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La victoire du français passe par le triomphe de l'anglais
N° 197 - mars 2001

Rira bien qui « reEra » le premier
Sylvain Charron
L’extraordinaire battage publicitaire pour les Régimes enregistrés d’épargne-retraite (REER) vient de se terminer. Au lieu de permettre à l’ensemble des contribuables de se constituer un fonds de retraite adéquat, le système actuel favorise la création de fortunes personnelles à même les finances publiques. Plus dramatique encore est le fait que le système actuel des REER ne bénéficie aucunement à 40 % des contribuables qui ne paient pas d’impôt faute de revenus suffisants.

Le REER est un régime d’aide fiscale privé qui, contrairement aux régimes universels, ne bénéficie qu’aux personnes qui y contribuent. Ce régime est régressif, étant donné que l’importance de la déduction fiscale dépend de la taille du revenu de chaque individu.

Un régime pour les gros

Par exemple, un individu déclarant une rémunération de plus de 60 000 $ en 1998 pouvait bénéficier d’une déduction d’impôt de 52,6 % aux deux paliers de gouvernement. Par contre, la déduction fiscale pour un individu déclarant un revenu de 20 000 $ n’était que de 34,8 %. Le premier bénéfice donc d’une économie d’impôt de 526 $ et le second de seulement 348 $, soit une différence de plus de 50 % entre les deux.

Les riches s’enrichissent

Les REER permettent aux plus fortunés de mettre des sommes importantes à l’abri de l’impôt, sans compter les intérêts qui s’accumulent au fil des anneés. Seuls les plus fortunés sont en mesure de pouvoir profiter des plafonds élevés des contributions accordeés sur les fonds de retraite.

Ainsi, les contribuables ayant déclaré un revenu supérieur à 50 000 $ ont contribué 51 % des sommes investies dans les REER et les RPA même s’ils ne représentaient que 12 % de la population. À l’opposé, les contribuables ayant déclaré un revenu inférieur à 20 000 $ n’ont fourni que 5 % des sommes investies, bien qu’ils représentent 52 % de la population. Il n’est pas surprenant de constater que seulement 13 % d’entre eux sont en mesure de contribuer à un REER alors que ce pourcentage s’élève à 87 % chez le petit groupe des bien nantis.

Les pauvres s’appauvrissent

D’autres statistiques démontrent que 74 % des contribuables déclarant un revenu supérieur à 50 000 $ ont contribué à un REER contre seulement 30 % pour ceux gagnant moins de 50 000 $.

Plus impressionnant encore, on note que les contribuables gagnant moins de 20 000 $ n’ont investi que 3 % des sommes qu’ils auraient été en droit d’investir dans les REER alors que ceux ayant un revenu supérieur à 100 000 $ parvenaient à contribuer pour 62 % des sommes permises.

Les REER, une façon de s’assurer qu’à la retraite, les riches seront plus riches et les pauvres plus pauvres.

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