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SPQ Libre toujours vivant !
N° 288 - avril 2010
Dix-neuf petites principautés ne font pas une grande ville
L’incurie et la myopie au pouvoir à la mairie
Maude Messier
Les déboires administratifs de la ville sont préoccupants tant pour les travailleurs et les travailleuses que pour les citoyens. Montréal est malade et il est grand temps d’agir », signale Monique Côté, présidente du Syndicat des fonctionnaires municipaux de Montréal (SCFP-429) qui représente les 10 000 Cols blancs de l’île.

Elle insiste sur le fait que les Montréalais sont mal informés de ce qui se trame dans les hautes sphères de l’administration municipale et qu’ils auraient tout intérêt à avoir l’heure juste. « C’est une question de sensibilisation et de conscientisation. Les Montréalais paient de plus en plus cher pour obtenir de moins en moins de services ». Le syndicat entamera au cours des prochains mois une campagne d’information destinée à la population.

Cet avis est partagé par les Cols bleus, toujours sans contrat de travail depuis plus de deux ans. « La disparité dans la dispense des services publics pose un réel problème et ce sont les citoyens qui en font les frais. Que ce soit clair: Montréal est à la merci du secteur privé », tonne Michel Parent, président du Syndicat des Cols bleus regroupés de Montréal (SCFP-301) qui compte 6 500 membres.

De part et d’autre, les dirigeants syndicaux accusent le maire Tremblay de saper les structures administratives pour faciliter l’incursion du secteur privé et de faire de la politique sur le dos des citoyens. « Quand on pense qu’il n’y a pas plus de 15 % de la population de Montréal qui a voté pour Gérald Tremblay, il y a de quoi à s’interroger », souligne Michel Parent.

Dès son arrivée au pouvoir, l’administration Tremblay-Zampino donne le ton. « Ils se sont rapidement afférés au « grand ménage » dans les services municipaux. » Pour Monique Côté et Michel Parent, ils ont implanté le modèle de gestion des anciennes banlieues à la ville de Montréal. « Chaque arrondissement gère à sa façon, chacun de son côté ».

Par stratégie politique, en prévision des référendums sur les défusions, Gérald Tremblay modifie la Charte de la ville de Montréal. Entrée en vigueur le 18 décembre 2003, la nouvelle Charte octroie aux arrondissements considérablement plus de pouvoirs administratifs qu’auparavant, notamment en matière d’embauche, d’affectation du personnel, de congédiement, de sous-traitance, d’attribution des contrats, de traitement des appel d’offres, des achats.

« Ces chamboulements sont la source des problèmes administratifs de Montréal, indique Monique Côté. Peu de gens connaissent ce que ces changements structurels impliquent. C’est pourtant fondamental ». Pour Monique Côté, la nouvelle Charte a radicalement défiguré la ville. « Montréal n’est plus une grande ville, mais bien 19 arrondissements, des petits royaumes gérés en vase clos ».

Amputée d’une grande partie de son corps administratif, la ville centre n’est plus à même d’assumer pleinement ses responsabilités. « C’est sûrement pour ça que Gérald Tremblay nous dit toujours qu’il ne sait rien ! », ironise Michel Parent.

Les neuf arrondissements de l’ancienne ville de Montréal doivent assumer des responsabilités administratives pour lesquelles ils n’ont aucune expérience. « C’est bien ça le nœud du problème, insiste Mme Côté. Avant, Montréal possédait une grande expertise grâce à la force de sa fonction publique. Cette expertise-là a été diluée dans les arrondissements plutôt que centralisée et mise au profit des contribuables. »

Michel Parent ne s’étonne pas de voir le privé s’incruster de plus en plus. « Montréal est plus décentralisée qu’avant les fusions et on se retrouve avec des problématiques de gestion inévitables. Les arrondissements optent pour la facilité et se tournent vers le privé, mais ça ne règle pas les problèmes. »

Neutralisée par une structure éclatée qui mine les pouvoirs de la ville, l’affaiblit et met en péril l’expertise acquise au fil des ans, Montréal s’expose dangereusement aux irrégularités administratives.

