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La victoire du français passe par le triomphe de l'anglais
N° 197 - mars 2001

Brèves
Pierre Dubuc
Qui a dit que l’État ne subventionnait pas les médias ?

Les groupes médias empochent 1,53 milliards $ en recettes publicitaires. C’est ce que nous apprend une étude publiée dans l’édition janvier-février 2001 de Info-Presse, le mensuel du marketing de la publicité et des médias. Quatre groupes se partagent les deux tiers de ce montant 0 Quebecor, Power Corporation, Groupe Transcontinental et Astral Media. À lui seul, Québecor récolte, avec 473 millions, le tiers des revenus publicitaires, principalement à cause de TVA. Car, dans le marché des quotidiens, c’est Power Corporation qui vient en tête de liste avec des revenus de 169 millions $, suivi par Quebecor avec 140 millions $.

Une étude publiée il y a quelques années révélait que la publicité représentait 79 % des revenus des quotidiens au Canada. C’est dire son importance. On savait que les grands médias ne critiquent pas les intérêts de leurs propriétaires. On comprend maintenant pourquoi ils ne critiquent pas non plus ceux qui achètent de la publicité dans leurs pages ou sur leurs ondes.

Avec l’aide de l’État

Il faut souligner que les dépenses en publicité sont considérées comme une dépense fiscale au sens de la loi de l’impôt. Les grandes entreprises peuvent donc les déduire de leurs revenus avant profits. Cela équivaut dans les faits à une subvention gouvernementale. Si on calcule que le taux d’imposition peut atteindre 46 % et qu’on l’applique au montant de 1,53 milliards dépensé en publicité, cela signifie que l’État est privé d’un montant pouvant s’élever à 703 800 $. Si l’exemption n’existait pas, ces montants tomberaient dans le Trésor public. Ils pourraient être réinvestis dans la santé et l’éducation.

Qu’on ne vienne pas nous dire que l’État n’intervient pas dans le financement des médias...

Quand Le Devoir se résout à faire des révélations sur Power Corporation

Est-ce un effet de l’air du temps, c’est-à-dire du débat en cours sur la concentration de la presse, mais on voit apparaître une volonté, encore fragile mais néanmoins fort louable, de la part du Devoir de faire certaines révélations à propos de Power Corporation, propriétaire de La Presse, du Soleil et d’une ribambelle d’autres journaux. À preuve, cet extrait d’un éditorial sur le Congo signé Serge Truffaut dans l’édition du 16 février 0

« Depuis la chute de Mobutu, écrit Truffaut, un protocole non écrit, non négocié, s’est peu à peu imposé. Le mécanisme est très simple 0 au fur et à mesure qu’un groupe rebelle ou un bataillon rwandais ou ougandais impose sa loi sur un territoire, il met de facto la main sur les mines qu’il « privatise » avec la collaboration de compagnies généralement américaines et parfois canadiennes, comme la Barrick Gold Corporation, qui compte George Bush, le père, Brian Mulroney et Paul Desmarais de Power Corporation parmi ses conseillers. »

L’information était connue du lectorat de la presse alternative, mais saluons l’initiative du Devoir d’en informer ses lecteurs.

Dieu nous garde l’Éducation de Sylvain Simard

Après le rocambolesque feuilleton de la candidature de François Legault à la succession de Lucien Bouchard et des crédits à l’éducation, les raisons étaient nombreuses de demander la démission d’un ministre affaibli. Les libéraux l’ont fait. Mais le monde de l’éducation s’est gardé de le faire.

La raison en est fort simple. La rumeur a couru que Sylvain Simard hériterait du ministère de l’Éducation. Entre un ministre affaibli et un faible comme ministre, le choix était facile.

La mondialisation souffle la bougie d’Alcan

Sa démission annoncée le même jour que celle de Lucien Bouchard est passée presque inaperçue. Nous parlons du p.-d.g. d’Alcan, Jacques Bougie. Les raisons invoquées sont les mêmes que pour Bouchard 0 la famille. Comme dans le cas du premier ministre, ce n’est pas la vraie raison.

Les médias ont salué discrètement la sortie de piste de celui qu’ils encensaient quelques mois auparavant lors de l’annonce de la fusion d’Alcan avec les alumineries Péchiney et Alumax. Le projet a avorté, mais son annonce a provoqué la fusion réussie des américaines Alcoa et Reynolds. Avant l’initiative de Bougie, Alcan et Alcoa étaient de taille similaire et se disputaient le leadership mondial. Mais, aujourd’hui, la nouvelle Alcoa-Reynolds domine de loin le secteur de l’aluminerie mondiale.

Et les actionnaires d’Alcan ont rappelé à M. Bougie qu’il était temps de se consacrer à sa famille.

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