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L'escouade des éditorialistes prend la relève
N° 199 - mai 2001

Rêver à l’essentiel
Michel Lapierre

Livre 0 Le Théâtre québécois



Bien qu’elles soient scolaires, les seize plaquettes illustrées de l’attrayante collection « Langue et littérature », que les Éditions Études vivantes, de Laval, destinent aux cégépiens, ne sont pas exemptes d’observations originales et pénétrantes. De la littérature française à la littérature québécoise, en passant par la méthodologie, les auteurs, Carole Pilote, Michel Trépanier et Claude Vaillancourt, couvrent tout et expliquent tout (ou presque), en nous laissant le loisir de rêver à l’essentiel, c’est-à-dire à ce que la pédagogie ne peut qu’effleurer. C’est un Lagarde et Michard québécois, jeune et miniature, qui relie, par l’histoire littéraire, redécouverte, et par l’enchaînement des textes choisis, la lointaine Chanson de Roland à l’actuelle Maladie de Sachs, de Martin Winkler, en faisant la part belle à la littérature québécoise.

La plaquette Le Théâtre québécois, de Trépanier et Vaillancourt, m’a particulièrement intéressé, malgré quelques lacunes choquantes. Les auteurs oublient Guy Dufresne, Jacques Ferron, Jean-Claude Germain… En revanche, ils décrivent, avec finesse, l’univers dérangeant des dramaturges qui se sont fait connaître dans les années quatre-vingt-dix et qui, pour la plupart, ont su donner, hors des sentiers battus, une dimension sociale à leur théâtre. Oui, c’est bien de cette manière que Dominic Champagne, Alexis Martin, Gilbert Dupuis, Yvan Bienvenue et François Archambault se distinguent des dramaturges intimistes de la décennie précédente 0 René-Daniel Dubois, Normand Chaurette, Michel Marc Bouchard, Marie Laberge et Jeanne-Mance Delisle.

Un tel revirement, si brusque et si général, confirme, malgré les dénégations, que le théâtre n’est pas vraiment hors de l’histoire. Dix ans suffisent pour tout bouleverser. Au dédain du rêve des années soixante et soixante-dix succède la dérision du même rêve. Mais, à la différence du dédain exprimé dans les années quatre-vingt, la dérision qui se manifeste dans les années quatre-vingt-dix est un pas en avant. M. L.

Le Théâtre québécois, Michel Trépanier et Claude Vaillancourt, Collection «Langue et littérature au collégial », Études vivantes, 2000

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