Pour les deux dirigeants syndicaux, il est évident que l’administration de Montréal dans sa forme actuelle favorise le recours à l’entreprise privée, « sans aucune démonstration convaincante de la prétendue efficacité du secteur privé. » Ils ajoutent que « dans bien des cas, on constate plutôt que la privatisation à outrance cause plus de torts que de bien, à des coûts plus élevés, alors que les Cols blancs ou les Cols bleus sont à même d’effectuer le travail, ce qui permettrait de maintenir l’expertise dans le réseau public et de contrôler les coûts. »

Une gestion aussi décentralisée menace l’autonomie de l’administration publique. Sans l’expertise de son personnel qualifié, la ville ne peut plus évaluer ses propres besoins, les équipements nécessaires à la réalisation d’un projet et les coûts afférents. « Le privé devient roi et maître et il n’y a plus personne pour le surveiller, s’inquiète le président des Cols bleus. C’est précisément ce qui se passe à la ville et les conséquences sont potentiellement désastreuses pour les citoyens: collusion, détournement des règles administratives, flambée des coûts, conflits d’intérêt. »

Pour assurer neutralité et indépendance dans la répartition des services publics ainsi qu’une meilleure cohésion des processus décisionnels pour une saine gouvernance, Monique Côté juge que « la seule façon de rétablir une fonction publique forte et efficace à Montréal est de modifier la Charte de la ville. »

Un service central, le Service du personnel, assumait auparavant la responsabilité de l’embauche des fonctionnaires pour toute la ville: une seule gestion, un seul examen et des critères uniformisés. « Pas besoin de cinquante cadres pour gérer ça ! », signale la présidente des Cols blancs.

La décentralisation de la gestion crée des situations conflictuelles aberrantes. Puisque chaque arrondissement détient les pleins pouvoirs sur l’embauche de son personnel, une secrétaire n’est donc pas engagée sur la base des mêmes critères et n’est pas soumise aux mêmes examens, selon qu’elle postule dans un arrondissement ou dans un autre.

Monique Côté ajoute que ce mode de gestion soulève des problèmes d’équité. « Ça ouvre la voie au patronage en plus de limiter les perspectives de carrière. Imaginez, nous représentons les 8 000 Cols blancs de la ville de Montréal répartis en 1 500 titres d’emplois dans les 19 arrondissements de la ville et les 7 services centraux. Chacun fait comme il l’entend, c’est ingérable ! »

En modifiant la Charte de la ville, l’administration Tremblay sabrait du même coup dans les pouvoirs de la Commission de la fonction publique, ne lui laissant qu’un pouvoir de recommandation. « Une véritable Commission de la fonction publique, munie de pouvoirs exécutoires, nous donnerait les moyens d’assurer l’équité à l’ensemble des travailleurs et des travailleuses de la ville et de lutter contre le patronage. »

Après une dizaine d’année du régime Tremblay, les aberrations et les non-sens découlant de cette administration sont nombreux.

Relativement à l’attribution des permis et de l’inspection en bâtiments, Montréal disposait auparavant d’un service central, soit une équipe constituée d’une cinquantaine d’inspecteurs, tous spécialisés dans leur champ de compétence: salubrité, électricité, plomberie, bruit, etc.

Avec les modifications apportées à la Charte et la délégation des pouvoirs aux arrondissements, les 50 inspecteurs ont été répartis dans les 19 arrondissements. « Chaque arrondissement tient mordicus à son petit pouvoir: pas question de mettre en commun les expertises. Les connaissances isolées, ça ne donne rien ! », s’insurge Monique Côté.

Les arrondissements n’ayant plus l’expertise spécialisée requise, ils se tournent vers les entreprises privées. « La ville détenait pourtant cette expertise-là depuis longtemps. Ce n’est pas vrai qu’il en coûte moins cher si chaque arrondissement octroie des contrats à des entreprises privées plutôt que de gérer un service central. »

L’automne dernier, les médias ont fait leurs manchettes avec des cas de logements insalubres dans l’arrondissement Côte-des-Neiges. Pour la présidente des Cols blancs, c’est un bel exemple de l’inefficacité de la décentralisation et de la privatisation de l’expertise.

La médiatisation du dossier a forcé l’intervention de la ville centre dans le souci de protéger son image publique : « Le maire Tremblay a réagi en créant une escouade centrale pour pallier les urgences. Mais l’inspection ne relève plus de la ville, c’est ça le problème ! Il a recréé une petite unité de spécialistes après avoir volontairement démantelé l’expertise de la ville. On tourne en rond ! »

Antérieurement, un service central regroupait l’ensemble des approvisionnements de la ville de façon à réaliser des économies d’échelle sur les achats de véhicules, d’uniformes, de livres pour l’ensemble des bibliothèques, de papeterie et de mobiliers, entre autres.

« Les approvisionnements de la ville représentent des sommes importantes. Aussi incroyable que ça puisse paraître, les arrondissements sont désormais entièrement autonomes pour ces achats, indique Mme Côté. Des sommes colossales se perdent ainsi, sommes qui pourraient être récupérées et investies au bénéfice des citoyens et non pas seulement au profit des entreprises. »

Soulignant que la fonction publique doit reprendre sa place à la ville de Montréal, elle cite en exemple le dossier des compteurs d’eau. Les Cols blancs ont élaboré un projet visant à développer cette expertise à l’intérieur de la fonction publique, « ce qui permettait un meilleur contrôle des coûts. »

« Ce que la population ne sait pas, c’est que nous avions signé trois ententes avec la ville relativement aux compteurs d’eau et aux infrastructures qui y sont reliées, mais elle ne les a jamais honorées. » Le syndicat a appris par les médias que Montréal avait octroyé le contrat à Géniau.

