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Les papes maudits
N° 253 - octobre 2006
Après un cheminement tortueux
L’équité salariale corrige enfin les injustices
Marc Laviolette
Pour les 36 000 femmes travaillant dans les centres de la petite enfance, dans les garderies et bureaux coordonnateurs, mardi le 19 septembre deviendra une date charnière dans leur lutte pour l’amélioration de leurs conditions de travail et pour des services de garde de qualité. Enfin, le gouvernement libéral et l’Association québécoise des Centres de la petite enfance convenaient avec le secteur CPE de la Fédération de la santé et des services sociaux (CSN) d’un règlement sur l’équité salariale pour les femmes travaillant dans ce secteur.

À titre d’exemple, avec ce règlement, le taux horaire d’une éducatrice sera rajusté de 8,95 %, une cuisinière de 7,15 %, une agente conseil en soutien pédagogique et technique de

9,97 % et une adjointe administrative de 2,56 %. Ces ajustements s’étaleront sur 5 ans à compter du 1er avril 2007.

À terme (en 2011), si on inclut les 2 % d’augmentation salariale déjà négociées jusqu’en 2009, le taux horaire d’une éducatrice passera de 18,73 $ de l’heure à 21,65 $ de l’heure. Ce montant pourra être bonifié par une nouvelle ronde de négociations salariales en 2010-2011.

Réunies en conseil de secteur le 25 septembre dernier, les représentantes des CPE syndiquées à la CSN (représentant près de 25 % de l’ensemble des travailleuses auprès de la petite enfance) ont procédé à l’évaluation détaillée du règlement. Rappelons-nous que, pour ces militantes, le chemin a été plutôt tortueux avec le gouvernement Charest. Les négociations avaient été rompues en mars dernier et ce n’est qu’au début septembre que les discussions ont repris pour en arriver finalement à un règlement.

Pour Annette Herbeuval, vice-présidente à la négociation et aux griefs du secteur CPE en Montérégie, représentant plus de 1000 membres (35 accréditations dans 57 installations). « Ce règlement est pleinement satisfaisant et marque une autre étape importante dans l’amélioration des conditions de travail de nos membres. En 1999, nous avons obtenu l’échelle unique de salaire pour l’ensemble du réseau CPE. Ensuite, en 2003, nous avons obtenu un régime de retraite pour nos membres et maintenant, à partir de 2007, l’équité salariale corrigera les injustices et reconnaîtra à sa pleine valeur notre travail auprès de la petite enfance ».

La bataille n’est cependant pas terminée. En effet, la loi sur l’équité salariale prévoit une date d’application différente pour les travailleuses qui n’ont pas de comparateur masculin dans leur milieu de travail (ce qui est le cas pour les CPE). L’effet concret de cette disposition de la loi : Les travailleuses de CPE perdent plus de 5 ans du bénéfice de l’application de l’équité salariale.

En vertu de la loi, la plupart des femmes ayant droit à l’équité salariale au Québec pourront bénéficier d’une rétroactivité au 21 novembre 2001, tandis que pour les CPE, le premier versement est prévu pour le 5 mai 2007. Une perte sèche qui est totalement discriminatoire.

C’est pourquoi la CSN a entrepris un recours judiciaire pour modifier la date d’entrée en vigueur du règlement. Pour la CSN, les dispositions de la loi qui prévoient que novembre 2001 n’est pas la date d’application des correctifs salariaux pour ces travailleuses est « un véritable déni de justice » comme le déclarait la présidente Claudette Carbonneau aux médias nationaux lors de l’annonce du règlement.

Malgré les attaques répétées du gouvernement Charest contre le réseau des CPE, l’augmentation du tarif à 7 $, le retrait du droit à la syndicalisation pour les travailleuses en milieu familial, la création des « bureaux coordonnateurs », entraînant de nombreuses mises à pied dans le réseau, les travailleuses syndiquées contribuent à améliorer les services de garde et à faire reconnaître le travail de ces femmes à leur juste valeur.

Par ce règlement, on constate encore une fois le caractère progressiste et porteur du mouvement syndical : 25 % des femmes de ce secteur organisées en syndicat réussissent à faire reconnaître pleinement la valeur du travail des 36 000 femmes œuvrant auprès de la petite enfance.

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