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La peau de l'ours !
N° 257 - mars 2007
Coopératives de café et de cacao en République dominicaine
Le marché équitable permet la survie de nos associés
Mylène Coderie-Proulx, Alexandrine G. Slater et Samuelle Ramsey-Houle
Au cours d’un stage de coopération en République dominicaine, des étudiantes en Sciences humaines du Cégep de Trois-Rivières ont rencontré des petits producteurs de café et de chocolat biologique et équitable.

La République dominicaine est le pays par excellence des inégalités sociales. Dans les rues de Santo Domingo se côtoient les charrettes et les immenses VUS de l’année. Les enfants-mendiants et les Haïtiens sans statut fourmillent tandis que les gardes armés surveillent les banques et les magasins des mieux nantis. Ici, dans la cour arrière des États-Unis, c’est la loi du plus fort. Malgré tout, quelques travailleurs arrivent à mener une vie plus digne grâce au commerce équitable.

Deux visites ont été organisées dans des coopératives de café et de cacao équitable et biologique en République Dominicaine.

Au cœur des plus hauts sommets des Antilles au centre du pays, nous avons rencontré et visité des petits producteurs de l’ASociación de CAfecultores de JArabacoa (ASCAJA). Les petits producteurs de café de cette bourgade ont accès au marché mondial grâce à leur regroupement en coopérative. Nous avons rencontré M. Ebelio qui œuvre depuis bientôt vingt ans sur cette plantation. Avec la certification équitable qu’ils ont maintenant depuis dix ans, les travailleurs jouissent de plusieurs avantages.

Selon M. Ebelio, « les récolteuses (pour la grande majorité des femmes) gagnent un salaire de quatre cent pesos par jour (environ seize dollars canadiens), contrairement à deux cent cinquante pesos dans une plantation n’ayant pas cette certification (environ dix dollars canadiens) ». Les salaires en République dominicaine sont d’ailleurs très bas, un professeur de primaire gagne un maximum de 320 pesos par jour (onze dollars canadiens).

De plus, les profits de la coopérative sont utilisés à des fins communautaires. On y construit des écoles et des cliniques médicales pour les travailleurs et leurs enfants. De plus, la coopérative encourage la formation des travailleurs afin qu’ils puissent développer leur autonomie et avoir leur propre plantation.

À Cotui, à quelques heures au nord de Santo Domingo, nous avons visité un bloque parmi les 9 bloques de la grande COnfederación NAcional de CAcaocultores DOminicanos (CONACADO). Avec ses 9000 travailleurs partout en République dominicaine et sa fédération, CONACADO est reconnue comme étant l’une des plus grandes coopératives de chocolat équitable dans le monde.

Les conditions sont semblables à celles des producteurs de café de Jarabacoa, avec des semaines d’environ quarante-huit heures de travail s’étendant du lundi au samedi et des salaires de 400 pesos par jour (16 dollars canadiens). Cela confirme que les normes équitables restent les mêmes, peu importe la coopérative.

Le président du bloque no 7 explique que « la concurrence mondiale est devenue très dure pour les organismes de petits cultivateurs, si bien que seuls les marchés à créneaux nous permettent de survivre. Le marché équitable constitue, par exemple, un débouché très important pour permettre la survie de nos associés. »

Toutefois, le chocolat est une denrée capricieuse, si bien que les coopératives de CONACADO vendent la graine de chocolat brute et non transformée majoritairement aux Européens. Contrairement au café, la transformation du chocolat en produit fini nécessite des investissements et une expertise que même la grande confédération de travailleurs n’a pas encore mis sur pied. « Nous sommes très intéressés a recevoir des investissements pour transformer le chocolat ici », souligne le président de la coopérative de Cotui. Malgré le système équitable, la dure réalité des économies des pays sous-développés demeure. La confédération travaille au projet de la transformation.

Tout en optant pour des normes équitables, ces deux coopératives ont également choisi la voie biologique. M. Ebelio, petit producteur, explique tous les bienfaits de la production biologique du café : « la culture régulière du café entraîne habituellement un usage abusif du sol, si bien qu’il en perd toutes ses ressources et devient inutilisable. Lorsque la culture se fait sous un couvert forestier, l’évaporation se voit diminuée, par conséquent l’arrosage est moins fréquent. De plus, le sol peut se régénérer par lui-même. Donc, l’usage de produits chimiques tels que les engrais, les pesticides et les herbicides devient inutile. » La conservation de la biodiversité est ainsi facilitée et les cueilleuses ne sont pas en contact avec des pesticides.

Le commerce équitable augmente la qualité de vie des familles des travailleurs, et le commerce biologique permet de travailler le sol sans l’épuiser. Nous avons pu constater ces effets bénéfiques sur place. Encourager le commerce équitable améliore le quotidien des travailleurs agricoles.

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