Chiffres à l’appui, Michel Parent s’indigne du fait que les budgets alloués aux services publics aient fondu comme neige au soleil sous l’administration Tremblay. « Alors même que la ville passait de neuf à dix-neuf arrondissements en 2006, les effectifs des Cols bleus diminuaient de 20% ! »

« Les 100 000 Cols bleus payés trop cher à ne rien faire, c’est vraiment un mythe ! », ironise Michel Parent. À titre de comparaison, en 1973, pour le territoire de l’ancienne ville de Montréal, on comptait 13 000 Cols bleus pour servir la population. Aujourd’hui, le territoire à desservir est considérablement plus étendu et il ne reste que 4 500 Cols bleus.

L’écart entre les effectifs disponibles et les tâches à assumer est démesuré. Pour le président des Cols bleus, il ne fait aucun doute que la diminution des effectifs est directement proportionnelle à l’augmentation de la part du secteur privé. « La portion des travaux allouée au privé est alarmante. Sachant qu’un même service coûte jusqu’à 30 % plus cher au privé, pour une qualité bien souvent moindre, on se dit que l’intérêt des citoyens n’est certainement pas au cœur des préoccupations de nos élus. »

Pour maintenir une supposée « saine concurrence », l’administration Tremblay favorise une participation du secteur privé dans les services et les travaux publics. Pour Michel Parent, il est clair et évident que Gérald Tremblay liquide lentement mais sûrement le cœur de Montréal au privé. « Il a mis en place tout un système administratif favorisant la privatisation et la sous-traitance qui sape la fonction publique. Il administre pour faire plaisir à ses amis. L’administration de Montréal, c’est rien d’autre que de la politique. »

Devinez à qui ça va coûter plus cher pour aller à l’aréna ?

Permanent syndical au 301, Christian Ramsay travaille depuis 24 ans dans le secteur des sports et des loisirs comme Col bleu. Il soutient que le privé y a fait des percées importantes au cours des dix dernières années.

Dans les banlieues de Montréal, les arénas, les centres sportifs et les centres de loisirs sont souvent gérés par une entreprise privée ou encore un organisme sans but lucratif (OSBL). Il soutient que la tendance s’étend à Montréal. « La ville cherche à se départir de la gestion et de l’entretien de ces établissements ».

Certains cas ont été relevés où des OSBL recevaient des subventions de la ville de Montréal pour administrer les établissements. « Ce qu’on voit de plus en plus à Montréal, ce sont des partenariats public-privé. Le jour, la semaine, ce sont les Cols bleus qui assurent l’entretien, la conciergerie. La fin de semaine, c’est le privé. Quand il s’agit d’un nouvel établissement, la ville cède le tout au privé, comme dans les banlieues. »

Dans les arénas par exemple, casse-croûte, opérateurs de « zamboni », concierges, système de réfrigération et approvisionnement sont autant de responsabilités assumées traditionnellement par les Cols bleus. « Les travailleurs ne sont pas innocents, ils voient bien ces tâches disparaître aux mains du privé. »

Outre les emplois en jeu, c’est de la privatisation des services municipaux liés aux sports et aux loisirs dont il est question. « Pour ces entreprises, le but, c’est le profit, pas les services de qualité offerts aux citoyens à meilleur coût. Devinez à qui ça va coûter plus cher demain pour aller à l’aréna ou se baigner ? Les citoyens n’ont pas les services auxquels ils ont droit. »

Le privé bâcle le travail, les cols bleus prennent le blâme

Le déneigement est assurément un sujet sensible pour les Montréalais. Avec la nouvelle Charte de Montréal, le déneigement relève aussi des arrondissements. Gérald Tremblay, maire de Montréal, est aussi maire de l’arrondissement Ville-Marie, véritable centre névralgique de la métropole.

« 67 % du déneigement des rues de l’arrondissement Ville-Marie sont relégués au secteur privé. Grosso modo, tout ce qui est à l’est de la rue Université jusqu’à Iberville, c’est fait par le privé », explique Ronald Babin, permanent au 301 et Col bleu aux travaux publics depuis 1995.

