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À quand la 100e victime ?
N° 266 - février 2008
Les baisses d’impôts ne se répercutent pas sur les prix à la pompe
Les pétrolières se moquent des fanfaronnades du Québec
Léo-Paul Lauzon
Continuons cette série d’articles « Rions un peu avec… », si vous le permettez bien, avec notre très cher ministre libéral des Ressources naturelles du Québec Claude Béchard, qui s’est énervé récemment le poil des jambes et d’ailleurs sur le dos des pétrolières et des papetières.

Une vraie belle histoire loufoque qui pourrait très bien faire l’objet d’un téléroman. « Le litre d’essence à… 1,13 $, un cadeau pascal des pétrolières. Les pétrolières ont sorti un lapin en vue du week-end de Pâques : elles ont majoré le prix de l’essence de plus de 10 cents le litre », écrivait Yvon Laprade dans le Journal de Montréal du 4 avril 2007. « Faut se compter “ chanceux ” que les prix n’aient pas augmenté le week-end dernier » a répondu Carol Montreuil, le porte-queue des pétrolières.

Puis, pour le long congé de la fête des Patriotes, le Journal de Montréal du 19 mai 2007 titrait en première page : « Les pétrolières défient le ministre Béchard. Nouvelle hausse du prix de l’essence : Bon congé ». Enfin, dans le Devoir du 11 juillet 2007, on titrait : « Les vacances commencent, le prix de l’essence s’emballe. Claude Béchard demande des explications aux pétrolières ».

C’est quoi le maudit problème au juste. « L’essence n’est pas trop chère, disent les pétrolières », titre de l’article du Journal de Montréal du 11 mai 2007. Bien plus, pour le très suave rédacteur en chef de La Presse, André Pratte, l’essence n’est pas assez chère tel qu’il l’écrivait dans son éditorial du 23 janvier 2007 intitulé : « Pour l’essence chère ». C’est comme ça que la famille Desmarais de Power Corp. propriétaire de La Presse et actionnaire majeur de la multinationale du pétrole, la française Total, aime ses éditorialistes et ses chroniqueurs.

Absolument pas question pour ces voleuses milliardaires d’assumer en tout ou en partie cette nouvelle taxe. En 2006, juste au fédéral, les pétrolières ont eu droit à une aide gouvernementale de 1,4 milliards $ et à des baisses d’impôts sur le revenu de plus de 1 milliards $ qu’elles n’ont pas daigné répercuter dans le prix de leur essence en le baissant même modestement. Faut qu’elles soient compétitives, voyons donc.

Et puis, les pétrolières importent la majorité de leur essence pour desservir l’est du Canada et paient leurs factures on dollars américains. Avez-vous eu droit à une baisse significative des prix suite à l’augmentation récente du dollar canadien face à la devise américaine qui a résulté en milliards de dollars de profits additionnels pour les pétrolières ?

Les pétrolières sont revenues de nouveau à la charge pour se moquer encore un peu plus du ministre Béchard du gouvernement libéral du Québec et de la population, tel que le laissait voir le titre de cet article de La Presse du 4 décembre 2007 : « Taxe verte sur l’essence : Ultramar fera payer les automobilistes » et de celui du Devoir : « Prix de l’essence : Ultramar fustige Québec ».

La réplique de Béchard à ce énième affront est venu le lendemain, tel que rapporté dans La Presse du 5 décembre 2007 sous le titre de : « Taxe verte sur l’essence : Béchard en appelle du sens civique d’Ultramar ». Un vrai bouffon hypocrite qui fait toutes ces simagrées pour la galerie et pour rire du monde afin de vous faire accroire qu’il règle les problèmes et pour faire étalage de son « courage » en s’attaquant aux gros. Tout ce vaudeville n’est que fumisterie.

Et pour les naïfs invétérés qui croient encore à la bonne foi des politiciens et qui prennent au sérieux le Parti libéral du Québec et son ministre Claude Béchard, disons que, lors de son budget provincial de 2007, le gouvernement a augmenté l’impôt sur le revenu des banques et des pétrolières de 111 millions $ et baissé leur taxe sur le capital de 161 millions $, ce qui leur fera économiser 50 millions $ net d’impôts est de taxes annuellement, tel que rapporté dans La Presse du 2 juin 2007 sous le titre de : « Banques et pétrolières reçoivent la facture et… 50 millions de réductions d’impôts ».

Après ce qui venait d’arriver, les libéraux auraient pu laisser tomber la baisse annuelle de leur taxe sur le capital de 161 millions $ par sympathie pour la population. La baisse de la taxe sur le capital des pétrolières ne sera point répercutée sur le prix de l’essence, mais quant à la hausse de leurs impôts sur le revenu, il y a de bonnes chances qu’elle soit refilée aux automobilistes : « L’Institut canadien des produits pétroliers refusait de dire hier si la hausse de l’impôt se répercuterait à la pompe », tel que signalé dans cet article.

« Les consommateurs craignent de se faire refiler la hausse d’impôt imposée aux pétrolières et aux banques », tel était le titre de l’article du Devoir du 2 juin 2007. Les gens ne sont pas dupes de leur exploitation. Ils savent qu’ils n’ont jamais droit aux bénéfices des baisses d’impôts accordées aux compagnies et aux hausses du dollar canadien et qu’ils doivent toujours supporter les hausses d’impôts et les baisses du dollar face à la devise américaine. Oh que nous vivons dans un beau pays démocratique dans lequel prime la liberté économique des puissants et l’oppression pour les autres.

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