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Salut Michel !
N° 255 - janvier 2007

À Naïrobi, le Canada s’est gargarisé au pétrole
Vivian Barbot*
La conférence sur le climat de Naïrobi était l’occasion pour la ministre de l’Environnement, Rona Ambrose, de faire la preuve que le gouvernement conservateur avait un plan sérieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et, par la même occasion, de faire taire les critiques nombreuses tant pan-canadiennes qu’internationales concernant le rôle du Canada à cet égard.

Malheureusement, il s’agit d’une occasion ratée. Non seulement la ministre Ambrose n’a pas su redresser la barque, mais ses déclarations auront confirmé les perceptions et fait classer le Canada et son nouveau gouvernement conservateur dans le clan des pays pour qui l’urgence d’agir en matière environnementale n’est pas une priorité.

Pointée du doigt de toutes parts, particulièrement par la France, pour avoir renié l’engagement du Canada à l’égard du Protocole de Kyoto et pour son manque flagrant de leadership alors que le Canada coprésidait la Conférence sur les changements climatiques, la ministre n’a rien trouvé de mieux que de détourner l’attention en accusant les partis d’opposition ainsi que les groupes environnementaux de se livrer à une campagne de dénigrement à l’endroit de son gouvernement.

Disons-le franchement : la ministre n’a pas besoin des partis d’opposition ni du lobby environnemental pour faire piètre figure. Son inaction en matière environnementale est parfaitement éloquente, alors que 70 % de la population du Québec et du Canada désapprouvent la politique environnementale du gouvernement fédéral !

Devant un tel gâchis, les partis d’opposition se doivent de faire savoir à la communauté internationale que les Québécois et les Canadiens ne partagent pas le dangereux désintérêt de ce gouvernement face au problème des changements climatiques. C’est ce qu’a fait le porte-parole du Bloc Québécois en matière d’Environnement, le député de Rosemont – La Petite-Patrie, Bernard Bigras, lorsqu’il a rappelé aux participants de la conférence de Naïrobi que les parlementaires fédéraux ont adopté à la majorité une motion du Bloc Québécois réclamant le respect des objectifs de Kyoto.

Peu avant la conférence de Naïrobi, le Bloc Québécois s’était chargé de rappeler cette volonté du Parlement canadien en exigeant que la ministre Ambrose prenne un engagement ferme à l’égard des trois éléments suivants :

le respect des engagements du Canada à l’égard de la première phase du Protocole de Kyoto, c’est-à-dire en adhérant aux objectifs à court terme fixés pour le Canada dans le cadre de l’entente;

la recommandation selon laquelle la période d’examen du Protocole de Kyoto soit limitée à une année, afin que ce processus ne ralentisse d’aucune façon l’adoption des rigoureuses cibles de réduction de la seconde phase du Protocole ;

un soutien inconditionnel aux objectifs plus contraignants et plus exigeants pour la seconde phase du Protocole, sur la base de la Conférence de Montréal de décembre 2005.

Les déclarations de la ministre Ambrose sont d’autant plus inquiétantes qu’elles n’augurent rien de bon pour le Québec. Ce dernier s’est engagé à contribuer pleinement à l’atteinte des objectifs du Canada, mais le gouvernement fédéral refuse toujours de lui verser les 328 millions $ nécessaires pour compléter son plan.

Rona Ambrose refuse de reconnaître les efforts du Québec ainsi que la valeur du plan québécois, à tel point qu’elle a omis d’en parler à ses collègues de la Conférence de Naïrobi alors qu’elle s’y était engagée auprès du ministre Claude Béchard !

La rencontre de Nairobi n’est que la dernière illustration du peu de cas que fait le gouvernement fédéral conservateur à l’égard de la question environnementale, qui deviendra certainement de plus en plus pressante avec les années. Ce gouvernement nie les faits de façon éhontée, aveuglé par la pression des intérêts des pétrolières de l’Ouest canadien lesquels sont intimement liés à ses intérêts électoraux. Cependant, s’il s’obstine à ne pas écouter la population du Québec et du Canada, il se pourrait fort bien que plusieurs députés conservateurs soient mis au chômage lors du prochain rendez-vous électoral…

* députée de Papineau

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