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Les changements linguistiques
N° 260 - juin 2007
Entre Desmarais et Sarkozy c’est la « Total » !
Comment Nicolas pourra-t-il épater son grand ami Paul ?
Pierre Dubuc
Dans son livre Mulroney, Les enregistrements secrets, Peter C. Newman raconte l’immense faveur que le président Mitterrand avait accordée au premier ministre Mulroney et à la famille Desmarais.

Newman rapporte ainsi les propos de Fred Doucet, le secrétaire de Mulroney : « À la fin du dîner, Mitterrand a dit au premier ministre : « Je vois que vous avez un vrai sens de l’histoire et un jugement approfondi sur les forces en présence. Suivez-moi. »

« C’est ainsi qu’un petit groupe de sept personnes a emboîté le pas au président : Paul Desmarais et sa femme, son fils et sa femme, moi-même, M. Mulroney et Mme Mulroney. Nous avons parcouru un long couloir au palais de l’Élysée, pour aboutir à une petite rotonde avec une immense porte. Bien sûr, dans ces pièces aux plafonds élevés, les portes sont toujours énormes. Mitterrand a ouvert la porte et on s’est retrouvé dans un petit corridor sombre. Enfin, après avoir traversé une autre porte, on est entré dans le bureau où Napoléon avait abdiqué après la défaite de Waterloo.

Mitterrand nous a dit qu’il n’avait jamais amené aucun autre homme d’État dans cette pièce. La lettre d’abdication de Napoléon était placée en évidence sur le bureau. Manifestement, cette pièce n’était pas époussetée très souvent, car lorsque le président a soulevé la lettre pour la montrer au premier ministre, on pouvait voir les traces de démarcation de la poussière. Mitterrand nous a fait revivre le moment où Napoléon avait appelé le secrétaire pour lui remettre la lettre et l’atmosphère dramatique qui entourait tout cela. »

Après cela, que reste-t-il à Sarkozy pour épater son « grand ami » Paul Desmarais et le remercier de l’avoir reçu à plusieurs reprises à son domaine de Sagard dans Charlevoix ? D’autant plus que Sarkozy se prend pour Napoléon au point d’avoir terminé sa campagne électorale par une chevauchée très médiatisée en Camargue monté sur un cheval blanc !

Sarkozy saura bien trouver dans les trésors de l’Élysée comment éblouir la famille Desmarais. D’autant qu’au soir de la victoire de Nicolas Sarkozy , au restaurant Le Fouquet où s’est retrouvé le gratin de la classe dirigeante française, les seuls non-français présents étaient Paul Desmarais et Albert Frère.

À court terme, de façon plus prosaïque, les moyens de combler les propriétaires de Power Corporation ne manqueront pas. Par l’intermédiaire du Groupe Bruxelles-Lambert, la famille Desmarais et leur compère belge Albert Frère sont les plus importants actionnaires de Total – la cinquième pétrolière au monde – du groupe Suez, de la cimenterie Lafarge et de Imerys, un leader dans les matériaux de construction.

M. Sarkozy pourrait faciliter la fusion, déjà annoncée, du Groupe Suez avec la société d’état Gaz de France, le plus important distributeur de gaz naturel en Europe. Au cas où cette transaction ne pourrait voir le jour, les conseillers économiques de Sarkozy ont évoqué l’idée d’une fusion entre Gaz de France et Total.

Une autre idée qui circule, selon le journaliste Konrad Yakabuski du Globe and Mail, serait de fusionner Total avec Areva, la société d’état nucléaire française. Les pétrolières s’intéressent de plus en plus au nucléaire et Areva a déjà des réacteurs nucléaires en fonction en Ontario.

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