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Le grand bâtisseur au volant
N° 281 - juillet 2009
L’équipe Obama refuse de franchir une ligne de piquetage
Que la Conférence des maires se le tienne pour dit !
Paul Martineau
Quels ministres à Québec ou Ottawa accepteraient de boycotter un sommet de la plus haute importance qui se tiendrait à Montréal, par exemple, pour éviter d’avoir à traverser une ligne de piquetage symbolique érigée par des syndiqués en conflit avec le maire Tremblay ?

Aux États-Unis, la question est maintenant réglée. Les plus hauts dirigeants de l’administration Obama n’ont pas à prendre position sur tous les conflits de travail, mais ils ont ordre de ne traverser aucune ligne de piquetage, par respect pour les travailleurs et le mouvement syndical.

Le vice-président Joseph R. Biden et plusieurs autres hauts gradés de l’administration ont en effet causé un véritable scandale dans le monde municipal en juin, lorsqu’ils ont annulé leur présence à la Conférence annuelle des maires, parce que le syndicat des pompiers locaux allait ériger une ligne de piquetage devant l’endroit où avait lieu l’événement.

« Même si cette administration ne prend pas position sur les circonstances du conflit en tant que tel, nous avons toujours respecté les lignes de piquetage, et les responsables de l’administration ne traverseront pas celle-ci », a expliqué l’attaché de presse de Barack Obama, Robert Gibbs, dans une déclaration publique.

L’annulation de la présence de l’équipe Obama à la Conférence des maires a été reçue comme un immense affront par les organisateurs et plus particulièrement par le maire David Ciccilline, qui avait travaillé d’arrache-pied pour que le sommet se tienne dans sa ville, Providence, au Rhode Island.

Il s’agit en effet d’une rencontre d’envergure et c’est la première fois que les représentants de la Maison Blanche n’y seront pas. L’événement rassemble environs 1200 personnes venues de partout aux États-Unis, dont 180 maires de petites et grandes villes, venus échanger avec des experts gouvernementaux, des politiciens et des dirigeants d’entreprises.

« Nous sommes absolument frustrés que la Maison Blanche ait décidé de boycotter notre rencontre à la demande d’un syndicat », a déclaré un des organisateurs du Sommet, alors que le maire accusait les syndiqués de prendre l’événement en otage.

C’est l’Association internationale des pompiers, qui regroupe les syndicats locaux de partout aux États-Unis, qui a convaincu l’administration Obama de ne pas se présenter à l’événement pour respecter la ligne de piquetage.

Le président du syndicat des pompiers de Providence, Paul Doughty, avait annoncé il y a plus d’un an que ses membres utiliseraient l’événement pour publiciser leur conflit avec la ville. Les pompiers sont sans contrat de travail depuis plusieurs années et le maire a juré publiquement de leur tenir tête pour éviter une augmentation des coûts du service.

« Nous profitons de cette occasion parce que c’est une chance d’avoir l’attention de tout le pays pour dire Hé, ce gars-là ne nous donne pas une chance équitable », a déclaré M. Doughty à l’Associated Press.

Outre le vice-président Biden, d’autres responsables ont annulé leur présence à la conférence, dont une conseillère présidentielle, la directrice de l’Agence de protection de l’environnement, le Secrétaire au logement, le Secrétaire au Commerce, le Secrétaire du Travail et l’Attorney General, équivalent de notre ministre de la Justice.

La Maison Blanche a fait savoir que si le maire de Providence se retirait de l’événement pour éviter l’apparition d’une ligne de piquetage, les responsables gouvernementaux pourraient changer d’idée. Le maire a rapidement écarté cette possibilité.

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