Depuis 2004, le territoire de l’arrondissement Ville-Marie s’est étendu, mais les effectifs des Cols bleus sont passés de 200 à 140. M. Babin s’indigne aussi du fait que la population soit volontairement maintenue dans l’ignorance par la ville. « Quand la job est mal faite au centre-ville, ça passe sur le dos des Cols bleus, même si c’est le privé qui a bâclé le travail. C’est frustrant, surtout que les gars du privé ont des dossards et des camions aux couleurs de la ville. »

Il ajoute ne pas avoir peur des comparaisons. « On est fier du travail qu’on accomplit et on le fait bien. Mais il faut que la population soit informée que ce ne sont pas les Cols bleus qui font tout le déneigement à Montréal. »

Les grands gagnants de la privatisation et de la sous-traitance pour les travaux de déneigement se trouvent dans les arrondissements Outremont (100 %) et Saint-Léonard (76 %). Les arrondissements constitutifs de l’ancienne ville de Montréal ne font pas exception et accordent dans une proportion moyenne de 54 % les travaux de déblaiement au privé. Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce et Ville-Marie concèdent des volumes plus élevés, où respectivement 70 % et 67 % de la tâche est effectuée par le privé.

Ronald Babin souligne qu’outre le déneigement, la situation quant à l’incursion du privé prévaut pour l’ensemble des travaux publics. « L’année dernière dans Ville-Marie, les travaux de bétonnage et d’asphaltage ont été réalisés à 100 % par le privé. Personne ne sait ça ! »

En d’autres termes, au cœur de Montréal, l’expertise et les coûts relatifs aux travaux publics sont désormais majoritairement remis entre les mains des entreprises privées. Pour Michel Parent, la ville nourrit un cercle vicieux dangereux. En refusant d’améliorer les conditions de travail des Cols bleus et en laissant traîner les négociations, l’administration Tremblay restreint volontairement le bassin de main-d’œuvre, ce qui justifie le recours accru au secteur privé.

« Les Cols bleus ont le dos pas mal large. Quand le maire Tremblay est dans l’embarras ou qu’il se sent piégé, il parle des Cols bleus pour faire diversion. C’est un manque de respect inqualifiable pour nos travailleurs qui, contrairement à d’autres, font bien leur travail sans s’en mettre plein les poches .»

La démocratie clef en main est une pratique dangereuse

Les deux syndicats ne sont pas les seuls à croire qu’un rapatriement de certains pouvoirs à la ville centre favoriserait la cohésion et le développement de Montréal. C’est aussi l’avis de Réal Ménard, maire de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, qui affirme que « certains aspects de l’administration municipale pourraient être centralisés dans la planification tout en demeurant décentralisés dans la réalisation », notamment en ce qui concerne la voirie, le déneigement, la propreté, la gestion des matières résiduelles, la gestion de l’eau et le développement de l’urbanisme.

Réal Ménard s’inquiète particulièrement de l’incapacité de Montréal à définir ses orientations et à planifier ses grands projets elle-même et de la tendance à la concentration dans l’octroi des contrats à des firmes de professionnels.

Dans un document obtenu par l’aut’journal, on apprend qu’entre 2005 et 2009, Montréal a octroyé 159 contrats de services professionnels à des firmes d’architectes, d’experts-conseils en ingénierie et en urbanisme pour un total de 175 232 000 $. Dix firmes ont obtenu à elles seules 117 des 159 contrats, soit 73,5 % de la part du gâteau.

« Ça c’est grave : les grands travaux de planification sont réalisés par des gens qui y ont des intérêts financiers. Ils présentent des projets clef en main dont ils assurent à la fois la planification, l’exécution et la surveillance. C’est extrêmement dangereux pour la démocratie, souligne le maire de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Il ajoute que les missions stratégiques d’une ville doivent demeurer sous sa responsabilité et non être reléguées au privé. »

À son avis, il est impensable qu’une ville telle que Montréal n’ait pas l’expertise requise pour la planification de ses projets ou, pire encore, pour évaluer elle-même ses besoins. Pourtant, si l’on en croit la nature des travaux réalisés par les firmes de services professionnels, ça semble être de plus en plus le cas.

Par exemple, SNC-Lavalin Profac inc. a obtenu un contrat s’élevant à 466 504 $ pour réaliser l’inventaire qualitatif du parc immobilier de la ville de Montréal. Idem pour la restauration de la croix du Mont-Royal, l’aménagement de nombreux parcs et aires récréatives, la planification et la gestion de projets pour la réfection de bâtiments municipaux.

Les propos de M. Ménard trouvent d’ailleurs écho à Vision Montréal dont la chef, Louise Harel, déclarait l’automne dernier, à l’occasion de la campagne électorale: « L’administration sortante [Tremblay] a délibérément éparpillé les responsabilités, les services et le personnel, ce qui a eu pour résultat d’engendrer un gaspillage considérable de fonds publics, de diminuer dramatiquement l’expertise au niveau de la ville centrale, et d’empêcher la constitution d’équipes de pointe pour planifier, encadrer, coordonner et réaliser les projets structurants et la livraison des services. »

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