L'aut'journal
Le jeudi 22 août 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Un sauveur nous est né
N° 265 - décembre 2007
L’agro-touristique et le niobium ne font pas bon ménage
La mairie d’Oka s’obstine à soutenir l’insoutenable
André Bouthillier
La Coalition québécoise pour une gestion responsable de l’eau – Eau Secours! et le Comité de citoyens d’Oka reviennent à la charge et demandent que le ministère de l’Environnement mette fin aux attentes du promoteur qui tente depuis plus de dix ans d’ouvrir une mine de niobium à Oka et annonce une fois pour toutes le refus du ministère d’émettre un certificat de pollution à cette entreprise.

Il y a déjà plus de dix ans, des Okois et des Okoises ont manifesté leur désaccord à l’implantation d’une mine de niobium sur les terres d’un des plus beaux jardins du Québec.

Cette inquiétude de la première heure s’est concrétisée par un rejet à 62 % de ce projet minier lors d’un référendum, tenu en vertu d’un décret gouvernemental, en avril 2000, auprès de la population concernée d’Oka.

Malgré ce rejet très clair, la mairie d’Oka n’a pas tenu compte de ce référendum et le promoteur a persisté à vouloir imposer son projet.

Dans ce combat de David contre Goliath, le Comité de citoyens d’Oka n’a cessé depuis douze ans de remettre en question ce projet et d’exiger des études environnementales complètes et indépendantes.

Il a également sensibilisé les différents intervenants aux conséquences néfastes non seulement pour l’environnement, mais aussi pour l’avenir économique, dans ce cas agro-touristique, d’Oka et de sa région.

Des centaines d’investisseurs ont engouffré dans ce projet des milliers de dollars depuis une dizaine d’années.

Il est évident qu’avec les programmes gouvernementaux, ces investissements à pertes sont déductibles d’impôt. Alors cette mine sur papier ne sert-elle qu’à permettre des déductions d’impôt?

C’est le Vérificateur général du Québec, à qui la question sera posée dans les jours qui suivent, qui devra y répondre.

À ce jour, aucune étude complète et indépendante n’a été faite sur l’ensemble de ce projet. Seules les données du promoteur servent d’analyse pour les fonctionnaires du ministère de l’Environnement ou ont servi lors des deux BAPE (Bureau d’audience public sur l’environnement) partiels que des ministres de l’Environnement ont décrétés dans le passé.

Récemment, le ministère exigeait encore un nouveau rapport de la part du promoteur. Il s’agit de celui de la firme Golder.

La Coalition Eau Secours! l’a étudié en détails. De bonne crédibilité, l’étude nous apprend par déduction que si la mine avait été en exploitation selon les règles des études précédentes, les citoyens vivraient en milieu pollué.

Le refus de la population okoise d’accueillir un projet minier dans son environnement agro-touristique de haut niveau est endossé par de nombreux autres intervenants locaux, régionaux et nationaux, dont les producteurs agricoles d’Oka et de Saint-Joseph-du-lac,

la communauté autochtone de Kanesatake, des comités de citoyens de la région, des syndicats locaux, Mining Watch, la SNAP et Eau secours! qui appuie en toute connaissance de cause la détermination des citoyens.

Depuis quelques semaines, Eau Secours! et le comité de citoyens d’Oka ont distribué un dépliant faisant le point sur l’ensemble du dossier à la population okoise, ainsi qu’au Conseil des ministres et à plusieurs députés de l’opposition.

Il est temps de donner l’heure juste aux citoyens. Plus on prospecte, plus on creuse ce projet minier, plus on découvre de nouveaux filons de questions sans réponses.

Après plus de douze ans, le promoteur n’a toujours pas réussi à faire une preuve hors de tout doute raisonnable de l’innocuité de cette mine sur l’environnement et la qualité de vie d’Oka et de sa région.

C’est pour toutes ces raisons que nous considérons que le projet de mine de niobium à Oka doit être abandonné.

Devant un refus du promoteur d’abandonner son projet et d’aller prospecter ailleurs, nous exigeons de la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs une étude environnementale complète et indépendante sur tous les aspects de ce projet minier et sur leurs interrelations ou encore de tout simplement mettre fin aux attentes du promoteur.

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.