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Michel Chartrand (1916-2010)
N° 289 - mai 2010

Le plus grand des professeurs (Michel Chartrand)
Paul Rose
Ce qui m’a impressionné le plus chez Michel Chartrand, c’est sa grande rigueur intellectuelle et son immense culture.

Une rencontre chez lui à Richelieu, en face des cascades de Chambly, se transformait rapidement, pour tout visiteur, en un plongeon de haute voltige dans les eaux tumultueuses du changement social et politique. Et de la littérature d’ici et d’ailleurs.

Aucun sujet n’échappait à son analyse pointue et critique. Au salon comme à la cuisine ou à la salle à manger d’été, sur toutes les tables traînaient et trônaient grands ouverts de multiples revues d’actualité et de poésie, de journaux (non en grève ni en look out) locaux ou internationaux et de livres récents déjà usés en tous sens.

Mais ses choix de prédilection qu’il dévorait devant le foyer allumé ou éteint, cigare cubain solidement planté au coin de lèvres rarement silencieuses même en mode lecture : Le Monde diplomatique et Le Canard enchaîné.

Deux types de publications dont il déplorait l’absence au Québec. Il était capable d’en citer de mémoire de longs passages, de les monter aux nues comme de les tailler en pièces.

Et, dans un cas comme dans l’autre, d’étayer longuement ses argumentations de faits, de dates tout autant que d’hypothèses, de réflexions théoriques et de…poésie.

Il salait ses interventions de phrases percutantes de poètes chocs, particulièrement du Pablo Neruda de la révolution chilienne, du Gilles Vigneault dont il était si fier d’avoir été le premier à accepter d’imprimer ses textes de jeunesse ou encore d’Anne Hébert qu’il aimait profondément et dont il avait tout lu.

La dernière fois que je l’ai vu, il y a à peine six ou sept semaines, quoique quelque peu diminué par la maladie, il était toujours aussi vif, critique et informé.

Comme j’aurais aimé le voir s’exprimer sur la nomination partisane des juges au Québec, lui qui en a été la victime « privilégiée » à répétition.

Ah ! J’imagine d’ici son passage devant un « Bastarache j’en arrache » !!

Je le dis très haut, jamais je n’ai rencontré plus grand professeur actif de science politique, de sociologie et de littérature.

Merci Michel pour tout ça comme pour tout le reste.

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