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On veut des vraies réponses !
N° 280 - juin 2009
Québec poursuit sa longue capitulation devant le privé
Un pas en avant, deux pas en arrière dans tous les secteurs
Léo-Paul Lauzon
L’ADQ, le PQ et le PLQ nous disent que ce sont les syndicats qui font la loi alors que le patronat affirme que ce sont les écologistes. Commençons par le cas de la Société de transport de Montréal qui avait, avec raison, octroyé le contrat de remplacement des wagons du métro à Bombardier, eh bien ! mes amis, la transnationale française Alstom ne l’a pas pris et la Cour supérieure lui a donné raison.

La Presse du 7 février 2008 écrit que : « Québec ne contestera pas le jugement de la Cour supérieure, dit le ministre Bachand ». Mais dans le cas des syndicats du réseau de la santé qui avaient eu gain de cause devant la Cour supérieure qui invalidait la loi 30, La Presse du 22 décembre 2007 nous apprenait que : « Québec affrontera les syndicats en appel ».

Pas les syndicats de médecins devant qui le gouvernement s’écrase. Les gouvernements complices, sous prétexte de mondialisation et de compétitivité, se plient docilement aux diktats des multinationales mais imposent férocement leurs volontés aux travailleurs et à la population.

« Les militants écologistes exclus du sommet des algues bleues », nous signalait Le Devoir du 13 septembre 2007. Faut surtout pas d’emmerdeurs à une importante et sérieuse rencontre réunissant, pour le bien de la population, seulement des affairistes et des politiciens. C’est plus démocratique ainsi.

Puis, il y a eu en 2003 le déversement toxique majeur d’Ultramar, passé sous silence : « Un million de litres de paraxylène; le ministre de l’Environnement jugeant inopportun d’informer la population » (Le Devoir, 18 mars 2008). Et en 2008, Ultramar récidive avec un déversement de 175 000 litres sans que personne ne soit informée, ce qui a outré la mairesse de Lévis (Journal de Montréal, 28 mars 2008).

Par contre, dans le même quotidien, le 19 août 2008, on apprend que ladite mairesse « cache son plan d’urgence Rabaska à la population ». Dans ce cas, elle est furieuse et « outrée » qu’on lui demande d’être transparente. Faut lui faire totalement confiance. La mairesse est partisane de la démocratie à géométrie variable.

Quoi d’autre ? En avril 2008, Le Devoir nous informe d’une fuite importante de Petro-Canada, encore passée sous silence pour ne pas porter ombrage à notre ancienne société d’État qui nous vole à la pompe tout le temps.

Et puis, pendant cinq ans, Pratt et Whitney a rejeté des eaux usées dans le fleuve au vu et au su du ministère de l’Environnement (Le Devoir, 23 septembre 2008) et La Presse du 13 septembre 2008 signale que : « La Santé publique garde sous silence un déversement toxique » des eaux contaminées d’un dépotoir.

Pour créer de la richesse, faut bien polluer. Vraiment inutile d’informer la population à cet effet. Au diable, le fameux principe du pollueur-payeur. La population paiera comme d’habitude.

Faut faire patte blanche devant les affairistes : « Money talks ». D’autres succulentes. « Les fonctionnaires ne sont pas tenus de rendre publics les déversements » (Le Devoir, 19 mars 2008), sur ordre de qui, vous pensez ?

Dans Le Devoir du 20 août 2008, l’excellent journaliste écologique Louis-Gilles Francoeur nous dit que : « L’impact environnemental de Gentilly-2 échappera à l’évaluation publique » et le Journal de Montréal du 8 août 2008 nous apprend qu’« un document public a été tenu secret pour éviter que les citoyens de Saint-Jean-sur-Richelieu se soulèvent s’ils savaient ce qu’il contenait ». Incroyable mais vrai. Et après, on ose critiquer un pays comme Cuba sur des questions de liberté fondamentale.

Plus de trois ans après l’entrée en vigueur de Kyoto, on apprend cette fois que la plupart des grandes sociétés québécoises refusent de dévoiler publiquement le temps de leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces mêmes mautadites compagnies qui nous rabâchent les oreilles avec leurs doucereux et hypocrites concepts de responsabilité sociale et de transparence. La transparence pour les autres, s’entend !

Voulez-vous bien les laissez polluer tranquilles que nous disent « leurs » élus. Pour changer les idées du monde, ils préfèrent attaquer les assistés sociaux, les chômeurs, les syndicats et les immigrés non accommodants, avec l’engouement proverbial de « leurs » médias.

Et l’industrie forestière qui a contraint récemment Hydro-Québec de retirer une publicité intelligente qui demandait aux clients d’utiliser internet afin de préserver la forêt. Gracieuseté de l’ancien ministre péquiste Guy Chevrette devenu leur lobbyste en chef. Et les coupes à blanc qui continuent allègrement, nous signale Le Devoir du 24 septembre 2008 : « La réserve de Matane sous la coupe des forestières ».

