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La fin du libre-échange
N° 291 - juillet 2010
Le billet
Pas d’art sans copie !
Gilles Derome
Toute l’histoire de la peinture est l’histoire du copiage. Un copiage caché. Car le copiage est une opération frauduleuse d’imitation servile. Malraux disait pourtant et il avait de « l’art évoluant » une expérience de premier plan : « On marche mal sur du vide ».

Plusieurs croient que les artistes sont des Dieux qui ne doivent tout qu’à eux-mêmes. Naïve façon de ne pas voir la réalité. Si les Dieux créent à partir de rien. . . l’artiste, lui, emprunte tout d’un autre. Veut, veut pas, consciemment ou non, il emprunte. Il n’a rien d’un Dieu et c’est ça la merveille. Il se sert de l’écriture d’un autre, la transforme et nous donne une œuvre personnelle. Plus ou moins, toujours. Il faudra s’y faire.

Ainsi font, font, font les architectes, les musiciens, les peintres, les écrivains et les scientifiques. Les philosophes ne font que cela. Ouvrez l’un ou l’autre de leurs livres : ils citent. En espérant au travers de toutes ces citations voir poindre une lueur d’aurore qui pourrait-être la leur. D’un rose doré. Un son, un rythme, une couleur, un mouvement, une courbe, une masse. Le temps dira si le hasard a bien fait les choses. Pour un temps.

N’éduquez pas vos enfants et ceux des autres à être eux-mêmes et n’être qu’eux-mêmes. Vous courez le risque de les rendre insignifiants. Qu’ils se donnent du temps. Sinon, ils seront rapidement idiots et insupportables. Une éducation saine devrait permettre à tous d’être plusieurs. Et si vous refusez d’être vous et seulement vous, un jour, ce ne sera pas de votre vivant, vous aurez peut-être fait votre marque personnelle.

Les bonnes écoles sont celles de la copie obligatoire. On peut nommer trente ou quarante peintres que Picasso a copiés... afin d’en faire autre chose. Et de se trouver partout et à plusieurs endroits avant de ne devenir que ce qu’il est. Van Gogh a pris le même risque et il a gagné. Si vous ne relisez pas une fois par année les « Lettres à Théo » vous n’aimez ni la peinture ni l’art. C’est le livre des livres.

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