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SPQ Libre toujours vivant !
N° 288 - avril 2010
Le billet
Conte de fées bilingues
Gilles Derome
Les séparatistes sont divisés, séparés en deux partis. Ceux qui ont peur de quitter La Reine-Mère et ceux qui le souhaitent. Ceux qui croient qu’il faut d’abord se donner toutes les sécurités d’un peuple adulte et séparé depuis des siècles et des siècles. Et ceux qui pensent que de gagner sa liberté, sa maturité, sa confiance, son moi et son soi vaut tous les aplatissements peureux.

Et je ne désigne pas ici ceux qui souhaitent que le Québec soit économiquement séparé avant qu’il ne pense à se séparer. Ne soyons pas ridicules. Les pays qui se sont séparés des abuseurs – et pour n’en nommer que trois, l’Angleterre, la France et la Russie – n’ont pas attendu d’être souverains pour le proclamer. Ni les États-Unis, ni l’Algérie, ni la Finlande n’avaient toutes les garanties lorsqu’ils ont signifié aux esclavagistes de se retirer de leur territoire.

Pourquoi n’agirions-nous pas nous avec la même intelligence ? Relisez un grand livre de La Petite Bibliothèque Payot : « Histoire des États-Unis » de Schoell. Ce livre n’a pas vieilli. Nos timides seront confirmés. Il y a un risque à dire adieu à une mère poule qui joue de la cornemuse. Cette mère poule cache une marâtre. Habitués que nous sommes d’être bernés jusqu’à l’os, vaudrait-il mieux attendre le cadeau qui ne viendra jamais ? C’est la solution des lâches.

Lorsque nous serons indépendants, nous ferons l’indépendance. Raisonnement sophistique par excellence, raisonnement idiot qui n’en est pas un. Raisonnement irraisonné. « Notre culture ressuscite tout ce qui renforce notre irrationalisme » de nous rappeler Malraux. Je crois qu’il parle de la nôtre.

La suite est que l’illusion de vivre heureux et de deuxième classe dans le « plus plus grand » Canada fantomatique du monde est un conte de fées. Et nos naïfs flattés par presque rien, des médailles, du sucre d’orge, une mention dans un manuel scolaire, sont prêts à tout sacrifier, parce qu’ils ont la chienne de dire non à la fatalité « bi-linguistique ». Le Canada possède deux langues officielles de dire Le Nouveau Petit Robert. Et il ment. Le Canada est un pays à une seule langue dominante.

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