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Le pétro-pistolet
N° 252 - septembre 2006
Toutes les plaintes concernent la non-utilisation du français
À Ottawa, il n’y a de langue officielle que l’anglais
Vivian Barbot*
Agir à titre de porte-parole du Bloc québécois en matière de Langues officielles, c’est en quelque sorte prendre conscience de ce que représente la langue française au sein du parlement et de la fonction publique canadienne.

On comprend rapidement que si la loi sur les langues officielles établit clairement le bilinguisme, c’est tout autre chose quand il s’agit de son application en ce qui concerne la langue française. En effet, en siégeant au comité des langues officielles, j’ai pu constater de prime abord que, au Canada, n’y a de langue officielle que l’anglais, le français étant la plupart du temps la « langue de traduction ». Cela revient à dire que presque tout se fait d’abord en anglais, le français suit.

Je pense que les francophones autant que les anglophones doivent avoir à leur disposition tous textes ou documents en même temps, ce qui n’est pas toujours le cas. Pour respecter le bilinguisme officiel, il faudrait à tout le moins que les textes et documents produits soient diffusés simultanément dans les deux langues officielles. De cette façon, on éviterait toute prépondérance d’une langue sur l’autre.

Par ailleurs, presque toutes les plaintes reçues au comité des langues officielles concernent les manquements à l’usage de la langue française, qu’il s’agisse de manuels disponibles en anglais seulement dans les Forces armées canadiennes, de services non disponibles en français à Air Canada, d’auditions de francophones devant des tribunaux administratifs composés d’anglophones unilingues, de sites web en anglais uniquement, etc.

Soit dit en passant, si au Québec, il est parfois difficile d’obtenir des services en français à Air Canada par exemple, c’est un véritable exploit quotidien pour les francophones hors Québec de vivre en français. À cet égard, il m’apparaît opportun de prendre davantage conscience de leur bataille constante pour vivre en français afin de tisser des liens plus étroits avec les membres de cette communauté. Nous avons peut-être beaucoup plus en commun qu’il n’y paraît.

Tout cela revient à dire que la place accordée au français dans le contexte fédéral n’est pas aussi importante qu’on pourrait le croire. Sur le plan politique, le succès évident du premier ministre Harper dans l’apprentissage du français cache plutôt une certaine indigence quant au bilinguise des principaux ministres de son cabinet. On devrait d’ailleurs prendre la peine d’analyser le contenu des propos de M. Harper en français ailleurs qu’au Parlement. Que dit-il en français ? Le message subliminal serait-il plus important que ce qui est véritablement énoncé quand il s’adresse aux Québécoises et Québécois. J’aurais tendance à le croire.

J’applaudis sans réserve aux efforts de celles et ceux qui prennent la peine de s’exprimer dans notre langue. Cependant, ne nous laissons pas leurrer par les efforts infructueux et incohérents de celles et ceux qui font semblant de parler français. C’est le cas de plusieurs de nos « nouveaux prophètes » conservateurs. Nous sommes complices de leur duplicité quand nous nous abstenons, sous couvert de politesse, de dénoncer l’incohérence et l’inefficacité de leurs propos.

À cet égard, je souscris entièrement aux propos exprimés par l’ex-ministre des affaires internationales du Québec Louise Beaudoin à la radio de Radio-Canada dernièrement décriant le fait que le ministre des Affaires étrangères ne parle pas français. Elle a su prendre fait et cause pour « la langue de chez nous », celle que nous voulons partager avec les autres certes mais que nous devons surtout avoir à cœur de protéger et de faire respecter. Pour nous, Québécoises et Québécois, c’est en travaillant ardemment à la souveraineté du Québec que nous y arriverons en toute certitude.

* députée de Papineau

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