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Les changements linguistiques
N° 260 - juin 2007

Le seul chemin était-il celui de Jackie Robinson ?
Simon Hébert
Cette année, on commémore le 50e anniversaire de l’arrivée de Jackie Robinson dans la ligue majeure de baseball, le premier noir à briser la barrière de la couleur dans ce sport. L’impact de ce moment historique en a inspiré plusieurs, mais en a aussi mené plusieurs au fond du gouffre.

Depuis des dizaines d’années, la société américaine a véhiculé que l’un des seuls chemins à suivre pour les jeunes noirs, afin de connaître le succès financier et de gagner le respect du reste des citoyens américains, était le sport professionnel.

Aujourd’hui, les noirs forment 80 % de tous les joueurs de la Ligue Nationale de Basket-ball (NBA), et presque 70 % dans la Ligue Nationale de Football (NFL). De plus, même si les joueurs noirs de la Ligue majeure de baseball ne forment maintenant que 9 % de l’ensemble de l’alignement dans ce sport, ils ont tout même gagné 41 % des titres de joueurs les plus utiles de la ligue au cours des vingt-cinq dernières années.

Mais les statistiques actuelles et passées prouvent que les athlètes, toutes nationalités confondues, au secondaire (high school), qui pratiquent le baseball à un niveau d’élite n’ont qu’une chance sur dix mille de percer et de vivre de leur sport. Encore pire, les jeunes joueurs de basket-ball n’ont qu’une chance sur…cinquante mille !

Harry Edwards est aujourd’hui un sociologue sportif à l’Université de Berkeley aux États-unis, en Californie, et consultant pour l’équipe de football professionnel de San Francisco, les 49e. Il avoue, qu’enfant, il en est venu, comme son père, à croire dur comme fer qu’il allait connaître une carrière glorieuse comme boxeur professionnel. Il a plus tard réalisé, comme plusieurs milliers de noirs, qu’il a perdu plusieurs années à vivre d’un rêve inatteignable pour lui.

Edwards a fait appel à la communauté noire afin qu’elle boycotte les jeux Olympiques de 1968. Son argument principal était que la poursuite aveugle d’un but sportif avait pour effet d’entraîner à leur perte des milliers de noirs qui avaient un bien meilleur potentiel dans d’autres domaines : le droit, la finance, l’entrepreneurship, etc.

D’autres ont emboîté le pas à Edwards. En 1997, John Hoberman, un professeur blanc de l’Université du Texas à Austin, a écrit « Darwin’s Athletes: How Sport Has Damaged Black America and Preserved the Myth of Race ». Un documentaire du nom de « Hoops Dream », présenté en salles il y a quelques années, dépeignait la réalité et ses graves conséquences dans les familles pauvres.

Cependant, malgré tous ces appels aux changements, le rêve a persisté, et persiste encore. Pourquoi ? Parce que, dans les journaux et à la télévision, les familles noires entendent plus d’histoires à succès concernant le sport professionnel et les noirs que dans tous les autres domaines rassemblés.

C’est sans surprise que l’étude récente que la Northeasterns Center for the Study of Sports in Society démontre que 66 % des Africains-Américains âgés entre 13 et 16 ans croient qu’ils pourraient vivre du sport professionnel, plus que le double du pourcentage des blancs qui ont répondus à cette même question.

Joe Morgan, un joueur de baseball des Oakland As, membre du Temple de la renommée, admet la gravité du problème, mais il ne croit pas que les noirs choisissent consciemment, encore aujourd’hui, la voie du sport professionnel. « Si vous êtes enfermé à clef dans une chambre, déclare-t-il, et qu’il y a seulement une petite fenêtre qui donne sur l’extérieur, vous passez au travers. »

Selon Morgan, le sport a clairement nuit au développement de la communauté noire américaine, mais dans plusieurs cas, étant donné la barrière financière à laquelle se butent les jeunes noirs qui veulent poursuivre des études post-secondaires, c’était la seule issue pour ces jeunes.

Ce phénomène est beaucoup moins présent au Canada. En effet, le coût des études au Canada est minime comparé à celui de nos voisins, et permet à un bien plus grand nombre de noirs défavorisés de poursuivre des études supérieures.

Ces derniers sont aussi conscients que le patriotisme des Américains ferment des portes à plusieurs athlètes de haut niveau qui ont le talent pour percer. Priorité est accordée aux athlètes américains.

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