Quoi encore ? Cascades qui se veut un modèle écologique est mise à l’amende pour avoir pollué en 2007 et son propriétaire Bernard Lemaire qui a eu le culot de se plaindre, c’est sa marque de commerce, dans le Journal de Montréal du 26 février 2003 : « On a un gouvernement qui écoute beaucoup les écolos ». Les humoristes ne sont pas tous à Juste pour rire. Bernard, Gilbert Rozon est à ta recherche pour un lucratif contrat.

Côté fiscal maintenant, faut laisser paisiblement, avec la complicité de leurs politiciens diligents, les compagnies frauder allègrement dans les paradis fiscaux en y détournant des milliards de $ en revenus annuellement mis à l’abri du fisc canadien et québécois, comme l’illustre éloquemment le titre de cet article pertinent paru dans La Presse du 16 février 2009 sous la plume du journaliste Francis Vailles : « Intérêts et paradis fiscaux : Québec devra plier ».

Pourtant, dans un article du Journal de Montréal du 4 décembre 2002 intitulé : « Des centaines de millions de dollars perdus dans les paradis fiscaux », la vérificatrice générale du Canada avait mentionné que : « Le Canada perd des milliards de dollars en permettant à de grandes entreprises de transférer leurs profits dans des paradis fiscaux, dénonce Sheila Fraser ».

Seulement ce stratagème de la double déduction des dépenses d’intérêts, et pas l’ensemble de l’évasion fiscale dans les paradis fiscaux, coûte annuellement plus de 4 milliards $ au fédéral et environ 1 milliard $ au Québec en manque à gagner fiscal. Pas grave, nos gouvernements vont combler ce vide en tarifiant davantage les services publics du monde ordinaire très docile qui, parfois, en redemande, et en coupant dans leurs programmes sociaux ou en les privatisant. On appelle ça moderniser et « réingénier » l’État.

Faut se plier à tout prix aux injonctions du « marché » capitaliste que l’on veut libre de faire ce qu’il veut et quand il le veut. Faudrait pas non plus oublier la fois en 2008 où le ministre libéral Claude Béchard a voulu mettre les pétrolières au pas en leur imposant une taxe supposément « verte ».

Loin de se soumettre, les pétrolières l’ont refilée aux automobilistes avant même l’entrée en vigueur de la Loi et ont traité le ministre des Ressources naturelles d’ignorant de première classe. Rien de moins. Le ministre n’a rien dit et s’est vite écrasé comme un petit caniche.

En effet, dans un article de La Presse du 5 avril 2009 intitulé « Coût de l’essence : Québec invite les pétrolières à collaborer », le petit ministre Béchard, celui-là même qui promettait moins d’État et plus de privé, laisse tomber son projet de loi et supplie maintenant à genoux les pétrolières de collaborer et de faire preuve de transparence. Quelle farce grotesque !

Ainsi, les pétrolières auront les coudées encore plus franches pour nous arnaquer avec notre propre pétrole. Faut surtout pas parler de nationaliser notre pétrole et notre gaz naturel, comme le font tous les autres pays producteurs et exportateurs de pétrole ou de créer, comme au Nicaragua et dans d’autres pays, Pétro-Québec et importer et raffiner nous-mêmes le pétrole. Ben non, nos laquais de politiciens préfèrent nous embobiner avec les supposées vertus du prétendu libre-marché.

Que dire aussi de la réunion top-secrète, des vautours comme Power Corporation (qui s’approprient nos biens publics avec l’aide de leurs politiciens) portant sur la privatisation de l’eau qui a eue lieu à Montréal sans que les journalistes soient invités, et La Presse du 6 novembre 2007 qui nous apprend que : « Sommet québécois sur la santé. Discussion sur le privé… en privé ».

Alors répondez à la question de 100 points du prof : « Qui mène vraiment au Québec et avec la complicité de qui ? ». L’usage de la calculatrice est autorisé. Le mot de la fin revient à l’ancien président de la Banque Nationale, André Bérard, rapporté dans le Soleil du 13 novembre 1997 dans un article titré : « Bérard invite les gens d’affaires à acheter des articles dans les journaux ». Belle démocratie et merveilleuse indépendance de nos médias d’information !

Les gens d’affaires ont fait encore mieux : ils ont carrément acheté les journaux. Même après avoir énoncé cette énormité et dit aussi à Ottawa devant des représentants de la Chambre de commerce du Canada, qu’il fallait fermer les régions « non rentables » et laisser les pauvres « sécher » comme des rats, le Parti Québécois a jugé bon de décerner à André Bérard l’Ordre national du Québec, tel que mentionné dans La Presse du 15 avril. Politiciens et affairistes ne font qu’un !

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