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Le français pour tout le monde
N° 285 - décembre 2009

L’Art en action terroriste socialement acceptable
Ginette Leroux
Le documentaire L’art en action est réalisé par Magnus Isacsson, cinéaste indépendant et Simon Bujold, son directeur photo et réalisateur associé. Ils ont saisi sur le vif des images aussi fascinantes qu’impressionnantes de deux artistes engagés et complices au cœur même de leur quotidien comme créateurs et comme citoyens.

Le documentaire relate avec un soin minutieux les dix ans d’un travail colossal entrepris par Annie Roy et Pierre Allard, les fondateurs de l’ATSA, l’Action Terroriste Socialement Acceptable.

Leur mission : exposer les contradictions de la société de consommation et les souffrances et autres maux qu’elles engendre par le biais d’interventions sur la place publique.

Depuis 1997, annuellement, installations et « happenings » se succèdent grâce à une foule de bénévoles et de partenaires associés et d’artistes connus pour leur engagement social et politique tels qu’Armand Vaillancourt et son Mur de la honte et Urbain Desbois et sa chanson La Maladie du mal-aimé.

Le documentaire relate le parcours de l’ATSA depuis son premier cri d’indignation en décembre 1997. Cette année-là, une Banque-à-bas répondait au besoin d’une aide concrète aux plus démunis. Installée devant le Musée d’art contemporain, une sculpture, réalisée à partir de poêles de cuisine soudés, ressemblait à un guichet automatique pour distribuer des vêtements chauds aux sans-abri.

L’idée de cette action partait d’une réalité humaine – dans l’Est de la ville, en plein hiver, un enfant marchait sans bas dans ses souliers – mais elle voulait aussi mettre en parallèle ce besoin humanitaire face aux profits affichés par les banques au cours de la même année. 

Une autre installation intitulée Frag sur la Main, en 2005 cette fois, compte 32 panneaux historiques qui retracent le rôle important joué par le boulevard Saint-Laurent. D’ailleurs, ces photos d’archives ornent toujours les murs des bâtisses de cette rue.

Le tour de force accompli par Isacsson et Bujold est d’avoir montré à quel point la vie publique des deux créateurs Annie Roy et Pierre Allard est intimement liée à leur vie privée.

Le portrait est flatteur, éloquent, touchant. Annie, la tête pensante du couple, une fille fidèle, droite, organisée, efficace. Terriblement émue par la détresse humaine, ses yeux se remplissent de larmes. Pierre, la tête agissante, un gars sensible, indépendant, aimant, qui fonce droit devant. Une équipe parfaite.

L’art en action, soixante-huit minutes intenses, parfois dures, souvent festives, à ne pas manquer.

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