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L'escouade des éditorialistes prend la relève
N° 199 - mai 2001

L’esprit de Mercier
Paul Rose
Il faudra dorénavant parler de l’avant et de l’après Mercier. Impensable, devant un moment historique aussi fort, de revenir en arrière. À gauche, l’esprit de Mercier est là pour durer et faire des petits !

Parce que l’esprit de Mercier, c’est d’abord la consécration de la rupture entre le Parti québécois et son aile gauche indépendantiste. Comme le faisait remarquer assez judicieusement Paul Cliche à la suite du verdict populaire du 9 avril 0 le Parti québécois n’a plus le monopole du discours sur la souveraineté.

Concrètement, Mercier, c’est la constitution d’une gauche unifiée autour d’un projet de libération nationale qui passe essentiellement par l’émancipation sociale. Un ensemble de formations politiques, d’organisations ou de forces sociales (syndicales, communautaires, environnementales, féministes, étudiantes et culturelles) s’est coalisé autour de cette idée force, tout en maintenant des stratégies d’approche différentes, notamment sur la question nationale, allant de l’option indépendantiste (très majoritaire) jusqu’à l’appui à la lutte contre l’oppression nationale, ou encore à la reconnaissance du droit à l’autodétermination du Québec.

L’esprit de Mercier, c’est essentiellement l’unité de la gauche sur la base à la fois d’une plate-forme politique commune et de la pleine reconnaissance des particularités et de l’autonomie des organisations membres de la coalition. Tout le contraire du Big One parti de type hégémonique dans lequel disparaissent toutes les tendances organisées. L’antithèse du modèle politique dominant mis de l’avant par le Mouvement Souveraineté-Association (MSA) et qui devait mener en 1968 à la formation du Parti québécois.

En soi, l’unification de la gauche sous cette forme est une première en Amérique du Nord

L’esprit de Mercier, c’est la formidable mise en œuvre de la capacité pour quelque 500 militantes et militants de la base de travailler ensemble, en complémentarité, dans le respect et la reconnaissance des diverses cultures d’organisation de chacune des formations membres de la coalition. Sur le terrain, ce qui s’est imposé de soi, par la force des événements, ce sont les expériences particulières de chacune des organisations.

Ainsi, certaines d’entre elles ont promptement tablé sur leur expertise dans l’art de la distribution massive et rapide d’outils d’information et le porte-à-porte social (groupes communautaires, bénévoles, etc.). D’autres ont dû faire des prodiges au plan de l’imprimerie et du journal. Certaines se sont montrées plus efficaces dans les appels téléphoniques (pointage, information, transport en voiture des gens âgés, etc.) et le porte-à-porte avec Paul Cliche. Une organisation, en particulier, a concentré son action sur le terrain des cafés et autres lieux de rencontres informelles, une autre sur l’affichage et l’entretien des pancartes électorales, etc., etc.

La nécessité du scrutin proportionnel

L’esprit de Mercier, d’autre part, forcera de façon pressante le gouvernement québécois à reconsidérer sérieusement l’option du mode de scrutin proportionnel aux prochaines élections générales, à moins de vouloir marginaliser le vote majoritaire « souverainiste » de toutes allégeances.

Un défi pour la gauche

Pour la gauche québécoise dans son ensemble, reste enfin le stimulant défi d’étendre l’esprit de Mercier à toutes les circonscriptions du Québec.

Les organisations de gauche membres de la coalition sortiront grandies de Mercier 0 cela se traduit et se traduira par de nouveaux espoirs chez les membres, de nouvelles adhésions, des campagnes de membership dans chacune des formations politiques, etc. Ces développements et consolidations sont essentiels puisque l’unité viable de la gauche, comme on l’a vu, passe par la reconnaissance des tendances, par leur bonne santé organisationnelle sur le terrain.

En même temps, nous devrons maintenir rigoureusement les liens entre les formations 0 actualisation de la plate-forme, actions communes dans la foulée de Porto Alegre et de Québec 2001, établissement de critères nationaux et locaux quant aux choix et partages des candidatures uniques, mode d’identification de celles-ci (ex 0 gauche plurielle-PDS, gauche plurielle-PCQ, gauche plurielle RAP, etc.).

Donc, beaucoup d’éléments essentiels et de petits détails à régler en peu de temps !

Puisque, à partir de maintenant, il nous faut bien le réaliser, nous serons jugés sur notre capacité à pousser de l’avant l’espoir et les principes neufs d’unité dans la diversité mis en germe dans le dégel politique d’un certain printemps 2001.

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