelle des TCA reconnaît la particularité du Québec comme un fait établi. « Le débat autour de ces questions a été fait il y a longtemps. Il y a un profond respect de la culture du Québec dans les structures de l’organisation comme dans nos politiques. C’est un dossier réglé et ça permet d’aller de l’avant. »

Dès sa création en 1985 des suites d’une rupture avec un syndicat international établi aux États-Unis, les Travailleurs unis de l’automobile (TUA), le syndicat des TCA a opté pour une structure favorisant l’implication des militants et des militantes dans l’organisation.

Les dirigeants comme les délégués ont d’ailleurs profité de l’occasion pour passer en revue leurs 25 années d’existence, de même que pour réfléchir sur les défis actuels et passés du mouvement syndical au Canada et au Québec.

Dans son allocution, Jean-Pierre Fortin a souligné l’apport des TCA aux grandes luttes qui ont façonné les relations de travail au Québec. On se souviendra notamment du combat des travailleurs de General Motors à Ste-Thérèse (1970) pour faire reconnaître leur droit de travailler en français, un pas important vers l’adoption de la loi 101 quelques années plus tard.

L’un des conflits les plus violents dans l’histoire des relations de travail au Québec, l’incontournable grève à la United Aircraft (aujourd’hui Pratt & Whitney) de 1974, est à l’origine d’importantes réformes, dont la loi anti-scab, la formule Rand pour le prélèvement à la source des cotisations syndicales et le droit du retour au travail après un conflit.

« L’avidité des employeurs menace sérieusement les droits des travailleurs et des travailleuses, de même que les acquis sociaux des Québécois et des Québécoises », indique Jean-Pierre Fortin en entrevue avec l’aut’journal. À son avis, les forces croissantes de la mondialisation et du néolibéralisme constituent une menace réelle et représentent certainement le plus gros défi à venir pour le mouvement syndical.

À l’heure des bilans, force est de constater qu’après deux décennies d’augmentation constante du nombre de leurs membres, les TCA doivent faire face à une décroissance, conséquence directe des pertes d’emplois qui se comptent par milliers. Optimiste, M. Fortin laisse entendre à mots couverts qu’ils espèrent une reprise pour 2012.

Jean-Pierre Fortin insiste particulièrement sur le fait que l’argent ne doit pas freiner le militantisme. « Surtout pas ! Parce que c’est dans les temps durs qu’on en a le plus besoin. »

À ce chapitre, le syndicaliste ne cache pas ses griefs contre les grandes centrales syndicales, qu’il estime trop frileuses. « Ils auraient dû profiter de l’insatisfaction et de la grogne de la population comme des syndiqués en réaction au budget austère de ce gouvernement impopulaire pour mobiliser l’opinion publique et sortir dans les rues. Ils n’ont pas réagi, de peur de faire achopper les négociations (du secteur public). Une belle occasion ratée. »

Déterminé à ne pas délaisser les travailleurs et les travailleuses, il explique que son organisation devra s’adapter à la situation. En d’autres termes, les TCA seront plus actifs en phase de recrutement. « Mais ce qui importe avant tout, c’est de s’assurer d’offrir tous les services nécessaires aux travailleurs. Être proches de nos membres, c’est notre force. »

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