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Petit sarko, grand paul
N° 267 - mars 2008
La classe moyenne disparaîtra dans le silence
Rien ne sert de courir, il faut mentir à point
Léo-Paul Lauzon
Comme il faut s’éclater de temps en temps dans la vie, je poursuis ma série d’articles « Rions un peu… » dans laquelle je vais vous démontrer comment nos élus font les matamores avec le monde ordinaire et les syndicats en déréglementant le marché du travail afin de rendre les travailleurs plus souples pour les «adapter » à ladite mondialisation et en les taxant, au nom de la lucidité, toujours plus de façon régressive par la tarification de services publics comme le transport en commun, les frais de scolarité et de garderie, l’électricité, les autoroutes, la santé, l’assurance-médicaments.

Par contre, ils sont plus serviables, toujours au nom de la lucidité et du « gros bon sens », avec les entreprises et les notables qu’ils inondent de subventions, de congés et d’abris fiscaux tout en fermant les yeux sur l’évasion fiscale que ces princes pratiquent dans les paradis fiscaux à coup de milliards de dollars par année. La fraude fiscale dans les paradis fiscaux ça doit être fait, je suppose, pour le bien des générations futures et pour contrer les effets du vieillissement de la population. Quoique les rois fassent, ils le font toujours avec compassion, c’est ce que Bush appelle le capitalisme de compassion et le ti-coune Jean Charest, le libéralisme social. Continuons, si vous le voulez bien, avec Philippe Couillard, le préféré de ces dames.

Voyons un peu ce que vos médias d’information préférés ne vous disent pas, et décortiquons ensemble ce qu’ils vous disent dans le but de vous laisser dans l’ignorance, de vous anesthésier, de vous lessiver le cerveau afin que vous soyez totalement résignés et soumis. C’est toujours ce qui arrive dans les pays, comme ici au Canada et au Québec, où il y a une concentration excessive de la presse contrôlée par des multinationales qui profitent au premier chef du ratatinement de l’État.

Par exemple, au mois de mai 2007, Statistique Canada rendait publique une étude majeure que Le Devoir titrait ainsi : « Les riches sont plus riches, les pauvres, plus pauvres. Et la classe moyenne est une espèce en voie de disparition ». La Presse a réservé qu’un minime encart à cette recherche importante et le Journal de Montréal absolument rien. Tout simplement écœurant.

Par contre, la moindre crotte pondue par le Fraser Institute, par l’Institut économique de Montréal ou par une banque, ou la moindre déclaration de ti-clins comme Gilbert Rozon et Lucien Bouchard est largement couverte par ces deniers. Naturellement, on a eu droit à aucun éditorial sur cette étude de Statistique Canada de la part d’André Pratte, de Claude Picher et d’Alain Dubuc de La Presse ou de Joseph Facal, de Benoît Aubin et de Jean-Philippe Décarie du Journal de Montréal. Ben non, ce genre de recherche va à l’encontre de ce qu’ils tiennent à tout prix à vous faire croire et de ce qui est voulu et exigé par leurs maîtres. De petits caniches édentés, dégriffés et « dégossés ».

Un autre exemple. Des économistes de banques, du patronat et de services, comme Pierre Fortin, dit le bonhomme sept heures, ne cessent de réclamer des baisses d’impôts pour les entreprises, ce que, évidemment, vos gouvernements ont fait récemment afin supposément de stimuler l’investissement, la création d’emplois, la compétitivité, la croissance.

Il y a juste un hic dans toute cette patente à gosses, c’est que tout est faux, comme l’a démontré, après d’autres organismes comme l’Organisation mondiale du commerce et The Economist, la revue d’affaires américaine Business Week dans son numéro du 20 novembre 2006 dans lequel il est écrit noir sur blanc « There’s only weak evidence that tax cuts really have a big impact on growth ». Salament, je ne prends pas comme référence un brûlot marxiste mais bien la revue d’affaires la plus vendue aux États-Unis.

Qu’à cela ne tienne, on continuera à vous remplir comme des valises avec la connivence de vos aimables journalistes, chroniqueurs et éditorialistes. Comme l’a si bien dit le cinéaste Pierre Goupil de l’Itinéraire, « leur vérité est un mensonge ».

Un autre exemple, si vous me le permettez : l’entreprise canadienne Sherrit International vient d’investir plus d’un milliard $ à Cuba dans le pétrole, les mines et l’électricité.

