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Un vote stratégique au carré
N° 273 - octobre 2008
Les Verner, Blackburn et Bernier sont-ils vos modèles ?
L’illusion de faire partie du « vrai » pouvoir
SPQ Libre
Selon Jacques Brassard, Ghislain Lebel et une poignée d’ex-députés bloquistes, le Bloc Québécois, et plus particulièrement sa direction, serait devenue un repaire de syndicalistes, de gauchistes, de pacifistes ou, pire encore, d’habitants du Plateau.

Nous laissons au vice-président Jacques Léonard, à l’organisateur en chef Mario Laframboise, au whip Michel Guimond et au président du caucus Louis Plamondon le soin de faire la démonstration qu’ils n’ont pas de vieilles cartes d’affiliation syndicale dans leur porte-feuille ou de couteau entre les dents.

Cependant, nous aimerions poser quelques questions à ces ex-bloquistes prêts à faire le saut chez les conservateurs de Stephen Harper. Expliquez-nous pourquoi vous préférez la présence des membres de la droite religieuse canadienne-anglaise qui s’est toujours farouchement opposée à l’indépendance du Québec à celle des syndicalistes québécois qui, depuis ses débuts, ont formé l’ossature du mouvement souverainiste québécois ?

Pourquoi aimez-vous mieux côtoyer les représentants de l’industrie pétrolière albertaine qui dictent la politique économique du Parti conservateur plutôt que les écologistes québécois qui sont en train de contribuer au renouvellement de notre projet d’indépendance nationale en tenant compte des bouleversements mondiaux causés par les changements climatiques ?

Pourquoi préférez vous la compagnie des financiers torontois, grands argentiers des conservateurs, à celle des milliers de bénévoles du Bloc et du Parti Québécois – dont plusieurs, il est vrai, sont issus du mouvement syndical – qui font, année après année, du porte-à-porte et des appels téléphoniques pour garnir les caisses de ces organisations ?

Pourquoi choisir de frayer avec les militaristes de l’entourage du premier ministre Harper plutôt qu’avec les 70 % de la population québécoise qui s’opposent à la coûteuse, inutile et prédatrice en vies humaines, mission militaire en Afghanistan ?

Est-ce parce que vous voulez être « au pouvoir » comme le proclame la publicité conservatrice ? Ambitionnez-vous d’être dans l’entourage de ces ministres québécois dont le rôle élaboré, défini et circonscrit par le bureau du premier ministre Harper et dont les principaux faits d’armes ont été d’opérer des coupures dans les organismes culturels, de saboter les structures régionales de concertation économique et de distribuer des Jœ Louis en Afghanistan ? En bref, Josée Verner, Jean-Pierre Blackburn et Maxime Bernier sont-ils vos modèles ?

En tant qu’anciens souverainistes, vous n’êtes pas sans savoir que, peu importe le parti au gouvernement, le Québec n’a jamais été « au pouvoir » à Ottawa. À moins que vous vouliez procéder à une réévaluation des mandats de Pierre Trudeau et Brian Mulroney ? Auriez-vous oublié la Loi sur les mesures de guerre, le rapatriement de la Constitution, l’échec de Meech ?

« Présent pour le Québec », nous dit le slogan du Bloc Québécois pour cette campagne électorale. Aucun député conservateur du Québec ne pourra jamais en dire autant. Quant aux ex-députés bloquistes, peut-on leur rappeler qu’ils ont fait campagne en 1993 sous le slogan du Bloc qui était : « On se donne le vrai pouvoir ». Pour nous, ce slogan est toujours d’actualité.

Par Marc Laviolette et Pierre Dubuc. Respectivement président et secrétaire de Syndicalistes et Progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre)

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