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Un sauveur nous est né
N° 265 - décembre 2007

1837 c’est notre révolution républicaine à nous !
Stéphanie Beaupied
Dans la foulée de l’exposition Patriotes vs Loyaux, le musée Pointe-à-Callière présentait au Salon du livre une conférence sur les Soulèvements de 1837-38. Plus d’une centaine de personnes assistaient à cette conférence animée par Pierre Maisonneuve.

L’événement valait le détour seulement pour entendre le virulent plaidoyer de Gilles Laporte, professeur au Cégep du Vieux-Montréal, chargé de cours à l’UQAM et spécialiste des Patriotes.

« Il y a une rupture entre la recherche universitaire et la population, lance-t-il d’entrée de jeu. Il n’y a plus de communication entre le Québec et ses historiens ! » Pourtant, l’histoire des Événements de 1837-1838 est bien vivante. « 1837, c’est aussi 2007 », poursuit le professeur du Vieux Montréal.

« Depuis 170 ans, les Rébellions ressurgissent constamment, c’est presque un exercice d’exorcisme de comprendre la signification de 1837 et 1838. Il serait temps que les historiens donnent des explications. »

« 1837, c’est notre révolution républicaine à nous ! », affirme Denis Vaugeois, historien, éditeur et ancien ministre qui souligne le caractère très progressiste et républicain de la Déclaration d’indépendance de Robert Nelson.

Elle proclame carrément l’indépendance du Bas-Canada suite aux injustices commises par les troupes britanniques. « La déclaration réclame la liberté de presse et la séparation de l’Église et de l’État! On veut aussi une réforme du scrutin pour mettre fin au vote à main levée », poursuit Denis Vaugeois.

«On voulait aussi mettre fin au régime seigneurial », souligne Bruce Curtis, sociologue de l’Université de Carlton. Pour Allan Greer, professeur à l’Université de Toronto et auteur de l’incontournable ouvrage Habitants et Patriotes, « les Rébellions font partie du courant républicain des grandes révolutions atlantiques dont les Révolutions française, américaine, haïtienne et d’indépendances de l’Amérique latine. »

« Le vocabulaire des Patriotes est bien le même que celui qu’on retrouve sur les pancartes de Paris en 1830, ajoute Gilles Laporte, mais avec un vieux désir d’indépendance issu d’un gouvernement peu présent, d’un peuple qui a appris à se débrouiller. Et, tout à coup, l’État souhaite pacifier les campagnes… »

« Pourquoi le peuple se soulève-t-il ? Pourquoi une paysannerie qui n’avait pas l’habitude de se révolter était tout à coup prête à prendre les armes contre les armées britanniques ? », se demande Allan Greer.

Vaugeois expose le contexte social : le manque de terres, les terres du British American Land Company réservées aux immigrants britanniques et la venue de milliers d’Irlandais, malades et pauvres.

Allan Greer démontre quant à lui qu’il existait des institutions dans les campagnes telles que le capitaine de milice et la coutume du charivari qui se sont politisées au fil des années et sont devenues des outils pour mobiliser la paysannerie.

Le charivari consistait à faire du tapage à la maison de nouveaux mariés mal assortis jusqu’à l’obtention d’un règlement et le paiement d’une amende. D’un outil de contrôle social, il est devenu au temps des Patriotes un outil de négociation pour obtenir des appuis politiques.

Dans le cas du capitaine de milice, l’institution vient du régime français et les capitaines de milice du village peuvent lever en tout temps une armée. Ils ont joué rôle très actif en tant que leaders locaux dans le déclenchement des conflits armés.

Qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres ? Les historiens s’entendent pour dire que 1832 est une date marquante. Trois événements vont choquer les Canadiens, la fusillade sur la rue St-Jacques qui fait trois morts, l’emprisonnement de journalistes comme Ludger Duvernay et l’épidémie de choléra. S’ensuivra une escalade qui mènera aux Événements de 1837 et 1838.

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