Son président, Ian W. Delaney a dit que Cuba était le pays avec lequel il préférait travailler. Cette importante nouvelle n’a pas retenu l’attention de nos médias. Ce n’est pas le genre d’information qu’ils veulent véhiculer sur Cuba. Ils préfèrent véhiculer des saletés sur Cuba et, de plus en plus maintenant, sur Hugo Chavez et le Venezuela.

Dans un article de La Presse du 27 mars 2002 intitulé : « Médicaments : la hausse des coûts partagée en trois », le gouvernement péquiste d’alors, avec Bernard Landry comme premier ministre et Pauline Marois comme ministre de la Santé, venait de décider de partager la facture supplémentaire à l’assurance-médicaments entre les usagers, les compagnies pharmaceutiques et l’État.

La réponse des multinationales étrangères pharmaceutiques n’a pas tardé à venir, comme le laisse voir le titre de cet article de La Presse du 14 mai 2002 : « L’industrie pharmaceutique rejette tout partenariat avec Québec ». Ce n’est pas le genre de partenariat ou de PPP que les affairistes recherchent. Ils ne veulent jamais partager les coûts, qu’ils laissent au monde ordinaire. Ils veulent seulement la poule aux œufs d’or par le biais de la privatisation, de la sous-traitance, de l’impartition.

Réaction alors de la suave Pauline Marois, la même qui nous implore maintenant de cesser d’avoir peur du succès et des multinationales, parue dans La Presse : « Le régime d’assurance-médicaments pourrait être abandonné. Les Québécois devront accepter d’en assumer les coûts s’ils décident qu’il soit maintenu, déclare Pauline Marois ». La courageuse Pauline s’écrase vite et docilement devant les pharmaceutiques et joue des bras avec le monde ordinaire en y ajoutant un peu de chantage, ce qu’elle n’oserait jamais faire à ces créateurs de pauvreté (plus que de richesse) que sont les pharmaceutiques.

Non seulement elles ont refusé de participer à ce « partenariat » de partager les coûts avec le gouvernement péquiste, mais Landry et Marois ont répliqué en augmentant leurs subventions pour les enrichir encore plus. Qui a payé la facture, d’après vous ?

Au tour maintenant de l’intrépide et beau parleur ministre libéral de la santé, Philippe Couillard, de se frotter aux pharmaceutiques comme le laisse voir le titre de cet article de La Presse du 14 novembre 2003 : « Prix des médicaments : Québec tiendra tête aux pharmaceutiques ». Un autre qui va faire dans ses culottes et qui, de beau parleur, deviendra un peu plus tard leur haut-parleur.

Oh, oh, entre-temps, le Journal de Montréal du 10 mars 2004 nous a appris que : « Le député libéral de Nelligan, William Russel démissionne pour un poste de lobbyste », dans l’industrie pharmaceutique s’il vous plaît, afin je suppose, de mieux servir les intérêts supérieurs de la collectivité et non les intérêts particuliers des pharmaceutiques.

Un autre élu qui devient lobbyste, après les péquistes Guy Chevrette pour les papetières, Michel Clair dans la santé privée et Lucien Bouchard, Bernard Landry et Pierre-Marc Johnson qui vendent maintenant leurs précieux services à des gros bureaux d’avocats, les champions du lobbysme au pays et dans le monde, et les libéraux André Bourbeau pour Sky Power et l’éolien privé et Pierre Corbeil pour une compagnie minière.

Et puis, bang, coup de théâtre : « Médicaments : Québec abolira le gel des prix », titre de l’article du Devoir du 17 décembre 2004 et puis que dites-vous du titre de cet article de La Presse du 18 juin 2007 : « Les pharmaceutiques forcent la main au gouvernement. Certains médicaments pourront coûter jusqu’à 140 % de plus ».

Dites merci au bon docteur Couillard d’avoir cédé aux pharmaceutiques. C’est pour vous qu’il a fait ça. Un peu de gratitude serait de mise. Croyez-moi, les pharmaceutiques n’ont pas eu à forcer ben fort, si vous vous posez encore la question ! Dans les faits, il s’est avéré que des médicaments ont augmenté de plus de 300 %, occasionnant une hausse du coût des soins de santé publique au Québec de plusieurs dizaines de millions par année.

Je m’arrête ici pour aujourd’hui, mais sachez que je vais poursuivre ma lancée sur les pharmaceutiques et aussi sur le collège des médecins… Nous verrons qui sont les boss au Québec et qui dictent ses lois !!!

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