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Au service de la privatisation
N° 261 - juillet 2007
On a choisi un thème urbain axé sur la nature
La Coop du terrain vague s’applique à prendre sa place
Sarah-Geneviève Perreault
S’unir afin de se trouver une niche au sein du milieu culturel québécois, voilà ce qu’ont décidé de faire une quinzaine de jeunes créateurs.

Nommé Coop du terrain vague, ce projet est en fait la réunion d’individus provenant de divers horizons tels le cinéma, la photo, la littérature et le journalisme qui offrent, en tant que coopérative, plusieurs services : conception de films, rédaction, conception de sites web, photographie. Marie-Julie Garneau, l’une des fondatrices, résume ainsi les motivations: « On voulait travailler dans ce milieu, mais on ne voulait pas, dans vingt ans, avoir honte de ce qu’on avait fait ».

La Coop a, en collaboration avec Front Froid, un organisme voué à la promotion de la bande dessinée québécoise, organisée des activités d’initiation dans les écoles secondaires. « C’est Gautier Langevin, le fondateur de Front Froid, qui a lancé le projet auquel je me suis par la suite intégré », explique Benoît Bordeleau, un membre-fondateur de la Coop. « Lors de cette activité, on présente la bande dessinée aux jeunes. On fait un parallèle avec le cinéma afin d’illustrer les différents genres », précise-t-il. Présentées dans plusieurs écoles, ces activités ont beaucoup de succès. « Il y a un effet à long terme. Les bibliothécaires nous le disent, les jeunes qui lisaient peu auparavant, lisent davantage. C’est très encourageant ! »

Très versatile, la Coop du terrain vague a aussi réalisé un vidéo corporatif pour la Commission des services juridiques sous la gouverne d’Éléonore Létourneau. Ce film traitant des droits et des devoirs des adolescents est diffusé dans les écoles afin d’informer les jeunes. Plusieurs projets sont en préparation pour l’automne dont, notamment, des ateliers parascolaires traitant de l’art et de la communication. Ceux-ci permettront aux jeunes de réfléchir sur l’image tant publicitaire, cinématographique que photographique tout en leur donnant l’occasion de s’initier à la production.

L’organisme priorise les projets provenant d’artistes de la relève et d’organismes engagés socialement. Si quelqu’un désire joindre les rangs, il sera accueilli chaleureusement, car un nouveau membre signifie davantage de connaissances. « Nous sommes un tremplin pour les gens qui ont une idée, mais qui n’ont pas les ressources pour la mettre sur pied », soutient la jeune femme. L’association de type coopérative a permis de partager le matériel et de mettre également en commun les ressources humaines.

La Coop du terrain vague a officiellement été fondée en mars 2006. « On a choisi un thème urbain axé sur la nature. Un terrain vague, c’est en fait un espace à combler. Une espèce de no man’s land en plein milieu de la ville. Cela nous ressemblait. Nous, des jeunes qui commencions et avions peu d’expérience », explique-t-elle. Le 25 avril dernier au Main Hall, l’organisme a fêté sa première année d’existence. Tous les membres ont participé à l’élaboration de ce lancement et tous ont d’ailleurs présenté leurs projets. Cette exposition hétéroclite était à l’image de la Coop : sympathique et sans prétention. Des extraits de dialogues d’un projet de long métrage, un collage de pensées de gens célèbres, un article de journal côtoyaient des photos et des projections vidéo. La visite rythmée par la musique de DJ’s était courte mais, malgré le côté disparate de l’événement ou grâce à celui-ci, on se rendait rapidement compte du dynamisme de cet organisme.

La structure est souple. « Chacun modèle la Coop comme il le veut. Certain sont plus solitaires, d’autres préfèrent travailler en groupe », résume Marie-Julie. L’organisme priorise l’action citoyenne. Les membres tentent, par l’entremise de leurs activités de formation, d’éduquer tout en stimulant la créativité et en donnant le goût aux gens de partager, de s’engager. « Les gens ne savent plus comment s’impliquer. À force de se faire dire qu’ils sont cons, ils le croient », soutient Marie-Julie.

« C’est dur de se tailler une place dans le milieu culturel, en particulier au cinéma. Le milieu est très compétitif. Le problème, c’est la diffusion. Il y a plein de choses qui se font, des courts et des longs métrages, des documentaires, mais les coupures budgétaires et les changements de gouvernements font en sorte qu’il n’y a pas de suivi. Il n’y a pas non plus de fenêtre à la télé ou au cinéma pour du contenu alternatif », déplore Marie-Julie. Elle dénonce également le fait que les instances décisionnelles soient souvent composées de gens qui n’ont aucun lien avec le milieu même « s’il y a pourtant beaucoup de gens formés qui connaissent le métier et qui seraient plus à même de juger le travail de leurs pairs ».

Malgré les embûches, les membres du groupe sont bien décidés à continuer et à faire leur place sans sacrifier leurs valeurs ni leurs talents. « Nous sommes quinze producteurs indépendants qui avons envie de faire des films, de la photo ayant une valeur artistique et un contenu sans niveler par le bas, sans avoir honte d’être intellectuel » conclut avec conviction Marie-Julie Garneau.

Pour plus d’informations : www.coopduterrainvague.com

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