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Les changements linguistiques
N° 260 - juin 2007

La paille se traduit poutre dans l’oeil de l’autre
Pierre Dubuc
Le chroniqueur Don MacPherson du quotidien The Gazette croit que l’impartialité de la commission sur les accommodements raisonnables a été minée par des propos tenus par l’un de ses coprésidents, Gérard Bouchard.

Ce dernier, dit-il, devrait peut-être démissionner pour réparer le tort qu’il a causé à cette commission.

Macpherson s’en prend aux propos tenus par Gérard Bouchard dans une entrevue accordée à l’hebdomadaire montréalais Voir le 29 mars dernier au sujet de la crise de l’identité québécoise. L’historien et sociologue soutient que la question des accommodements raisonnables est révélatrice d’une «articulation qui ne s’est pas bien faite entre la diversité et l’ancienne tradition ou culture de la société d’accueil ».

Interrogé sur le moyen « d’accoupler ces deux cultures », M. Bouchard répond : «C’est une des raisons pour lesquelles je pense que le Québec devrait absolument faire son indépendance. Le Québec a besoin d’accomplir un acte fondateur », dit-il.

Il précise un peu plus loin que cette option donnerait « cette espèce de confiance en soi, cette valorisation, cette sécurité psychologique et symbolique auxquelles nous aspirons d’une façon quasiment maladive. »

Pour ne pas être en reste avec le journaliste MacPherson, il serait bon de rappeler quelques faits à propos du co-président de la commission sur les accommodements raisonnables : le philosophe Charles Taylor.

Dans son livre Ce pays comme un enfant, Serge Cantin rappelle que, peu avant le référendum de 1995, le réseau FM de Radio-Canada a proposé un débat sur le nationalisme réunissant Georges Leroux, Jean Larose, Jean-François Nadeau, Antoine Robitaille, Charles Taylor et Fernand Dumont.

« Les cinq interlocuteurs de Taylor, écrit Cantin, n’en revenaient pas de la virulence de sa diatribe anti-nationaliste. À tel point que Fernand Dumont […] après avoir signalé aux animateurs du débat sa “ difficulté ” face au discours de son collègue de McGill est venu bien près de “ quitter ” […] Ce n’était pas drôle, ajoute Cantin, non vraiment pas drôle, d’entendre ce superphilosophe, cette sommité internationale (Taylor est considéré comme l’un des plus grands philosophes politiques contemporains), cet apôtre du dialogue interculturel, celui qui s’est donné pour mission de “ rapprocher les solitudes ”, de l’entendre donc proférer les accusations les moins fondées, les plus grossières, celle-ci par exemple : “ le discours des extrémistes nationalistes pénètre le Parti québécois de fond en comble ”; ou cette autre : “ le Québec est le grand responsable de l’échec de Meech ! ” »

Dans Québec, 18 septembre 2001, Claude Bariteau donne un autre exemple de l’état d’esprit de Charles Taylor. Dans un échange entre intellectuels dans un restaurant, en 1993, à la suite d’une conférence que Taylor venait de prononcer à l’Université Laval, Bariteau relate que, « interrogé sur la façon d’aborder le mouvement sécessionniste, le conférencier (Taylor) signale qu’il faut d’abord considérer les promoteurs de ce mouvement comme des ennemis ».

Bariteau reconnaît en avoir été estomaqué !

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