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Petit sarko, grand paul
N° 267 - mars 2008
Québec commet la même erreur qu’avec le secteur forestier
Pétromont victime de l’inertie de la SGF
Marc Laviolette
Le 12 février dernier restera une journée sombre pour les 180 travailleurs des usines de Petromont, situées à Montréal-Est et à Varennes, syndiquées au Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP)-FTQ. Leur employeur leur annonçait la fermeture de leurs usines pour le 30 avril prochain. Cette décision affectera un total de 325 employés et aura un effet domino dans le secteur de la pétrochimie au Québec, plusieurs entreprises gravitant autour du fabricant de produits chimiques.

Rappelons que Petromont est une société en commandite canadienne établie depuis 1980. L’entreprise est propriété à parts égales de deux commanditaires : Dow Chemical Canada (filiale de Dow Chemical) et Ethylec (filiale de la Société générale de financement du Québec SGF). Ses ventes annuelles sont de 750 millions. Ses produits, le polyéthylène de haute densité et produits pétrochimiques de base sont distribués principalement sur les marchés d’Amérique du Nord.

Lors de l’annonce de fermeture, Petromont affirmait qu’elle entendait maintenir ses installations pétrochimiques fonctionnelles pendant une période de six mois pour faciliter une relance des opérations.

Lors de l’annonce de fermeture, le président de la FTQ, Michel Arsenault était cinglant : « La société générale de financement (SGF) et le gouvernement du Québec récoltent ce qu’ils ont semé, c’est-à-dire, rien. Par le passé, la SGF n’avait pas eu peur d’investir dans le secteur industriel ou d’intervenir pour soutenir les entreprises. Or, dans le cas Petromont, les difficultés étaient connues depuis longtemps ».

Rappelons qu’une des missions de la Société générale de financement est d’assister les entreprises pour qu’elles se consolident et se développent dans leur secteur spécifique. La pétrochimie au Québec est un secteur stratégique. C’est pourquoi la SGF y est présente depuis 28 ans.

Pour Joseph Gargiso, vice-président exécutif du SCEP-FTQ qui représente les 180 travailleurs syndiqués des usines de Petromont : « La Société générale de financement ne fait pas son travail et le Gouvernement du Québec a maintenant le devoir de tout mettre en œuvre pour venir en aide aux travailleurs et à l’industrie de la pétrochimie. Ça a pris deux ans au gouvernement pour reconnaître que le secteur forestier québécois était en crise. Il ne doit pas répéter la même erreur dans le secteur pétrochimique ».

M. Gargiso rappelle que Petromont est le principal fournisseur de matières premières du secteur du plastique, qui compte 25 000 emplois au Québec.

« L’employeur et la SGF nous gardent dans le noir et font preuve d’absence de transparence. Il y a d’abord eu Dow Chemical qui annonçait, le 4 décembre 2007, la radiation totale de son investissement dans Petromont, invoquant les perspectives économiques défavorables. À ce moment, la Dow Chemical et la SGF déclaraient que la décision n’avait aucune incidence sur les activités de transformation. De plus, l’automne dernier, l’usine de polypropylène Bassel, à Varennes, fermait ses portes. 25 % de la production de Petromont s’envolait en fumée. On nous indiquait avoir une alternative ».

Constatant l’accumulation de signaux négatifs et étant en négociation pour le renouvellement des conventions collectives des usines de Varennes et de Montréal-Est, le SCEP-FTQ demandait à l’employeur d’ouvrir ses livres pour que le Fonds de solidarité procède à une analyse financière tel que le prévoit la clause de transparence économique des conventions collectives. « À ce jour, nous sommes toujours dans le noir, même si les ententes de confidentialité ont été signées ».

Cette fermeture a déjà des effets négatifs sur plusieurs entreprises qui s’approvisionnent chez Petromont. Que ce soit Air Liquide, Praxair ou le transformateur de plastique AET, tous sont affectés : de la production des sacs de plastique aux composantes pour l’automobile.

Le secteur de la pétrochimique se trouve présentement dans un cycle de contraction.

Marie-Claude Lemieux, porte-parole de la SGF, déclarait aux médias que Petromont devait acheter au plein prix ses matières premières dérivées du pétrole et que la valeur du dollar canadien nuisait à la rentabilité de l’entreprise.

La SGF affirmait dans son communiqué que : « L’état des installations pétrochimique sera maintenu intègre dans l’éventualité que les conditions du marché changent ou que d’éventuels intérêts externes se manifestent ».

Pour Joseph Gargiso : « La SGF a manqué de vision et nous garde toujours dans le noir. Nous entendons organiser les pressions nécessaires afin que la SGF relance les opérations de Petromont et que cette action stratégique dans le secteur de la pétrochimie soit remise sur les rails ».

Les emplois de cette industrie sont des emplois de qualité dont la rémunération varie de 75 000 $ à 80 000 $ par année.

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