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La grande peur h1n1
N° 283 - octobre 2009
Questions nationales replace le Québec dans un contexte international
L’effet miroir de l’Écosse et de la Catalogne fonctionne
Pierre Dubuc
Est-ce une question de « timing » ? D’alignement des astres ? Toujours est-il que, malgré des conditions de production ridicules, un budget de distribution et de publicité inexistant, le film Questions nationales a été un des coups de cœur du dernier Festival des films du monde de Montréal.

Rencontrés dans les locaux de l’aut’journal, Jean-Pierre Roy et Roger Boire, les réalisateurs de ce film qui compare la situation politique du Québec, de l’Écosse et de la Catalogne, flottaient encore sur un nuage.

« Hier, raconte Roger Boire, il y avait 114 personnes dans la petite salle de l’ONF et la plupart sont restés pendant près d’une heure et demie à discuter après la projection. C’est pareil à tous les soirs. Des profs du secondaire viennent nous dire qu’ils veulent absolument le présenter à leurs élèves. »

« Il y a un buzz, enchaîne Jean-Pierre Roy. Lors d’un cocktail, la ministre Christine Saint-Pierre est venue s’excuser de ne pas l’avoir encore vue, alors que la première projection avait eu lieu la veille ! Le président de l’Assemblée nationale, Yvon Vallières, voulait absolument le voir avant de partir pour la Catalogne. »

Pourtant, quelques semaines auparavant, les deux compères constataient que personne dans le milieu cinématographique ne semblait intéressé par leur film. « Nous avons décidé de l’inscrire au Festival des films, raconte Jean-Pierre. À la conférence de presse, on a à peine mentionné son existence, mais on a ajouté que Bernard Landry allait assister à la projection. Là, les journalistes ont levé la tête. Puis, ils en ont fait mention dans leurs reportages. Tout s’est alors enclenché : articles dans les journaux, entrevues à la radio. »

L’idée de ce film remonte au début des années 1970. Roger Boire étudie alors le cinéma à Londres et se lie d’amitié avec des Écossais. « Je trouvais qu’il y avait des similitudes identitaires avec le Québec, explique-t-il, et le Scottish National Party commençait à faire parler de lui. Il y a eu un premier référendum sur la dévolution des pouvoirs, mais sans signification à cause d’un taux de participation trop bas. Puis, le mouvement a pratiquement disparu pendant les années Thatcher. »

En 2000, il relance le projet en invitant Jean-Pierre Roy à s’y associer. Les deux ont une expérience cinématographique. Roger comme scénariste, caméraman, monteur, réalisateur et producteur. Jean-Pierre, principalement comme réalisateur à la télévision.

Malgré leurs efforts, le financement n’est pas au rendez-vous. Mais l’utilisation des nouvelles technologies cinématographiques leur permet d’aller de l’avant. À la fin de 2006, ils profitent des élections en Écosse et au Québec pour tourner. Ils ajoutent au programme la Catalogne.

« Nous voulions des situations comparables à celle du Québec. Nous n’avons pas retenu la comparaison avec la Corse et les Pays Basques qui ont des expériences de violence qui ne sont pas les nôtres. Ni avec la Belgique, où Flamands et Wallons sont à égalité. Nous recherchions des situations de minorité face à une majorité. »

Ils ont présenté une première version de leur film à un public ami composé d’une cinquantaine de personnes. « Tout le monde a aimé cela. Mais une semaine plus tard, nous nous sommes dit que ça ne marchait pas. Nous réécoutons toutes les entrevues. On accroche sur Landry qui déclare : ‘‘ Le Canada, c’était nous ’’. On réalise que nous avions négligé de présenter la trame historique de la situation québécoise. Nous l’avions pris pour acquise. C’était une erreur », d’expliquer Jean-Pierre.

Une des grandes qualités du film est de resituer la question nationale dans un contexte international, une donnée essentielle pour comprendre les enjeux et les défis de petites nations comme l’Écosse, la Catalogne et le Québec. Et l’effet miroir fonctionne à merveille.

De plus, le film désarçonne souvent avec des répliques inhabituelles, non stéréotypées, de personnalités connues. « Il aurait été plus facile d’être pamphlétaire, nous confie Roger Boire. Mais on a choisi de laisser les gens réfléchir sans proposer de solutions ».

Et c’est à cette réflexion que l’aut’journal convie ses lectrices et ses lecteurs en organisant une projection du film, le lundi 26 octobre, à 19 heures au cinéma Beaubien, suivie d’un débat avec le député Amir Khadir et le président du Parti Québécois, Jonathan Valois.

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