L'aut'journal
Le samedi 24 août 2019
édition web
L'aut'journal
archives
Retourner à L'Aut'Journal au
jour le jour

Recherche
accueil > l’aut’journal > archives > sommaire > article
Si la mort vous intéresse !
N° 251 - juillet 2006
Le héros d’Yves Beauchemin fait du bénévolat à l’aut’journal
Apprenez qui a cloué le bec d’Anatole Flinguon
Vincent Larouche
Il fallait bien un écrivain engagé comme Yves Beauchemin pour le faire. Dans Parti pour la gloire, le troisième tome de la trilogie de Charles le téméraire, l’auteur fait de son héros un militant souverainiste qui connaît son heure de gloire dans le journalisme de combat avant d’aboutir en collaborateur bénévole à l’aut’journal !

Avec ce roman, Yves Beauchemin termine une saga d’un total de 1500 pages qui mêle étroitement l’évolution du héros à celle du Québec, des années 1970 à la fin du siècle dernier. Celui qui a connu un succès international avec Le Matou, publié en 1981 et traduit en 17 langues, signe ici un de ses romans les plus politiques, bien que l’accent soit mis principalement sur les personnages et leur vie quotidienne.

Ainsi, Charles entrera en contact avec de vrais personnalités québécoises, comme le magnat de la presse Pierre Péladeau père, dont il deviendra le biographe officiel. Ce n’est pas sans raison que Beauchemin arrive à rendre si vivants les passages où le grand patron de Quebecor apparaît, puisqu’il l’a connu personnellement de son vivant. À l’époque du référendum de 1995, il avait écrit une Petite histoire du Québec faisant la promotion de la souveraineté, qu’il lui avait ensuite soumis pour publication. L’homme d’affaires avait finalement payé de sa poche pour faire imprimer et encarter le document dans le Journal de Montréal à la veille du référendum. L’événement a de toute évidence beaucoup impressionné Yves Beauchemin, qui le relate dans son roman et y décrit Pierre Péladeau sous un jour plutôt favorable.

D’autres personnages rencontrés par Charles le téméraire portent des noms fictifs, mais seront facilement reconnus par les lecteurs. Céline Dion devient ainsi la diva Lola Malo, qui vit dans un château qu’elle s’est fait construire sur une île à côté de Montréal. Rose nanane est une émission de télévision animée entre autres par Ghislain Taschereault et qui correspond en tous points au concept des Bleus poudre. Et tout le monde devinera Stéphane Dion derrière le masque du détesté ministre libéral Anatole Flingon, ennemi juré de Charles, démagogue à l’air pincé qui voue une haine sans bornes aux « séparatisses » et s’émerveille devant la chance qu’ont les Québécois d’avoir « deux pays plutôt qu’un seul ».

Dans le livre, ce ministre sera d’ailleurs fort irrité d’être confronté sur les ondes d’une radio communautaire par un autre jeune collaborateur de l’aut’journal, barbu, de surcroît.

Presque complètement par hasard, Charles se retrouvera secrétaire de comté du député péquiste de Saint-Henri sous le « règne » de Lucien Bouchard. Yves Beauchemin avait-il prévu le récent retour de Bouchard sous le feu des projecteurs ? Toujours est-il que les quelques pointes qu’il lui lance dans cette partie du livre semblent tout à fait d’actualité aujourd’hui, alors que certains réclament le retour de l’ancien premier ministre en politique active.

Comme dans les deux premiers tomes de la trilogie, Yves Beauchemin fait vivre à Charles les grands événements qui ont marqué le Québec. Après la décennie 1970 et 1980, il traverse les années 1990 en prenant une part active au référendum de 1995 et en s’engageant dans les mesures d’urgence lors de la crise du verglas de 1998. La plupart des personnages les plus proches du héros le suivent d’ailleurs tout au long de ce troisième volet.

À la lecture, on voit que l’intérêt d’Yves Beauchemin pour l’histoire est évident, même s’il s’agit d’une histoire populaire, telle que vécue par le monde « ordinaire » que constituent ses personnages et non par les décideurs. Pas surprenant qu’il ait repris sa plume de polémiste dernièrement pour fustiger le projet de refonte des cours d’histoire au secondaire, en publiant une lettre dans La Presse. « Hélas les conquêtes militaires (comme celle de 1759, par exemple) ont ceci de fâcheux qu’elles amènent les conquis, spoliés de leurs libertés, à jeter parfois sur eux-mêmes un regard misérabiliste. C’est bien agaçant », ironisait-t-il à l’adresse de ceux qui affirment fièrement proposer une vision moins misérabiliste de l’histoire du Québec en oubliant certains événements et conflits marquants. Un côté polémiste qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de Charles le téméraire…

Retour à la page précédente

Partager cet article Imprimer cet article


 


Réseau Média
© l'aut'journal 2002
 
l'aut'journal sur le web
L'aut'journal sur le Web a
été réalisé par Logiweb.