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Le grand bâtisseur au volant
N° 281 - juillet 2009
18 857 entreprises enregistrées à la même adresse aux Caîman
L’Église exclue les fiscaux du Paradis
Léo-Paul Lauzon
Depuis toujours, je suis un socialiste chrétien pratiquant et fier de l’être. J’ai retracé quelques positions et déclarations du pape et d’évêques effectuées ces dernières années pour que vous puissiez juger par vous-mêmes sur l’orientation politique, économique et sociale de l’Église catholique et du courage de ses prises de position.

Le 14 septembre 2004, le Journal de Montréal titrait : « Le ministre des Finances du pape : payer les impôts n’est pas un péché ». Le cardinal Nicora soulignait que « L’État n’est pas un ennemi et payer les impôts n’est pas un péché mais un devoir ». « L’État est la maison de tous et les impôts sont nécessaires pour assurer tous les services qui rendent la société plus humaine », a souligné avec justesse le religieux.

Ici, comme l’on préconise l’État minimal modernisé et « réingénierisé » avec la privatisation de nos services publics, de nos sociétés d’État et de nos richesses naturelles qui viennent avec, nos politiciens et le patronat cultivent la haine des impôts publics préférant être taxés par le privé pour la santé, l’éducation, l’eau, les autoroutes et les banques, les pétrolières, les pharmaceutiques, etc., etc.

Payer des impôts aux gouvernements pour des services publics c’est mal, mais payer de gros impôts aux affairistes pour nos instruments collectifs démantelés et privatisés, c’est bien, selon eux. Pour s’en convaincre, vous n’avez qu’à observer du côté des Zuzessa et à voir ce que les Américains paient en impôts et tarifs privés exorbitants pour leur santé privée, leur éducation privée, leur électricité privée, leurs garderies privées, etc. Le ministre des Finances du pape tient un discours nettement divergent de nos ministres des finances provincial et fédéral.

Le 13 mars 1999, le même quotidien titrait : « Le pape dénonce les paradis fiscaux ». Le pape a alors dénoncé « les privilèges injustes en faveur des pays ou des groupes sociaux les plus riches et a demandé aux politiciens de mettre fin à ces activités économiques ».

Aujourd’hui, les banques, les compagnies et les nantis canadiens ont détourné frauduleusement 100 milliards $ dans les paradis fiscaux avec la complicité des politiciens et de professionnels « respectés ». Ce sont à ces mêmes malfrats, économistes de banques et fiscalistes de bureaux d’experts-comptables, que nos médias, incluant Radio-Canada, demandent quotidiennement des solutions « réalistes et novatrices » pour gérer l’État, nos services sociaux et nos instruments collectifs.

Toutefois, ces médias passent sous silence ces gestes frauduleux d’une violence inouïe qui sèment la misère et la mort. L’éthique journalistique et leur travail d’enquête les amènent plutôt à passer au peigne fin et à traiter abondamment du comportement des cols bleus, des assistés sociaux et à nous entretenir sur l’état des nids-de-poule et à s’étendre sur les complaintes de Gilbert Rozon et de Luc Plamondon, des assistés sociaux de luxe.

Voilà ce qui se produit quand les médias sont détenus par des transnationales comme Power Corp. qui possède de nombreuses filiales dans des services publics comme dans la santé, les pensions de vieillesse, l’eau, l’énergie, etc.

Pour rire de vous et vous mépriser encore plus, vos élus prétendent qu’ils doivent respecter la souveraineté politique de ces pays de havre fiscal. En fait, ce ne sont pas des pays, mais des colonies détenues et gouvernées par les nantis des pays occidentaux. Anguilla, un des principaux paradis fiscaux, compte 12 000 habitants et les Îles Turques et Caïques 19 000 habitants. Allô pays ! Des « pays » plus petits que Pointe-Calumet et Saint-Tite… Que dire aussi de Niue avec ces 1 400 habitants bien comptés, Nauru qui en compte un total de 13 000 et les Îles Caïman, 42 000. Saviez-vous que les Îles Caïman représentent le 4e centre bancaire et le 6e centre d’assurances au monde et où naturellement, toutes nos banques canadiennes sont intensément présentes.

Même Barack Obama, le président des États-Unis a ironisé récemment en disant que 18 857 entreprises étaient enregistrées à la même adresse du bureau d’avocat Maples and Calder des Îles Caïman qui vient d’ouvrir un bureau à Montréal, très subventionné par Québec, pour faciliter les affairistes d’ici à détourner encore plus de revenus non taxés vers ces îles fiscalement enchantées.

En vérité, je vous le dis, avec un minimum de volonté politique, les gouvernements des pays occidentaux pourraient rayer de la carte et mettre fin à l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux en quelques heures, simplement en imposant un embargo financier et économique. Mais, ils ne veulent pas contrarier leurs maîtres et préfèrent taxer et « varger » sur le monde ordinaire. Des lâches, si vous voulez mon avis.

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