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N° 254 - novembre 2006
La nouvelle Alliance regroupe 97 titres d’emploi
L’APTS s’oppose à l’étalement de l’équité en 8 versements
Pierre Dubuc
L’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) est sortie grande gagnante de la fusion des accréditations syndicales provoquée par la loi 30 dans le domaine de la santé. Son membership a presque doublé pour atteindre 26 000 membres. Nous avons rencontré sa présidente, Mme Dominique Verreault.

Les bouleversements survenus avec l’expansion découlant des modifications à la représentation syndicale dans le milieu de la santé ont dû être digérés par une association qui « était elle-même le résultat d’une fusion récente entre les 10 000 membres de la Centrale des professionnels de la santé (CPS) et les 4 500 membres de l’Association professionnelle des technologistes médicaux du Québec (APTMQ) », rappelle Dominique Verreault.

La nouvelle Alliance regroupe entre autres des techniciennes, des professionnelles, des travailleuses sociales du réseau de la santé. Au total 96 titres d’emploi rassemblés en cinq regroupements, soit : réadaptation, diagnostic, psychosocial, nutrition, prévention et soutien clinique.

Composée à 85 % de femmes, l’APTS est dirigée très majoritairement par des femmes. Sur les sept membres de l’exécutif, il n’y a qu’un homme et seulement trois sur les dix-sept autres membres du conseil d’administration.

On comprend que les membres de l’APTS attendent avec impatience le règlement final du dossier de l’équité salariale et que l’Alliance s’oppose fermement à l’étalement en huit versements plutôt qu’en cinq, que propose le gouvernement Charest des montants qui leur sont dus.

Avec la loi 30 est aussi venue la décentralisation des négociations. « Pour l’APTS, cela signifie 115 négociations locales sur 26 articles qui touchent principalement l’organisation du travail », précise Dominique Verreault et, conséquence du décret du mois de décembre dernier qui a aussi frappé les membres de l’APTS, l’Alliance « a de la difficulté à obtenir de la partie patronale des libérations syndicales. »

Ces restrictions à la liberté d’action syndicale contenues dans le décret ne sont pas sans liens avec un des problèmes majeurs auxquels font face plusieurs des professions représentées par l’APTS : la pénurie de personnel. « Il y a beaucoup de cas de non remplacement lors d’absences, de nous expliquer Dominique Verreault en ajoutant que la surcharge de travail qu’entraîne une absence incombe aux collègues, qui ont déjà à supporter une lourde tâche par suite des restrictions budgétaires. » Un milieu donc où les propos de Lucien Bouchard sur ces gens « qui ne travaillent pas assez » ont dû en faire sursauter plus d’une !

La « solution » gouvernementale à ce surcroît de travail a été à la hauteur de ce qu’est le gouvernement Charest : limiter les congés maladie. Le décret (loi 142) permet le recours à une évaluation par un médecin patronal et un verdict final par un médecin-arbitre dans les 30 jours suivant l’arrêt pour cause de maladie. « Ce dossier est une priorité pour le syndicat », nous dit Dominique Perreault.

Une des causes principales de la pénurie de main-d’œuvre dans les professions représentées par l’APTS est, selon sa présidente, le recours aux agences privées. « Il y a des agences privées dans plusieurs secteurs (physiothérapie, ergothérapie, laboratoires, etc.). Les agences attirent le personnel avec des horaires plus souples et une meilleure rémunération que la nôtre. Tout cela coûte plus cher à l’employeur, au gouvernement et, en bout de ligne, aux contribuables », dénonce-t-elle en soulignant que les modifications apportées par le gouvernement Charest à l’article 45 du code du travail « nous ont donné moins de marge de manœuvre ».

L’APTS surveille également de très près les développements à la suite de l’arrêt Chaoulli en faveur de l’instauration d’un régime privé d’assurance maladie au Québec. Selon sa présidente, « la privatisation ne règlera en rien les problèmes des listes d’attente. »

Dominique Perreault reconnaît que le mouvement syndical fait aujourd’hui face à de grands défis. « Nous avons vu, lors du conflit à la Société des Alcools, le peu de soutien apporté aux grévistes par la population », nous rappelle-t-elle.

Les problèmes sont également présents au sein même des organisations syndicales. « L’individualisme nous atteint. Les jeunes prennent les choses pour acquises. Il faut leur rappeler que les gains réalisés au chapitre de nos conditions de travail sont le fruit de longues luttes », souligne-t-elle. D’ailleurs, dans les publications de l’APTS, on se fait un point d’honneur de consacrer « une capsule historique » aux luttes du mouvement syndical.

À cause de sa croissance extrêmement rapide, l’APTS a, par la force des choses, dû se concentrer sur son organisation interne au cours des derniers mois, mais Dominique Verreault nous assure que l’APTS fera bientôt entendre sa voix sur les grands défis sociaux, particulièrement dans le domaine de la santé où réside son expertise.

L’APTS est un syndicat indépendant, mais l’Alliance s’intéresse au Secrétariat intersyndical mis sur pied par la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ) et le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) et auquel vient de se joindre la Fédération des infirmiers et infirmières du Québec (FIIQ).

Dans le cadre de la recomposition en cours du mouvement syndical, l’APTS est devenu un joueur numériquement important avec une expertise essentielle. Il est prévisible et souhaitable que nous entendions de plus en plus sa voix sur la place publique.

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