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À quand la 100e victime ?
N° 266 - février 2008
Lock-out à Petro-Canada
Les cadres et les scabs compromettent la sécurité
Marc Laviolette
En lock-out depuis le 17 novembre 2007, les 265 membres du local 175 SCEP-FTQ qui travaillent à la raffinerie de Petro-Canada dans l’est de Montréal sont déterminés à stopper la volonté du raffineur à casser la négociation type dans le secteur pétrolier au Canada.

Pour le président du local 175, Jacques Vanier : « la direction de la raffinerie tente d’annuler une tradition qui a permis de fructueuses négociations types depuis 40 ans dans le secteur de l’énergie. En opérant la raffinerie avec 130 cadres dont plusieurs “ scabs ” elle compromet la sécurité à la raffinerie et dans la communauté environnante ».

Le 21 décembre dernier, en conférence de presse, le nouveau président de la FTQ, Michel Arsenault s’interrogeait sur la capacité de ces individus à bien faire ce travail qui normalement est effectué par les 260 membres du local 175. Le président de la FTQ rappelait qu’en 2005, l’explosion d’une raffinerie au Texas a fait 15 morts. Le rapport d’enquête avait conclu à l’épuisement et à la très grande fatigue des travailleurs.

« Depuis 40 ans nous pratiquons la négociation type dans le secteur de l’énergie au Canada, déclare Jacques Vanier. Nous avons le même salaire d’un bout à l’autre du pays et les conventions sont d’une durée de trois ans. Petro-Canada a décidé de jouer une partie de bras de fer avec le Québec en nous mettant en lock-out pour nous forcer à accepter un contrat de six ans avec les salaires non garantis pour les trois dernières années. De plus, la pétrolière veut nous imposer 18 reculs dans la convention actuelle dont les clauses qui touchent les représentants en prévention (santé-sécurité) et la liberté d’action syndicale au sein de notre local. Notre assemblée générale du 21 novembre dernier a adopté à l’unanimité de ne tenir aucun vote sur les offres de la compagnie tant qu’il y aura des reculs ».

Pour imposer sa stratégie, Petro-Canada, dont les profits en 2006-2007 se chiffrent à 2 milliards de dollars, a fait traîner les négociations (30 séances et 12 en conciliation) en largeur de façon à ce que tout le secteur de l’énergie canadien soit réglé avant de prendre l’offensive par son lock-out.

« La compagnie avait eu vent que nous tenions une assemblée d’information sur l’état des négociations le 21 novembre. Pour forcer un vote et semer la panique, ils nous ont mis en lock-out le 17 novembre et ont payés les salariés jusqu’à la tenue de l’assemblée générale. C’est à l’unanimité que les 170 membres présents ont rejeté la tactique patronale ».

« Pour grossir son équipe de cadres qui opèrent présentement, la raffinerie Petro-Canada a procédé à l’embauche de 30 cadres retraités dès le début des négociations. Présentement, ils opèrent 7 jours sur 7, 24 heures par jour à 60 % de la capacité de la raffinerie. 130 personnes font le travail de 260, c’est dangereux ».

Pour faire pression sur Petro-Canada, le syndicat a porté plainte au Ministère du Travail sur la présence de « scabs » dans l’équipe de cadres. Au moment d’écrire ces lignes, le ministère enquêtait le dossier.

Même si une injonction empêche les travailleurs de manifester devant les résidences des dirigeants de Petro-Canada, devant leurs stations-service et devant la raffinerie, le syndicat ne jette pas

l’éponge.

« Avec le SCEP nous organisons une campagne de boycottage des produits Petro-Canada et nous diffusons de l’information dans les stations-service concurrentes. Nous organiserons aussi des manifestations de visibilité aux abords des ponts qui donnent accès à l’île de Montréal ».

La convention collective des travailleurs de Petro-Canada est échue depuis un an. Les contributions financières pour soutenir les travailleurs et leurs familles peuvent être envoyées à l’adresse suivante : C.P. 447, succursale Pointe-aux-Trembles ; Montréal (Québec) H1B 5P3.

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