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La grande peur h1n1
N° 283 - octobre 2009

Campagne de syndicalisation du personnel étudiant
Maude Messier
Préoccupée par les conditions de travail des étudiants, l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) mène depuis quelques années une campagne massive de syndicalisation des travailleurs étudiants universitaires auprès des auxiliaires de recherche et d’enseignement, notamment.

À ce jour, l’AFPC représente 15 000 travailleurs universitaires dans 8 universités du Québec, ce qui en fait l’association la plus représentative de cette catégorie de travailleurs et de travailleuses.

La campagne « Défendre les droits du personnel étudiant ! » est un projet pancanadien qui concerne les travailleurs étudiants de la fonction publique fédérale engagés via des programmes d’employabilité de l’État.

En vertu de la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique, ces quelque 10 000 étudiants embauchés chaque année n’ont pas le droit d’association (environ 1 500 pour le Québec). « C’est fondamentalement injuste que ces travailleurs ne puisent pas recourir au droit d’association, pourtant prévu par la Charte canadienne des droits et libertés. Ils travaillent pendant plusieurs mois, parfois même l’année durant, dans un milieu pourtant complètement syndiqué, où ils sont traités comme une classe à part. Pour n’importe quel type de problème lié au travail, ils n’ont pas droit à la même représentation que tous les autres employés… et ça les dérange ! », explique Joanie Messier, étudiante organisatrice pour l’AFPC-Québec.

L’AFPC a déposé en février 2009 une requête auprès de la Cour supérieure de l’Ontario pour faire amender la loi qui constitue, à juste titre, une négation des droits fondamentaux de ces travailleurs.

À ce jour, aucune date d’audience n’a encore été accordée. Des dizaines d’étudiants ont donc été engagés dans chaque province par l’AFPC afin d’investir les milieux de travail de ces jeunes et de les rencontrer. « Être visibles et sensibiliser, c’était ça notre objectif », insiste l’organisation étudiante.

D’abord, une pétition nationale du grand public en faveur de la défense du personnel étudiant, signée par Gilles Duceppe notamment, sera déposée sous peu à la Cour en guise de preuve d’appuis.

Puis, les organisateurs de la campagne ont véritablement sillonné les routes afin de rencontrer ces travailleurs et de leur présenter le projet. « Partout, nous avons reçu un accueil favorable. En fait, ils constatent que leur situation est inhabituelle, mais ils n’ont pas de ressources pour les informer dans leur milieu de travail. Ils sont heureux de voir que d’autres jeunes s’en préoccupent et qu’on bouge dans ce dossier. En les rencontrant sur le terrain, c’est plus facile de discuter avec eux. Le problème, c’est de les trouver, justement ! »

Parce que en vertu de la Loi d’accès à l’information, les organisateurs de l’AFPC ne savent presque rien sur ces jeunes, mis à part leur nombre au Québec et au Canada. Ils n’ont accès à aucune liste, ce qui constitue une complication considérable en matière de mobilisation syndicale. Malgré tout, ils auront amassé un nombre important de cartes symboliques, avec la signature des travailleurs concernés en guise d’appui.

Finalement, des affidavits seront aussi déposés à la Cour supérieure de l’Ontario à titre de témoignages officiels de la réalité de l’existence de ces travailleurs.

La campagne va bon train et devrait se conclure au cours des prochaines semaines. Des milliers de travailleurs partout au Canada ont souligné leur appui à l’initiative de l’AFPC : « Cette discrimination n’a pas sa place au Canada, encore moins pour les employés de l’État ! C’est une question de justice et d’équité. »

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