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Ignatieff et le québec
N° 282 - septembre 2009
La gauche « efficace » porte à droite
La grande braderie des partis
Léo-Paul Lauzon
Mes amis, le PQ, le PLQ et l’ADQ, c’est pas mal du pareil au même. Trois partis logés à l’enseigne de la grosse droite. Je sais, je sais, certains vont tiquer en me disant béatement que le PQ est social-démocrate. Que je hais ce terme « social-démocrate » fait sur mesure pour les hypocrites de droite qui veulent faussement se présenter au monde comme des gens de gauche. Qu’on se le dise; le PQ est aussi à droite, sinon plus dans certains domaines, que le PLQ et l’ADQ.

Disons que les trois partis sont, sans exception, pour la privatisation et la tarification de services publics comme la santé, les autoroutes, l’éolien, les barrages hydro-électriques et l’éducation, toutes des « vaches sacrées » qui donnent « l’illusion de la gratuité » qu’a seriné François Legault, ex-ténor du PQ. Et les trois partis sont pour les baisses d’impôts aux compagnies et aux nantis, et, en chœur, font l’éloge de la richesse des riches.

Contrairement à l’Ontario et aux States qui ne versent rien aux écoles privées, les trois partis sont favorables aux très généreuses subventions publiques de 400 millions$ par année accordées par le gouvernement du Québec aux écoles privées, en plus des millions distribués « généreusement » par Hydro-Québec, Loto-Québec, SAQ et d’autres sociétés d’État aux institutions d’enseignement privées fréquentées par les rejetons du gratin économique et politique.

Même que l’ADQ était, au nom de la « liberté individuelle » de choisir, pour les bons d’éducation qui avaient été rejetés aux États-Unis par le très à droite George W. Bush qui les jugeait trop à droite. Ça veut tout dire de la véritable essence de l’Action démocratique du Québec.

Le PQ, entre autres, Bernard Landry et Jacques Parizeau, tout comme l’ADQ, sont ouvertement favorables à la privatisation d’Hydro-Québec en la cédant à des opportunistes et inévitablement à des transnationales américaines ou européennes. Même que le PQ voulait à tout prix privatiser la SAQ, ce que le PLQ s’est toujours refusé à faire. Bernard Landry était aussi favorable à une monnaie commune du Québec avec les États-Unis, soit l’utilisation du dollar américain, et Lucien « Lulu » Bouchard voulait « adapter » le modèle québécois au merveilleux modèle social américain.

Et le Journal de Montréal du 23 août 2002 titrait « Bouchard conseille Dumont » tandis que l’ancien ministre péquiste et membre fondateur du Parti Jean Garon apportait son appui à l’ADQ lors du conseil général de ce parti politique que rapportait La Presse du 30 septembre 2007.

Quoi d’autre ? Le PQ a initié et applaudi la vente, à des intérêts étrangers, de joyaux collectifs québécois comme Provigo, Biochem Pharma, Domtar, Cambior, etc. et a été partie prenante du démantèlement de sociétés d’État comme Soquip, Soquem, Soquia et Dofor, des instruments stratégiques nécessaires et primordiaux pour l’émancipation et la souveraineté économique du Québec. Ils ont approuvé la vente de la Bourse de Montréal à la Bourse de Toronto.

Même que le suave Jacques Parizeau avait dit que la vente de Provigo à Loblaws, y’a absolument rien là. Les investisseurs québécois n’auront à l’avenir qu’à acheter des actions de Loblaws et de sa compagnie-mère George Weston qu’il avait dit. Brillante analyse économique venant d’un pseudo-nationaliste invétéré et supposé grand économiste devant l’éternel. Tant qu’à y être, pour Alcan, y’a vraiment pas de problème.

Vous n’avez qu’à vous procurer des actions de Rio Tinto de Londres, la nouvelle compagnie-mère d’Alcan, transaction que le PQ a entériné. Vous n’aurez qu’à faire de même pour Hydro-Québec privatisée en acquérant des actions de la transnationale américaine ou française.

Au cours des dernières années, le PQ a eu comme conseillers économiques deux anciens de l’Institut économique de Montréal, un organisme d’extrême droite, soit Daniel Audet, maintenant vice-président au Conseil du patronat, et le seul et unique Maxime Bernier, du Parti conservateur. Un peu plus et il retenait les services de Julie Couillard, l’ex de Maxime.

Puis, avec le PLQ, ils ont tout fait pour attirer, comme candidate, l’économiste Dominique Vachon, ex vice-présidente à la Banque Nationale et maintenant à l’Institut économique de Montréal, « promotion » rapportée dans le Journal de Montréal du 18 juin 2008.

Il y a aussi Jean-François Lizée, conseiller de toujours au PQ qui se prétend de la « gauche efficace » avec ses idées résolument à droite. Y’a ben juste lui qui se voit à gauche. Avec des gauchistes comme ça, tout le monde est à gauche au pays, même les conservateurs.

Vraiment, vous croyez le PQ à gauche avec des gens comme Lucien Bouchard, Jacques Brassard, Guy Chevrette, Joseph Facal, Bernard Landry, Jean Garon, André Boisclair, Michel Clair, Jacques Léonard, Pierre-Marc Johnson et la châtelaine Pauline Marois qui vient de mettre en vente sa chaumière pour la modique somme de 8 millions $. Croyez-moi, on l’a échappé belle.

Avoir fait la souveraineté avec ces idéologues de droite, le Québec serait devenu une colonie américaine comme l’est Porto-Rico. Entre être rattaché aux States ou au Canada, je préfère le Canada, mais un Canada souverain, pas une filiale américaine comme il l’est actuellement et un Canada socialiste, certes pas dirigé par des ultra-conservateurs.

Au mois d’octobre 2008, le Journal de Montréal titrait : « Le PQ veut recruter des députés de Mario Dumont » et La Presse : « Marois prête à accueillir des transfuges adéquistes ». Compte tenu de la nature intrinsèque de l’ADQ, tout parti politique qui veut intégrer leurs députés, lui ressemble.

Même que, durant la dernière campagne électorale au Québec en 2008, le Journal de Montréal du 4 décembre titrait : « Alliance entre le PQ et l’ADQ? Pauline Marois n’exclut pas l’idée advenant l’élection d’un gouvernement libéral minoritaire ». Et La Presse du 30 avril 2009 nous apprenait en exclusivité que : « L’ADQ a proposé une coalition au PQ en 2008 ». Franchement !

C’est comme si au fédéral, le NPD s’alliait au Parti conservateur. Le PLQ n’est définitivement pas mieux, comme le titrait le Journal de Montréal du 24 octobre 2008 : « Charest fier de son coup. Deux députés adéquistes abandonnent Dumont pour rallier l’équipe libérale ».

Dur coup pour les péquistes qui se sont fait couper l’herbe sous le pied par les libéraux. Meilleure chance la prochaine fois ! Voyez-vous Québec Solidaire, la seule véritable alternative progressiste au Québec, lorgner des candidats élus ou défaits de l’ADQ ? Moi, non…

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