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Une dernière chance au Canada ?
N° 290 - juin 2010

Quebecor s’entête à ne pas négocier à TVA
Maude Messier
Le plan d’affaires de PKP : sous-traitance et agence QMI, explique Réjean Beaudet, le président du Syndicat des employé(e)s de TVA (SCFP-section locale 687).

Parce qu’« il y a toujours bien une limite à dialoguer avec un mur », son syndicat s’est temporairement retiré de la table de négociation, « jusqu’à ce que l’employeur [Quebecor] soit prêt à négocier véritablement », déclare le président d’un syndicat de 800 membres.

Après trois mois de négociations qui « n’avancent plus du tout sur le fond », la partie syndicale a préféré les interrompre mardi dernier. Quebecor se montre intransigeant quant à l’implantation de son plan d’affaire, à la diminution des coûts et des effectifs et à l’alimentation des diverses plateformes d’information.

« Pierre Dion [président et chef de la direction du Groupe TVA] nous dit qu’il veut qu’on le suive dans l’implantation du plan d’affaire de Quebecor. Nous, on se demande où est notre place là-dedans ? »

Réjean Beaudet explique que les demandes syndicales s’articulent en trois axes : récupérer le travail à l’interne, diminuer la précarité, qui atteint présentement 45 %, et faire appliquer la juridiction syndicale aux multiples plateformes.

La question de la récupération du travail est cruciale pour le syndicat, considérant que la sous-traitance prend de l’ampleur au sein de l’entreprise. « Les producteurs indépendants, qui ne sont pas assez indépendants pour produire par eux-mêmes, le font dans nos studios, avec notre monde, on croit que c’est juste que la juridiction syndicale s’applique. »

L’attrition des postes lors des départs à la retraite permet une plus grande incursion de la sous-traitance. « On veut récupérer ces postes-là aussi. C’est de l’avenir de nos emplois dont il est question. »

Contrairement aux prétentions de Pierre Karl Péladeau, le syndicat comprend très bien les réalités de ce secteur en constante en évolution technologique.

« Nous, on a rien contre ça, au contraire, on a toujours su nous adapter. Mais on n’acceptera certainement pas que les meilleurs employés soient utilisés comme du cheap labor en sous-traitance à l’intérieur même de TVA ! Nos membres sont solidaires sur ces questions-là », fondamentales quant à l’avenir des employés au sein de l’entreprise, précise le président du syndicat.

Il indique par ailleurs que nombre de clauses de la convention collective n’ont plus leur raison d’être en raison des évolutions technologiques.

« C’est technique, mais le principe est que nous voulons faire une mise à jour de ces clauses et les actualiser. L’employeur nous répond qu’il n’en a que faire de notre juridiction. Tout ce qui l’intéresse, c’est son plan d’affaire, la réduction des coûts et une plus grande flexibilité. »

Au moment où l’entente entre Quebecor et la Presse canadienne prendra fin en juillet prochain, l’agence QMI, créée aux lendemains du début du lock-out au Journal de Montréal, sera fin prête à assumer complètement l’alimentation en contenu des différentes plateformes d’informations de Quebecor.

L’implantation définitive de l’agence menace directement les employés de TVA, déplore Réjean Beaudet. « Si QMI alimente nos plateformes, qu’elle est notre place à TVA ? »

Après une vingtaine de rencontres de négociation et de conciliation, l’employeur n’a toujours aucune réponse à fournir à cette question. « C’est fou, on parle à un mur. L’employeur multiplie les demandes de concessions, mais sur le fond, notre place à TVA, il se refuse toujours à répondre. »

Réjean Beaudet estime que l’attitude de l’employeur est carrément insultante et insolente envers les quelque 800 employés de TVA, véritables artisans du succès télévisuel que l’entreprise connaît aujourd’hui. « Les numéros un, ce sont nos membres. »

Une rencontre d’information a eu lieu mercredi midi pour donner l’heure juste aux membres. « Il y avait beaucoup de monde, les réactions sont bonnes. On a reçu des encouragements. » Réjean Beaudet indique que les syndiqués sont au fait des tactiques de l’employeur et « ne se laisse pas influencer par la désinformation ».

Le syndicat se dit toujours prêt à retourner à la table de négociation: « Le but, c’est de négocier et de régler. Mais on ne le fera pas à rabais, on ne laissera pas aller nos conventions. »

La demande de médiation, passage obligé avant le déclenchement d’un conflit de travail, a été faite par l’employeur. « C’est lui qui nous menace d’un lock-out. Nous ce qu’on veut, c’est un règlement négocié, mais pas à n’importe quel prix. On sera ferme là-dessus. »

« Quant tu ne sais même pas si tu vas encore avoir ta job à TVA dans deux, trois ou quatre ans, ça ne vaut pas le coup de laisser aller tes conditions de travail. C’est sûr qu’on est prêt à l’affronter. »

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