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Si la mort vous intéresse !
N° 251 - juillet 2006
Vigile-Québec a dix ans d’existence
Un quotidien électronique indépendantiste
Caroline Moreno
Une vigile, c’est la veille d’une grande fête. Le vigile est le gardien dans la nuit. Vigile-Québec, qui célèbre cette année ses dix ans d’existence, est un quotidien indépendantiste électronique créé au lendemain du référendum de 1995 par Bernard Frappier, ancien professeur de philosophie pour lequel Vigile constitue «un véritable carrefour Internet de la question nationale».

Ce site, « considéré, peut-on lire dans Le Devoir du 3 août 2004, comme l’un des mieux dotés en matière de textes de fond », mis à jour d’heure en heure, comprend les sections Québec, Québec-Canada, le Québec dans le monde, idées, textes récents, les chroniques de Robert Laplante, André Savard, Patrice Boileau, Bruno Deshaies, Sylvain Deschênes, José Fontaine ainsi qu’une tribune libre et des communiqués permettant de maintenir un lien entre les indépendantistes.

« À l’encontre de cette propagande mensongère, malsaine et le plus souvent sournoise, écrivait, le 18 mai dernier, Bruno Deshaies, les nationalistes devraient y “ mettre le paquet. ” Or, c’est ici que le site Vigile.net devient un outil d’une richesse insoupçonnée. Il est le reflet d’une psychologie collective dont il faut bien comprendre les mécanismes afin de transformer des habitudes de discuteurs impénitents en habitudes de combattants. »

Plus loin il ajoute: « Tout cet effort gigantesque et admirable du directeur et de la petite équipe Vigile.net devrait nous convaincre que le travail à abattre pour en arriver à l’indépendance du Québec devrait essentiellement porter sur une diffusion toujours plus claire des bases de l’indépendance collective. »

« Faire contrepoids aux puissants médias fédéralistes », c’est le but que Michel Brûlé, avec le journal Mir, s’était fixé. Six mois après son lancement, faute d’annonceurs, le journal cessait ses activités. « Pourquoi un si excellent hebdomadaire doit-il disparaître ?, questionnait, dans son dernier éditorial, Michel Brûlé. Eh bien, comme nous voulions l’offrir gratuitement, il fallait vendre de la publicité pour pouvoir exister. En trois mois, nous n’avons pas pu faire plus de 3 000 $ de revenus. »

Vigile-Québec, quant à lui, se voit financer par le Club des 200, lequel compte, jusqu’à maintenant, cent vingt-sept membres. L’objectif mensuel est de 1 700 $. Il y a des mois plus difficiles que d’autres qui font parfois douter M. Bernard Frappier de la raison d’être du journal. Ainsi, si en janvier 2006 l’objectif a dépassé les 100 %, en mai, il n’a atteint que 41 %. Gilles Rhéaume, en entrevue au Devoir, se montrait d’avis que « Si Frappier et Vigile étaient fédéralistes, ils recevraient plus de 100 000$ par année. » cependant Vigile est un site indépendantiste et indépendant des partis politiques. Son rôle n’est pas de faire la promotion du PQ et du Bloc, mais bien de la souveraineté du Québec.

Pour le chroniqueur José Fontaine, l’idée de publier dans Vigile est de faire valoir les liens entre la Wallonie et le Québec. « Ce qui m’intéresse aussi dans le Québec, c’est qu’il veut devenir ou rester français tout en se distinguant de l’Hexagone. Enfin, même s’il s’agit d’un public limité, VIGILE est bien lu dans toute la Francophonie. Il y a quelques mois, me rendant à une réunion à Paris, j’ai été étonné, relate José Fontaine, qu’un des participants (que je n’avais jamais vu) m’y reconnaisse, car il lisait VIGILE. »

Patrice Boileau, pour sa part, explique sa collaboration à Vigile en ces termes: « Le plaisir d’écrire sans doute, dans la langue française dont la richesse me procure de délicieuses jouissances. Le plaisir de commenter l’activité politique du Québec et d’ailleurs. L’importance de dénoncer l’état de précarité dans lequel le peuple québécois se trouve. Un peu tout cela, bien que parfois, confie-t-il, l’indifférence de nombres de mes compatriotes érode doucement ce plaisir. »

Sylvain Deschênes admet que la période actuelle est désolante à certains points de vue, mais elle l’est moins que celle des années de sa jeunesse: « C’est à cette époque, évoque-t-il, que ma maman m’a fait entendre cette voix qui provenait sans doute du fond des âges: “ Quand on tombe, on se relève. Et si on retombe, on se relève encore. Et on marche. Tant qu’on est vivant. ” Chaque fois que je rédige une chronique pour Vigile, je me relève. Tant que je la tiens, je marche. Et tant que je mets la mort en échec, je fais partie des vivants qui animent le Québec ! »

Les lecteurs, de leur côté, estimés à 1200 par M. Frappier, consultent Vigile pour les raisons suivantes:

Félix Pinel : « Vigile est la meilleure revue de presse en ce qui nous concerne. De plus, ça me permet de lire des articles importants sans avoir à acheter moi-même La Presse à Pratte ou Le Devoir à Descôteaux. »

Éric Daoust : « Je consulte Vigile en gros pour deux occasions. D’abord, j’aime bien lire les articles de chroniqueurs connus que je n’ai pas toujours lu dans les journaux, comme Michel David ou Josée Legault. D’autres fois, c’est pour consulter une variété d’articles sur un sujet d’actualités précis. »

Louis-François Bélanger : « Parce que c’est le seul quotidien Internet indépendantiste, et surtout, il est non partisan, c’est-à-dire libre d’adopter un point de vue critique à l’égard des orientations et décisions des partis souverainistes, en particulier le Parti québécois. »

François Gauthier : « Pour m’informer, évidemment. »

France Bonneau : « Pour développer mon argumentaire souverainiste, pour bien saisir tous les enjeux de notre société, par solidarité indépendantiste. »

Pourquoi un article sur Vigile-Québec ? Antoine Thomasset-Laperrière nous livre la réponse: « Je ne connaissais pas Vigile. »

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