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L’unique Amir Khadir
N° 276 - février 2009
La presse canadienne-anglaise toujours fidèle à l’Axe du Bien
Le « Québecistan » demeure une cible de choix
Yves Claudé
Le contenu de la couverture de presse canadienne-anglaise de l’opération militaire israélienne contre la population de Gaza reflète la propriété économique de ces médias (CanWest Global, une transnationale médiatique pro-Israël, entre autres…), mais aussi la radicalisation de la tendance pro-sioniste de la politique canadienne.

Cette radicalisation d’abord eu lieu au sein du Parti libéral du Canada, alors qu’Izzy Asper (propriétaire de l’empire CanWest Global) ajoutait son poids médiatique à celui des milieux politiques et communautaristes pro-israéliens. À peu près seul dans le PLC à se démarquer de positions pro-sionistes obligées, le député québécois Yvon Charbonneau a été stigmatisé avec véhémence comme « antisémite » par des médias et des porte-parole communautaristes (ex : « a reported anti-Semite », Jewish Tribune, 21-10-2004), jusqu’à ce qu’il soit mis à l’écart du parti en 2004. Même le Nouveau Parti Démocratique, formation canadienne se revendiquant de la « gauche », pêchant délibérément en eau trouble…, a participé au lynchage politique d’Yvon Charbonneau.

Ces changements se sont précipités dans le contexte d’après septembre 2001, alors que la vague états-unienne de diabolisation des Résistances nationales (palestinienne, afghane, irakienne, etc.) qualifiées de «  terroristes » – en écho à celle de la Résistance française dans les années 1940 – a eu pour effet de stigmatiser toute parole s’écartant de l’Axe du Bien (Washington – Tel-Aviv) tel que défini par G.W. Bush.

Rappelons cependant qu’en 2003, le très fort mouvement québécois d’opposition à la guerre contre l’Irak avait dissuadé le gouvernement libéral du Canada de participer à l’attaque états-unienne contre ce pays.

En janvier 2006, l’arrivée au pouvoir du Parti conservateur du Canada marque un tournant vers une politique canadienne encore plus ajustée à celle des É.-U. A. et à celle des milieux pro-sionistes. Brian Mulroney, ancien premier ministre conservateur du Canada (1984-1993), avait discrètement préparé le terrain dans ces milieux (« I appointed Jews to my Cabinet and to the highest reaches of the public service and judiciary… », discours du 9-2-2003).

À l’été 2006, lors de l’opération militaire israélienne au Liban, le National Post a pris la tête d’une croisade contre le mouvement québécois de solidarité avec la population libanaise, avec un acharnement particulier contre les partis politiques indépendantistes (le Parti québécois et le Bloc québécois) qui y participaient, et le quotidien de CanWest a même insinué qu’un « Québecistan » indépendant « serait l’ami des terroristes »… !

Alors que les frappes israéliennes causaient des centaines de victimes au Liban, y compris des citoyens canadiens, le gouvernement de Stephen Harper a apporté son soutien inconditionnel à Israël, comme il le fait actuellement, tandis que c’est la nation palestinienne qui pleure ses morts par centaines. Le nouveau chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a émis récemment une position aussi radicalement pro-sioniste, en appuyant inconditionnellement l’intervention israélienne à Gaza.

La déferlante d’un néo-maccarthysme pro-sioniste et « anti-terroriste » a influencé la couverture médiatique des événements de Palestine au Canada anglais, et a – par ailleurs – probablement dissuadé nombre de personnalités politiques et culturelles québécoises de manifester ouvertement leur solidarité avec la population de Gaza, qui après avoir soutenu le « terrorisme » de l’OLP, a « mal voté » en optant pour celui du Hamas.

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