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Petit sarko, grand paul
N° 267 - mars 2008
À chaque matin, sa féministe, son syndicaliste et son Indien
Louis Champagne, dit le Gros Tonneau truant
Pierre Demers
Louis Champagne, dit le Gros, morning man tonitruant de la radio privée CKRS 98,3 de Chicoutimi et son employeur Corus Entertainment, viennent de recevoir une mise en demeure de Jean-Marc Crevier, le représentant régional de la FTQ (Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec).

Le syndicaliste lui réclame la somme de 300 000$ en dommages au plus tard le 6 février..., à défaut de quoi des procédures seront présentées à la Cour.

Monsieur Crevier reproche à l’animateur peu subtil dans ses commentaires matinaux sur l’actualité régionale et nationale une série d’attaques personnelles échelonnées sur plusieurs mois et même plusieurs années.

Parmi le genre de commentaires récurrents du matineux d’un autre âge, soulignons ses charges antisyndicales contre le syndicaliste Crevier qu’il associe à une centrale syndicale américaine sans scrupules, le rendant responsable personnellement de la fermeture de la succursale Wal Mart de Jonquière, selon lui un fleuron de l’infrastructure commerciale de cette ville.

Il s’en prend aussi au syndicaliste qui ne cache pas sa sympathie pour les représentants du Parti Québécois régional dont Sylvain Gaudreault, député de Jonquière que Louis Champagne a traité de tapette en ondes durant la dernière campagne électorale provinciale.

C’est d’ailleurs à la suite de ces propos homophobes que la direction de Corus avait décidé de suspendre des ondes l’animateur pour une période de quelques jours.

Un peu avant les fêtes, cette même direction signait avec le Gros Champagne un renouvellement de contrat accompagné d’un bonus substantiel pour une période indéterminée (Jusqu’à ce que l’animateur décide lui-même de se retirer des ondes).

Depuis l’incident Sylvain Gaudreault, l’animateur n’a nullement changé son style radiophonique, mis à part la censure de quelques mots poubelles. Il continue d’entretenir ses préjugés auprès d’un auditoire vieillissant et captif de ses sautes d’humeurs.

Il s’en prend particulièrement à ses ennemis préférés, les syndicalistes professionnels, les professeurs de cégeps et les universitaires, selon lui, trop bien payés et toujours en voyage, les BS parasites, les fonctionnaires de Québec, les Montréalais qui font mourir les régions, les écologistes qui veulent faire crever l’industrie du skidoo, les socialistes qui dénoncent l’entreprise privée, les féministes qui ne portent pas de brassières, les autochtones qui chassent sans permis et qui ne payent pas d’impôts, les artistes qui ne remplissent pas leurs salles, les intellectuels qui lisent encore des livres et les commerces qui ne font pas de pub dans son poste de radio.

Il n’a pas changé son style populiste et poubelle d’un poil. Toujours aussi tonitruant et démagogue avec un micro populaire dans la bouche.

La poursuite intentée par Jean-Marc Crevier de la FTQ pourrait cependant provoquer chez lui et chez son employeur une certaine réserve.

En effet, dans le milieu radiophonique régional, circule la rumeur que l’animateur contesté doive désormais assumer lui-même ses poursuites juridiques.

Il devra peut-être régler hors cour cette dernière à même le bonus qu’il a reçu de Corus aux fêtes pour ses services et sa cote d’écoute qui ne semble pas trop fléchir auprès de son auditoire préféré, les 45-95 ans.

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