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N° 262 - septembre 2007
La complicité entre promoteurs et élus s’affiche ouvertement
La progéniture de Chevrette croît et se multiplie
Roméo Bouchard
Saint-Germain-de-Kamouraska – Les citoyens et les média d’information ont dénoncé l’insuffisance de la participation des citoyens à l’implantation et aux bénéfices des projets de parcs éoliens qui poussent comme des champignons à travers tout le Québec dans l’espoir de décrocher le gros lot à la loterie d’Hydro-Québec le 18 septembre prochain.

Craignant sans doute de voir s’envoler la poule aux œufs d’or dont leur a fait cadeau le gouvernement Charest, les gros promoteurs privés mènent depuis quelques temps une campagne majeure pour convaincre les citoyens et les municipalités d’accepter des partenariat avec eux, une façon pour eux soi-disant d’augmenter leurs bénéfices tout en minimisant les risques.

Dans plusieurs endroits où leurs projets rencontrent une résistance, particulièrement dans Chaudière-Appalaches, les promoteurs prennent l’initiative de proposer des partenariats de leur cru. La firme Innergex, dirigée par le très actif Gilles Lefrançois, qui préside également la coalition des promoteurs privés, a même réussi à convaincre la Fédération québécoise des municipalités de créer en partenariat une Société de développement éolien destinée à « soutenir » les municipalités qui désirent proposer des projets pour l’appel d’offres de 500MW communautaires. Une façon pour le privé d’aller chercher des profits même dans le bloc communautaire.

Si certaines municipalités comme celles de Matapédia et de Sainte-Anne-des-Monts résistent de leur mieux, ailleurs la complicité entre les promoteurs privés et les élus municipaux s’affiche ouvertement. Par exemple à Thetford Mines où récemment les représentants de 3CI, dont certains dirigeants sont d’ex-sous-traitants d’Hydro-Québec, siégeaient avec le Conseil lors de l’étude du règlement sur les développements éoliens alors qu’on limitait la parole de citoyens qui seront touchés par les projets.

Dernière tactique : les promoteurs vont chercher comme porte-parole et agent de communication d’ex-députés qui semblent prêts à tous les compromis pour avoir une tribune : David Cliche, ex-ministre de l’environnement péquiste, pour Northland Power; Yvan Loubier, ex-critique économique du Bloc pour Sky-Power. L’exemple de Guy Chevrette et de Pierre Brien avec les compagnies forestières, et de Lucien Bouchard avec Olymel porte fruit.

Le but de l’opération est clair : couper l’herbe sous les pieds aux deux alternatives qui prennent chaque jour plus de force chez les opposants : la mise en place de parcs coopératifs autonomes et la reprise en mains du développement éolien par Hydro-Québec en partenariat avec les communautés en milieu habité. Craignant de tout perdre, les promoteurs privés préfèrent faire semblant de partager leurs profits, espérant ainsi isoler le mouvement de coopératives autonomes et les tenants d’une nationalisation.

Une fois de plus, ce sont les citoyens et les communautés locales et régionales qui feront les frais de cette campagne menée à coups de millions. Qu’attendent les Québécois responsables et les Partis politiques pour exiger que cesse cette spoliation des communautés et ce modèle d’exploitation qui achèvent de vider le fleuve, les forêts, les mines, les fermes, les villages et les régions du Québec. Quant au Gouvernement et à Hydro-Québec, pourquoi restent-ils muets comme des coupables ?

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