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Si la mort vous intéresse !
N° 251 - juillet 2006
La lumière au bout du tunnel était verte !
Le chantier de la Davie fait mentir ses dénigreurs
Marc Laviolette
Le jeudi 1er juin, au Congrès de la Fédération de la métallurgie de la CSN, la délégation du Syndicat des travailleurs du Chantier naval de Davie avait de quoi fêter. À douze jours de la liquidation des biens meubles de leur chantier maritime, le syndicat apprenait que le chantier de la Davie à Lévis était vendu à Teco Management de Norvège. Le nouvel acquéreur avait en main des contrats pour construire cinq plates-formes de forage pétrolier et une option pour quatre autres. Un potentiel de 1,3 milliards $ US et de 1 500 emplois au plus fort des travaux. Une masse salariale de 125 millions et des retombées directes de 40 millions pour la région.

Le syndicat venait d’apprendre que le porte-parole du syndic de faillite Luc Ouellet avait déclaré que l’acheteur avait rempli toutes les conditions qui lui avaient été soumises, dont celle de fournir les garanties financières suffisantes.

« Depuis la fin du contrat de réfection de la plate-forme de forage Spirit of Columbus pour Petro Brass en 1999, nous menions un combat pour la survie du chantier maritime. Nous n’avons jamais baissé les bras malgré toutes les embûches. Qu’elles soient au niveau des médias avec André Arthur ou au niveau politique où le syndicat a eu à faire face à la campagne de Thomas Mulcair et de Carole Théberge qui prônaient la fermeture du chantier pendant la dernière campagne électorale en 2003. C’est grâce aux travailleurs et aux créanciers qui n’ont jamais cessé de croire à la relance du chantier que nous en sommes là aujourd’hui », a déclaré à l’aut’journal, le président du syndicat, Richard Gauvin.

Les dénigreurs de la relance du chantier pourront retourner dans leurs terres, l’acquéreur Teco Management est en bonne santé financière. En 2005, l’entreprise norvégienne a déposé un bilan positif faisant état de revenus de 16 M et des profits de 1,8 M. Au cours des trois dernières années, Teco a vu son chiffre d’affaires tripler, ou presque.

Gilles Gagné, président de la nouvelle compagnie Davie Québec inc., déclarait dans les médias régionaux que les travailleurs pourraient être rappelés à compter de novembre prochain. « Avec les cinq plates-formes, nous sommes assurés d’avoir du travail jusqu’à la fin de 2008. Il y a une possibilité sérieuse pour quatre autres plates-formes ».

Les retombées économiques du contrat des plates-formes sont majeures. « Le contenu canadien est d’au moins 50 % ou 375 millions et c’est de l’argent neuf dans l’économie d’ici ».

De plus, le chantier de Lévis fait partie d’un consortium qui vise à obtenir le contrat de 2,1 milliards du gouvernement fédéral pour la construction de trois navires de ravitaillements pour la marine canadienne.

Un des points tournants de la campagne pour la survie du chantier aura été le support et l’aide du gouvernent Landry en mars 2003 avec l’obtention du contrat de reconversion du Midnight Express avec Torsh Offshores. « Le gouvernement du PQ avec son soutien à la marge de crédit pour l’exécution du contrat nous a été d’une aide précieuse. La député Linda Goupil a été une véritable chevalière dans notre dossier et Bernard Landry avait compris que le seul chantier majeur sur le fleuve Saint-Laurent devait rester ouvert. Ça n’a pas été le même support avec les Libéraux ».

Pour le président du syndicat, cette saga a été tout un enfer : détresse psychologique des travailleurs d’une faillite qui n’en finit plus, faillites personnelles, liquidation, tentative de maraudage, pressions médiatiques…

« Maintenant que notre périple achève, nous sommes en train de négocier avec le nouvel acquéreur notre nouvelle convention collective. Les sous-contrats et la liberté d’action syndicale sont un enjeu majeur. Nous devons aussi régler le déficit de 2 des 5 fonds de retraite de l’entreprise, qui est de l’ordre de 15 millions ».

Somme toute, encore beaucoup de pain sur la planche pour les syndiqués de la Davie. Mais la lumière est au bout du tunnel pour ces travailleurs et leur syndicat CSN qui ont démontré une ténacité exemplaire. Encore une fois la victoire appartient à celui qui tient la minute de plus.

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