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Si la mort vous intéresse !
N° 251 - juillet 2006
Une conscription pour hommes et femmes entre 18 et 42 ans ?
Les États-Unis se militarisent pas à peu près
Michel Chossudovsky
Charles Rangel, membre du Congrès américain et démocrate de l’État de New York, a déposé le 14 février 2006 un projet de loi qui obligerait « chaque personne aux États-Unis, qui obligerait les femmes, de entre 18 à 42 ans, à s’acquitter d’un service militaire d’une durée de deux ans ou d’une période de service civil contribuant à la cause de la défense nationale et de la sécurité intérieure, ainsi qu’à d’autres buts ».

Le projet de loi s’applique autant aux citoyens américains qu’à ceux qui n’ont pas la citoyenneté, aux hommes autant qu’aux femmes. Il ne semble pas y avoir de clause d’exemption pour les femmes enceintes ou responsables d’enfants en bas âge.

S’il y a bien eu une certaine couverture médiatique de l’initiative de Charles Rangel avant le dépôt formel du projet de loi, la question a été escamotée par les médias américains depuis sa présentation formelle devant le Congrès en février. Il n’y a eu qu’un silence assourdissant. Depuis février 2006, pas un seul article ou éditorial n’a été publié traitant de ce Universal National Service Act de 2006.

Le projet de loi n’a pas fait l’objet d’un débat public. Il a été envoyé devant le comité de la Chambre des représentants sur les forces armées, ainsi que devant le sous-comité sur le personnel militaire. Ironiquement, au cours des discussions préliminaires, l’initiative de Rangel quant au retour de la conscription a été décrite comme une « tactique anti-guerre ».

« Rangel s’oppose à la guerre en Irak et cherche à démontrer que plusieurs soldats sont des volontaires issus de familles à faible revenu et des minorités ethniques, a-t-on déclaré. Les leaders politiques, selon son raisonnement, y penseraient à deux fois avant d’envoyer à la guerre les fils et les filles d’une portion plus représentative de l’Amérique. Mais qu’on soit ou non d’accord avec le raisonnement de Rangel, plusieurs Américains seraient d’accords pour dire qu’un service militaire universel peut constituer un facteur de nivellement et une force unificatrice dans la société. »

Malgré la position anti-guerre de Rangel, le projet de loi est conforme à l’objectif avoué de Washington d’étendre la guerre par-delà de nouvelles frontières et ultimement d’envoyer une génération entière de jeunes Américains pour combattre dans une guerre illégale et injuste. Il vaut la peine de souligner dans cette optique que le très néoconservateur Project for a New American Century réclame une augmentation de la taille de la force active de 1,4 million à 1,6 million de personnes.

Le projet s’inscrit aussi dans le développement de « Big Brother ». Ceux qui ne seront pas envoyés outre-mer, au front, seront, selon les clauses du projet, incorporés au unités civiles de défense du territoire et aux autres corps civils, comme les Citizen Corps, les équipes de surveillance de quartier, et les policiers volontaires, établis en partenariat avec les forces de l’ordre locales.

S’il y a présentement une opposition significative au projet des deux côtés de la Chambre des représentants, le vaste déploiement de l’armée américaine requiert davantage de personnel pour mener à bien son plan de guerre global. Cette pénurie de militaires est évidente en Irak, où les forces d’occupation rencontrent une résistance acharnée.

La situation à l’égard de la conscription pourrait aussi changer si la guerre devait s’étendre à l’Iran. Dans ce cas, l’essentiel de ce projet de loi pourrait effectivement être adopté pour combler les besoins en main-d’œuvre de l’armée américaine.

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